Que font les soldats du G5 Sahel et ceux de l’opération Takouba dans la région des trois frontières? Les Tchadiens ont préféré réduire leur effectif de moitié à cause de leur inactivité avec les armes au pied, en jouant à la villégiature comme la Minusma dont c’est la spécialité.

Tous les jours des villages entiers sont exterminés sans qu’on apprenne l’intervention de ces 3 forces pour voler à leur secours ou participer à la traque des assaillants qui trainent sur les lieux de leurs crimes en ramassant tout ce qui peut leur être utile. Les secours des armées locales laissent les assaillants quitter les lieux avant de venir enterrer les morts et donner les premiers soins aux blessés rescapés ou rassurer les fuyards, qui sont revenus pour faire le récit de l’attaque Souvent, les troupes de nos armées se trouvent à 15 ou 30 km du village attaqué.

Ils craignent une embuscade des assaillants par expérience car les terroristes se scindent en deux groupes. Les assaillants sont moins nombreux car ils attaquent les populations civiles non armées dont le massacre en tirant dans le tas est facile et sans risque. Ils encerclent le village et commettent leurs crimes qui resteront impuni. Le deuxième groupe protège leurs arrières en connaissant le chemin par lequel les secours peuvent venir, ils organisent une embuscade pour les exterminer aussi.

Ce qui est incompréhensible et inadmissible ,c’est le massacre de tous les villageois dans cette zone où opèrent les terroristes de l’Etat islamiques du Grand Sahara, avec une facilité déconcertante alors que les renforts de 600 légionnaires de Barkhane ont rejoint les troupes du G5 Sahel et récemment les forces spéciales Takouba composées de troupes européennes et locales qu’on a entrainé pour les confier le sale boulot en restant en retrait pour ne prendre aucun risque d’abîmer leurs belles grandes gueules de blancs froussards se croyant plus rusés.

Depuis combien de temps , Barkhane , G5 Sahel et les troupes tchadiennes sont stationnées dans cette zone vaste de 15.000 km2 sans qu’on apprenne que leur camps sont attaqués ou qu’ils ont eu des accrochages en portant un grand coup contre ces terroristes qui se déplacent avec une facilité déconcertante sans qu’il y ait un quelconque signalement de la part de ces troupes étrangères qui ont déployé des moyens d’écoute moderne et sophistiqués pour des amateurs qui communiquent avec des radios rudimentaires ou même les téléphones portables . Il faut qu’on nous explique cela. A sert de faire stationner des troupes étrangères qui ne participent pas à la lutte contre les terroristes car tous les sites hébergeant ceux-ci sont répertoriés, et leur déplacements ne peuvent pas passer inaperçu des drones et des avions de combat qui patrouillent là haut.

Nécessité de changer de stratégie

Les attaques se déroulent le plus souvent à 30 minutes de vol de leurs appareils qui ne bougeront pas. Les hélicoptères de combat des FAMa sont devenus des taxis de déplacement de la hiérarchie militaire qui craint de prendre les risques liés à la voie terrestre. La réaction des troupes de Boni, en voyant l’hélicoptère venir se poser dans leur camp avec les officiers prétendant venir s’enquérir de leur santé, alors qu’ils auraient souhaité voir volé à leur secours, cet appui aérien, quand leur convoi est tombé dans l’embuscade. Leur indignation est justifiée et ils l’ont manifesté en retenant leur hiérarchie afin qu’ils retournent par la route pour se rendre compte de la réalité du terrain. Il faut changer de stratégie. Le porte-parole de l’armée qui faisait l’éloge des FAMa vient d’être démenti par les dernières attaques terroristes au Niger, au Burkina et au Mali.

Vu les scandales de ventes d’armes de quelques énergumènes inconscients qui vendent leur propre dotation en armes que le peuple malien a acheté en se privant de 25% de ses ressources budgétaires, à nos ennemis qui vont les retourner contre leurs compagnons d’armes , dépasse l’entendement. Certains hauts placés de la hiérarchie ont décidé de détourner les fonds de la loi de programmation militaire (LPM) pour s’enrichir, donnant le mauvais exemple aux autres agents subalternes, gestionnaires des dotations, qui n’auront aussi aucune scrupule pour vendre le carburant destiné aux patrouilles et le stock de minutions, et même des armes aux milices privées ou même aux terroristes ou aux civils voulant assurer leur propre sécurité. Il faut que les scandales de détournements qui ont défrayé les chroniques ne restent pas impunis sinon c’est la porte ouverte à l’indiscipline dans l’armée.

Cas de l’Afghanistan comme leçon

Il faut méditer sur le cas de l’Afghanistan dont les politiciens, que les américains ont confortablement installé au pouvoir, se sont fait plaisir en détournant tous les fonds mis à leur disposition pour reconstruire leur armée en gonflant les effectifs des recrutements et vendant leurs dotations aux talibans qui sont riches grâce à la culture du pavot dont on extrait de la drogue qu’ils inondent les pays voisins. Dès que le retrait américain a sonné, les talibans ont été les premiers surpris de la facilité avec laquelle, ils se sont emparés de toutes les régions jusqu’à rentrer à Kaboul avant l’évacuation totale des troupes américaines et leurs acolytes car l’armée afghane n’a pas livré combat par lâcheté de la hiérarchie militaire repue par vingt ans de corruption, préférant prendre la tangente à l’étranger où ils ont planqué leurs magots. Selon des indiscrétions, beaucoup d’officiers maliens ont payé des villas à Diamnadio, la nouvelle ville près de Dakar.

Il faut que le Colonel Assimi Goïta et Choguel Kokalla Maïgadécretent la conscription pour enrôler tous les volontaires âgés de 18 à 20 ans jusqu’à atteindre un effectif de 100.000 personnes. On doit commencer par les volontaires du DDR du centre qui sont plus de 5.000 en attente. Il faut recruter parmi les ressortissants des zones en insécurité dont les parents sont des déplacés de guerre car ils sont plus motivés pour se battre. Ces volontaires ne seront pas des soldats de métier, mais des mobilisés ponctuels pour sauver la patrie en danger. Ils seront démobilisés dès que la menace est vaincue.

Il faut éviter d’imiter le Burkina dont l’expérience de milice d’auto-défense villageoise a été un fiasco. L’expérience malienne de chasseurs dozos que le gouvernement malien a armé a aussi échoué car cela a provoqué une guerre ethnique entre peuls et dogons dont on n’arrive pas à mettre un terme. Au Macina et dans la zone de l’Office du Niger, la situation n’est plus brillante.

Pour les appelés, ce ne sera pas de recrutement ethnique, il faudra y veiller pour que cela soit fait dans les règles de l’art en évitant ce piège ethnique. Après leur formation accélérée, il faut qu’ils soient mélangés aux soldats de métier pour leur encadrement afin d’aller se battre sur les différents fronts.

Abdoulaye Bah

Source: Le Démocrate 

MaliwebCrise malienne
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