L’adoption de sanctions contre Bamako par la Cédéao suscite la colère de nombreux Maliens et Africains. Elle a aussi réveillé un sentiment patriotique et panafricaniste sur fond de sentiment anti-Français.

La Cédéao a donc  décidé de fermer les frontières de ses États membres avec le Mali et d’imposer des sanctions économiques. Ces mesures ont été prises à cause du retard accusé, dans l’organisation des élections générales, initialement prévue le 27 février 2022.

En effet, dans un document daté du 30 décembre 2021, le Panel de hautes personnalités chargé d’organiser les Assises nationales de la refondation (11 au 30 décembre 2020) a proposé de prolonger de six mois à cinq ans la période de transition à compter du 1er janvier 2022. Ce qui, tout calcul fait, porterait à près de six ans et demi la durée totale de cette transition démarrée en septembre 2020.

Nationalisme et populisme

Lors de son adresse à nation le lundi 10 janvier, le colonel Assimi Goïta, a appelé ses compatriotes au calme et à la “résilience”. “Même si nous regrettons le caractère illégitime, illégal et inhumain de certaines décisions, le Mali reste ouvert au dialogue avec la Cédéao pour trouver un consensus entre les intérêts supérieurs du peuple malien et le respect des principes fondamentaux de l’organisation”, a-t-il affirmé.

Dans une analyse intitulée “Au-delà des sanctions de la CEDEAO, quelle sortie de crise pour le Mali ?”, l’Institut d’études de sécurité affirme que “loin de fragiliser l’assise populaire du gouvernement de transition, l’annonce des sanctions a au contraire suscité une levée de bouclier au sein de l’opinion malienne, rassemblée en union sacrée autour d’un gouvernement qu’il est devenu difficile de critiquer sans passer pour anti-patriotique.
Certes, la décision de la CEDEAO a servi de déclencheur, mais cette vague souverainiste renvoie également aux suspicions d’une ingérence française, dans un contexte marqué depuis de nombreux mois par l’escalade des tensions diplomatiques entre le Mali et ces deux acteurs.”

Les sanctions imposées au Mali ont-elles facilité la montée du soutien des Maliens et des Africains à la junte militaire ?
La problématique est au menu de notre débat sous l’Arbre à Palabre avec nos invités :

– Adrien Poussou, expert en géopolitique, éditeur, patron de presse et ancien ministre centrafricain de la communication.

– Adama Gaye, journaliste et écrivain Sénégalais. Il est un acteur politique qui vit en exil.

– Prudent Victor Topanou, Professeur de sciences politiques à l’Université d’Abomey-Calavi, ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux du Bénin.

Source:  DW

MaliwebCrise malienne
L’adoption de sanctions contre Bamako par la Cédéao suscite la colère de nombreux Maliens et Africains. Elle a aussi réveillé un sentiment patriotique et panafricaniste sur fond de sentiment anti-Français. La Cédéao a donc  décidé de fermer les frontières de ses États membres avec le Mali et d’imposer des sanctions...