« Être femme de militaire, c’est être toujours présente. Pendant qu’il est en opération extérieure, nous, on est là à tout gérer : maison, enfants, vie de tous les jours… Pour que les hommes n’aient pas, là où ils sont, le souci de la famille. Ça les réconforte. »

 

soldats armée malienne bamako

Depuis plus de vingt ans qu’elle vit avec son militaire de mari, Laurence Chérel a pris l’habitude des déménagements réguliers. Et des départs de son époux en mission. Même si, rien n’y fait, le moment du départ est toujours dur à vivre. « On s’arrête un peu de vivre quand on sait que c’est imminent, raconte Laurence. Puis quand arrive le moment, on est là, au pas de la porte, c’est presque irréel. »

 

Ce jour-là, pour Laurence et Marie, sa fille de quatorze ans, c’était le 28 octobre dernier. Ce jour-là, le lieutenant-colonel Chérel s’est envolé pour le Mali et Bamako, où il est adjoint au commandant de détachement. Depuis, la famille communique deux fois par semaine. Une fois par téléphone et l’autre par Skype, si la connexion est bonne… « Quand je le vois, que je lui parle, je vois qu’il va bien, témoigne Marie, la fille cadette de la famille. Pour moi, c’est le principal. »

 

« On fait abstraction de tout »
La peur du danger?? Mère et fille ne veulent pas y songer. Même si… « Au vu de ce qui se passe en Afrique, on peut se poser des questions. Mais on fait abstraction de tout. Il est là-bas. Pour son travail. On ne se pose pas plus de questions. Et puis on a confiance en l’armée. La base nous donne des nouvelles et nous offre un précieux soutien. »

 

Il n’empêche que la période des fêtes, pour la mère de famille, n’a pas été aussi joyeuse qu’à l’habitude. « J’ai réussi à offrir à mes enfants de belles fêtes, mais c’était bizarre. Ça n’était pas un vrai Noël, ça m’a contrarié de le savoir seul là-bas. » Pas question pour autant pour Laurence et sa fille de se plaindre. « Il est dans son travail, il aime ce qu’il fait. On ne se donne pas le droit de se plaindre. »

 

Si seul le père de famille est engagé, c’est toute la famille qui a adopté sa vie. « Quelque part, nous aussi, on a signé, dit Laurence. Si cette vie ne m’avait pas convenue, ça ne servait à rien de le suivre. J’ai un mari heureux dans son travail, c’est une fierté. » Une fierté qui passe par de vrais moments de manque. Mais dans la famille, on a déjà tout prévu. « Dès son retour, on va organiser notre Noël à nous. Ce sera décalé mais on va rattrapper le temps perdu. On a hâte qu’il rentre. »

Ph.B. 

Source: leberry.fr

SOURCE: Autre Presse