Si la terreur se généralise au Mali, elle prend des proportions toutes particulières dans le cercle de Tominian avec le sentiment d’abandon qu’éprouvent les populations de cette localité. Ici, le règne de la terreur et de la violence est tel que chaque famille est dotée de son propre arsenal de guerre, au prix notamment de ressources tirées dur labeur agricole qu’elles abattent annuellement sur des terres particulièrement arables.

Il n’empêche qu’ils observent impuissants leurs récoltes partir en fumée suite aux incendies répétitifs de leurs champs par des groupes djihadistes. Le refus de leur faire allégeance est passé par-là et oblige par ailleurs les habitants de nombreux villages à abandonner leur terroir au profit d’envahisseurs sporadiques et au risque d’être vouées à leur potence. De nombreux chefs de villages ont ainsi été froidement exécutés, rapport-TV-on, et le comble est que les cris de détresse ne trouvent presque pas d’échos du côté des forces de défense et de sécurité. Celles-ci, selon plusieurs témoignages, préfèrent le plus souvent pour l’immobilisme et restent inactifs à quelques encablures des événements dramatiques que ne manquent pas de leur signaler les populations quand l’état du réseau téléphonique leur permet d’alerter. Il arrive ainsi que des engins explosifs détectés par les populations locales demeurent pendant longtemps des menaces potentielles faute d’intervention pour les désamorcer.

Source : Le Témoin