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Présentée comme un simple coup de pouce de la France à un allié menacé par une « invasion d’islamistes », l’expédition française au Mali semble ne pas avoir de fin, pis : elle projette de s’étendre à d’autres pays de la région.

L’opération Serval, destinée à stopper l’avance des groupes armés dans le sud du Mali, a été prolongée par l’opération Serval 2 (reconquête du nord du pays) et sera prolongée en 2014 par Serval 3 (présence permanente dans le pays et formation de l’armée malienne).

En décembre 2012, François Hollande avait affirmé : « La crise de la zone euro est derrière nous. » Vendredi dernier, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est inspiré du chef de guerre corrézien, pour déclarer au sujet de l’intervention au Mali : « La guerre est derrière nous. »

Reprenant un vocabulaire, qui n’est pas sans rappeler celui du Pentagone sur d’autres théâtres d’opérations, il a ajouté au sujet de la mission des forces françaises dans ce pays africain : « Ce n’est plus la guerre, c’est du contre-terrorisme, pour dissuader toute tentative de recomposition de petits groupes qui voudraient revenir sur les errements passés. » Des petits groupes qui nécessiteront le maintien de 2 000 hommes sur place jusqu’à la fin de l’année…

Il conclut à ce sujet : « À la fin de l’histoire, nous serons 1 000 [militaires français] pour un certain temps, sans échéance. » La « fin de l’histoire », nul ne sait quand elle aura lieu, car déjà une autre séquence s’ouvre pour les restes de l’armée française : la Centrafrique.

« Refaire un Mali… »

Avec une rare désinvolture pour un « responsable » politique à la tête d’un ministère régalien, l’ami des « démocraties du Golfe » a prévenu à propos d’une future intervention en Centrafrique :

« On peut mener deux ou trois opérations de ce type-là en même temps. On a quand même 280 000 militaires et il n’y en a que 3 000 au Mali que je sache. Je dis même qu’avec les décisions que j’ai prises dans la Loi de programmation militaire, on pourra refaire un Mali seuls, sans les Américains. Avec les drones – les deux premiers Reaper arriveront avant la fin de l’année à Niamey –, les avions de transport et de ravitaillement qui sont commandés. La petite armée française rabougrie, dont j’entends parler, pourra refaire un Mali toute seule dans les années à venir. »

Les 400 hommes présents à Bangui seront rejoint par des renforts afin de monter l’effectif à au moins 1 000 combattants.

L’opération Serval, qui se voulait brève, a fini par être prolongée par un second puis troisième volet. Une future opération en Centrafrique est en préparation. Et après ? Le Drian compte-t-il déployer jusqu’à épuisement ce qu’il reste de nos forces armées ?

La b… et le couteau

La dernière et énième anecdote est très révélatrice de l’état du matériel utilisé par nos militaires. Sur la base de défense de Strasbourg-Haguenau, un lieutenant-colonel a rédigé une note qui devrait faire honte à notre état-major :

« La distribution en casques lourds modèle F1 devient problématique en raison du non-approvisionnement de ce type de matériel. À court terme, les magasins HCCA (effets et matériels d’habillement, de campement, de couchage et d’ameublement) ne seront plus en mesure d’équiper le personnel nouvellement incorporé. »

Pendant qu’ils envoient nos soldats, quasi nus (en cela ils ressembleront à nos ancêtres les Gaulois, qui combattaient dans le plus simple appareil), se battre et mourir en Afrique, ils ferment leurs bases et réduisent leurs effectifs en France…

Un coup de poignard dans le dos dont les militaires sauront se souvenir.

 

Source : egaliteetreconciliation.fr

abdoulaye ouattaraCrise malienne
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