Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations unies datée du 15 août, jour du départ des derniers soldats de Barkhane dans le pays, le Mali a accusé la France d’avoir violé son espace aérien et livré des armes à des combattants islamistes. Un pas de plus dans la dégradation des relations entre les deux pays, entamée il y a près de deux ans.

Les autorités maliennes franchissent un nouveau degré dans l’escalade verbale contre la France. Dans un courrier officiel, la junte militaire, au pouvoir après les coups d’Etat successifs d’août 2020 et mai 2021, a demandé au Conseil de sécurité de l’Onu une réunion d’urgence. Le but ? Faire cesser ce que le pouvoir malien d’« actes d’agression » de la France.

Dans cette missive datée du 15 août, jour symbolique du départ des derniers militaires français de la force Barkhane de lutte contre le djihadisme au Sahel, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, dénonce ce qu’il qualifie de violations de l’espace aérien malien, une cinquantaine selon lui observées en 2022, avec des drones, des hélicoptères militaires, ou des avions de chasse.

«Ces violations flagrantes de l’espace aérien du Mali ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes actifs au Sahel, et à leur larguer des armes et des munitions », ajoute le texte. Le Mali «se réserve le droit de faire usage de la légitime défense» si ces violations françaises persistent.

Insultant pour les 59 Français morts au Mali

 

La France n’a évidemment jamais soutenu, directement ou indirectement, ces groupes terroristes, qui demeurent ses ennemis désignés sur l’ensemble de la planète, a martelé le 17 août l’ambassade de France au Mali. Interrogé par RFI, le général Bruno Baratz, commandant de la force française Barkhane, qualifie cette accusation d’étonnant(e) et d’un peu insultant(e) pour la mémoire de nos 59 camarades (français) qui sont tombés en se battant pour le Mali, et également pour la mémoire de tous les Maliens qui se sont battus à nos côtés, notamment. Nous condamnons la multiplication des manipulations de l’information qui ne doivent aucunement détourner l’attention de la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le pays dont les populations sont les premières victimes , a ajouté jeudi 18 août le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, François Delmas.

Rapprochement avec la Russie

Ces accusations virulentes illustrent la dégradation des relations entre la junte militaire et la France, accrues ces derniers mois par le renforcement des relations entre le Mali et la Russie, via le groupe de mercenaires Wagner. Comme en écho, le 16 août, lors de la 10e Conférence de Moscou sur la sécurité internationale, Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, dénonçait « le néocolonialisme » des « pays d’Occident » passant selon lui par un « soutien aux mouvements séparatistes et terroristes ».

 

Instrumentalisation

Depuis des mois, de nombreuses manifestations hostiles à la France ont eu lieu dans plusieurs villes du Mali. Le climat informationnel malien est aussi imprégné d’une rhétorique antifrançaise. Des publications Facebook aux messages vocaux, en passant par des fausses vidéos, la campagne antifrançaise inonde les réseaux sociaux et les messageries. Par opportunisme ou par conviction, les autorités maliennes instrumentalisent ces fausses nouvelles.

 

Source: Ouest-france.fr

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Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations unies datée du 15 août, jour du départ des derniers soldats de Barkhane dans le pays, le Mali a accusé la France d’avoir violé son espace aérien et livré des armes à des combattants islamistes. Un pas de plus...