Le Qatar: le flop d’IBK!

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Une fois n’est pas coutume aujourd’hui je vais vous parler de développement et d’économie à l’issue du voyage présidentiel à Doha pour vous livrer mes impressions et mes points de vue sur la stratégie de développement en cours du Mali.

 

Tout d’abord avant d’arriver à IBK et à son voyage qatari, je m’en vais vous faire part d’une discussion que j’ai eue en 1995 avec un responsable Afrique d’une des institutions de la banque mondiale, en occurrence la Société Financière Internationale, SFI, à Bamako.

 

Il venait d’Abidjan pour une réunion de travail avec les opérateurs économiques maliens et les cadres du ministère des finances du Mali à l’époque.

 

Il s’agissait de voir si son institution pouvait recenser des projets avec de sérieuses chances de rentabilité économique et de faisabilité afin de les financer.

 

Je l’ai eu à sa sortie de réunion et au cours d’une discussion à la mission résidente de la banque mondiale au quartier du fleuve à Bamako, j’ai été étonné de son désarroi quand il me disait qu'”il y a pas de projet”.

 

Il faut noter que la SFI à l’époque finançait des projets dont le coût dépassait 5 millions de dollars.

 

Cela est typique du cadre et de l’homme d’affaires malien.

 

Nous aimons des projets à minima voir des micro projets comme si nous avions perd du développement ou de quelque chose de bien structuré qui est vivant et qui a de l’avenir.

 

Aujourd’hui dans la sous région, le Mali est le seul pays qui n’a pas de routes dignes de ce nom (ATT et son PDES en ont fait un peu mais il reste beaucoup à faire . Il faut minimum 10 000 nouveaux kilomètres de routes goudronnées au Mali).

 

Il y a 100 000 jeunes qui vont à l’université aujourd’hui au Mali, sûrement le double dans 10 ans et on n’a pas de réseau universitaire digne de ce nom (facultés avec amphithéâtres dignes et suffisants, campus, laboratoires, bibliothèques, corps professoral bien formés et bien entretenus, etc).

 

Les hôpitaux du Mali sont pleins à craquer sans soins de qualité et les malades sont comme laissés pour compte à leur pauvre sort (équipements désuets voire inexistants, manque de spécialistes, gestion calamiteuse des structures sanitaires, déficit de médicaments, soins approximatifs, etc).

 

Rien que pour Bamako, il faut minimum 4 nouveaux hôpitaux de haut standing pour répondre convenablement à la demande sanitaire de la capitale.

 

Avec minimum deux autres écoles de médecine de spécialités diverses surtout en chururgie cardiaque, réparatrice, neurologie, urologie, etc.

 

Autant d’effort doit être fait dans les régions en matière de santé et d’éducation.

 

Pour l’électricité et l’eau potable nous devons investir 100 fois plus que ce qui est fait actuellement au lieu de continuer à subventionner inutilement l’électricité comme l’a si bien dit Christine Lagarde et à attendre que la pluie tombe du ciel.

 

L’industrie et les services doivent prendre toute leur part dans l’économie malienne avec la construction d’au moins 5 nouvelles zones industrielles avec usines ultramodernes dans des domaines variés comme l’agroindustrie, la chimie, la pharmacie, l’électronique, l’industrie lourde, etc.

 

C’est la seule manière de créer des dizaines de milliers d’emplois qualifiés directs et indirects, salariés ou non pour nos jeunes diplômés ou non.

 

Le développement industriel d’un pays influe beaucoup sur les secteurs économiques du tertiaire (transport, transit, finance, marketing, commerce, télécommunication, immobilier, conseil juridique, audit, comptabilité, design, assurance, protection sociale, média, information et communication, informatique de réseau, etc).

 

Cela démultiplie les possibilités de vrais emplois salariés du pays et non pas des micro projets de type APEJ et volontariat qui en réalité conditionnent la jeunesse malienne à un sous développement perpétuel.

