Une monnaie d’échange ! Ce n’est ni plus ni moins comme ça que les Maliens considèrent les 49 soldats interpellés pour avoir foulé le sol de Bamako sans autorisation. Le Colonel Assimy Goïta et ses hommes les accusent de «briser la dynamique de la Refondation et de la sécurisation du Mali, ainsi que du retour à l’ordre constitutionnel». Ils vont être remis aux autorités judiciaires maliennes. Une situation qui risque d’envenimer le climat qui commençait à s’apaiser avec la levée d’une partie des sanctions de la Cedeao. Naturellement, Abidjan exige la libération de ses soldats.

Par Malick GAYE – C’est une crise dans la crise malienne. Les 49 soldats ivoiriens interpellés par les Forces de défense et de sécurité du Mali vont devoir expliquer à la Justice les raisons de leur présence sans satisfaire les conditions légales. Ils sont ainsi accusés de «briser la dynamique de la Refondation et de la sécurisation du Mali, ainsi que du retour à l’ordre constitutionnel». Pour Bamako, «ces militaires dont une trentaine des forces spéciales, étaient en possession d’armes et de munitions de guerre, sans ordre de mission ni autorisation. La profession réelle des militaires était pour la plupart dissimulée. Sur la majorité des passeports des militaires interpellés, les professions inscrites étaient les suivantes : étudiants, chauffeurs, maçons, mécaniciens, vendeuses, électriciens, vigiles, peintres, etc. Quatre versions différentes ont été avancées par les militaires interpellés pour justifier leur présence sur le territoire malien, à savoir : la mission confidentielle, la rotation dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), la sécurisation de la base logistique de la compagnie aérienne Sahelian Aviation Services et la protection du contingent allemand».
Bien qu’ayant vu une partie des sanctions infligées par la Cedeao retirée, le Mali voit dans ces 49 soldats qui ont illégalement foulé le sol de Bamako, une monnaie d’échange pour contraindre la communauté ouest-africaine à épouser ses désirs. En effet, en retenant ces soldats, Bamako a, pour la première fois depuis l’éclatement de la crise, un moyen de pression sur la Cedeao. Il est aisé, par conséquent, d’imaginer que le Colonel Assimy Goïta ne va pas se priver de cette arme pour réclamer l’impossible tout en souhaitant soutirer quelques concessions à la Cedeao.
Pour tirer le maximum de profit de cette situation, Bamako ne va pas attendre pour dérouler son plan. Le gouvernement de la Transition vient de «mettre fin, avec effet immédiat, à l’activité de protection de la Compagnie aérienne Sahelian Aviation Services par des forces étrangères et exiger leur départ immédiat du territoire malien». Ainsi, les entités présentes sur le sol malien vont devoir confier leur sécurité aux hommes de Goïta. Ainsi, ces derniers ont demandé à «la Compagnie aérienne Sahelian Aviation Services de confier dorénavant sa sécurité aux Forces de défense et de sécurité maliennes».

Abidjan réclame leur libération
Si pour le moment, Abidjan ne s’est contenté que d’une demande libération immédiate, il est évident que le Président Alassane Dramane Ouattara a grillé un joker. Et cela risque d’impacter négativement les négociations entre autorités des deux pays. En tout état de cause, Bamako tient le bon bout. Il sera intéressant de scruter l’attitude de la Cedeao tout en sachant que Abidjan a toujours été pour des sanctions dures afin d’étouffer la junte et contraindre celle-ci à quitter le pouvoir.
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Une monnaie d’échange ! Ce n’est ni plus ni moins comme ça que les Maliens considèrent les 49 soldats interpellés pour avoir foulé le sol de Bamako sans autorisation. Le Colonel Assimy Goïta et ses hommes les accusent de «briser la dynamique de la Refondation et de la sécurisation du...