 

Alors vous allez me dire que tout cela est beau mais que nous n’avons pas de moyen au Mali.

 

Je suis ici aujourd’hui devant vous pour vous dire que cela est faux et archi faux.

 

D’abord le développement ce sont les idées.

 

Et les idées doivent être transformées en projets bien réfléchis et bien structurés avec définition claire des objectifs, des moyens et du timing pour les atteindre.

 

 

C’est seulement une fois les idées transformées en projets qu’il faut chercher à les financer.

 

Et aujourd’hui il existe une infinité de possibilités pour un État de se financer ou de faire financer son développement.

 

Nous avons, entre autres :

 

-Les solutions multilatérales (banque mondiale, Banque africaine de développement, banques islamiques de développement, Banque européenne d’investissement, etc).

 

– Les solutions bilatérales (Qatar, Chine, France, USA, Japon, etc).

 

-Les marchés financiers : Uemoa (emprunts obligataires), ou marchés financiers internationaux à la city de Londres ou au quartier de la défense à Paris auprès des “Corporate And Investment Banks” littéralement les banques de financement et d’investissement.

 

-Le partenariat public-privé avec possibilité de plusieurs montages financiers.

 

-La mobilisation de l’épargne nationale avec lancement d’un grand emprunt national par exemple.

:

Etc.

 

La communauté internationale avait promis au Mali une aide financière (emprunts et dons) de 3,25 milliards d’euros.

 

La directrice du FMI a personnellement fait le déplacement à Bamako et est sur cette dynamique.

 

La banque mondiale, la Bad, La banque islamique de développement, la France, la Chine,l’Allemagne, les États-Unis, et maintenant le Qatar, tous sont résolument déterminés à financer le développement du Mali.

 

Mais en face qu’est-ce qu’on voit?

 

Eh bien on voit un Jamil Bittar et son Conseil économique et social raconter leur vie à la directrice générale du FMI en lieu et place d’une vision claire d’assainissement structurel de l’économie malienne pour préparer le cadre macroéconomique à une croissance économique accélérée de type 10% par an.

 

Manque de spécialistes ou méconnaissance de l’opportunité offerte par madame Lagarde?

 

Allez-y savoir!

 

Rebelote à Doha avec IBK et sa nuée de ministres et opérateurs économiques.

 

Résultat des courses devant cet grand argentier du golf:

Ce n’est ni Hôpitaux de grand standing, ni zones industrielles, ni universités ultramodernes avec centres de recherches et bibliothèques, ni réseaux autoroutiers, ni quartiers d’affaires…

…mais ce sont des “centres de formation professionnelle…en artisanat” (s’il vous plait) et des “promesses de formation des agents de l’Ortm par la chaîne de télévision Al Jazira”… (S’il vous plait).

 

Mais chers amis Doha a été un flop magistral parce qu’il n’y a ni vision claire, ni orientation à long terme accouchées dans un document unique avec objectifs quantifiables, chiffrés et mesurables et identifications claires des moyens pour les atteindre.

 

Et pourtant des exemples dans ce domaine ne manquent pas même dans la sous région:

 

1. Alassane Dramane Ouattara en Côte d’Ivoire, à son arrivée à la présidence de ce pays, n’a pas hésité de demander le doublement du financement de la banque mondiale à son pays.

 

Aujourd’hui la Côte d’ivoire est un chantier à ciel ouvert.

 

Et vous allez voir dans 5 petites années comment ils vont bondir dans ce pays voisin.

 

2. Le “Plan Sénégal Émergent” du président Macky Sall où plus de 200 éminents spécialistes sénégalais et africains ont travaillé pour l’offrir au Sénégal.

 

Allez y voir de vos propres yeux l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar et les autoroutes et les projets d’autoroutes, de tramway et de quartiers d’affaires de ce pays voisin sans ressources en or ni en pétrole.

 

Et vous allez comprendre.

 

Wa salam!

REDACTION  MALI-WAB.ORG