D’Ançar Dine au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ou Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn en arabe (GSIM/JNIM), la France était dernière la lutte sanglante d’Iyad et de ses Katibas comme celle du Macina d’Amadou Koufa. Mais, avec la rupture de son traité et de ses accords de défense avec le Mali, elle s’est retrouvée dans une mauvaise posture au Sahel. Une situation qui l’a contrainte aussi a changé sa stratégie d’alliance. Les dernières opérations de Barkhane démontrent qu’elle est en train de tourner progressivement le dos au GSIM en faveur de l’Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS). Un nouvel allié qui a visiblement le poids militaire nécessaire pour lui servir d’instrument de déstabilisation de notre pays.

 

La France, dans sa quête de déstabilisation du Mali, a-t-elle tourné le dos au GSIM d’Iyad Ag Ghali, son allié depuis le début de la rébellion de 2012, pour s’allier à  l’EIGS ? La réponse ne fait l’objet d’aucun doute pour de nombreux observateurs : Oui ! Et cela d’autant plus que les dernières attaques de l’Opération Barkhane ont plutôt visé le GSIM alors que l’EIGS massacre des populations civiles dans les régions de Gao et Ménaka, des zones frontalières du Niger où la France s’est déportée après avoir été chassée du Mali.

 

Et ils sont de plus en plus nombreux les signes d’un soutien logistique que les Français apporteraient à ce démembrement de Daesh dans la bande sahélo-saharienne. La Dirpa a indexé de façon subtile la France sans la nommer (en attendant des preuves suffisantes) d’être impliquée dans l’attaque complexe et coordonnée contre le camp de Tessit le 7 août dernier. Et cela d’autant plus que des témoins affirment avoir vus des hélicoptères non identifiés larguer des matériels aux GAT près d’Ansongo. Dans son communiqué, la Dirpa a clairement indiqué que les assaillants du camp de Tessit ont bénéficié de  «l’appui de drones et de l’artillerie avec un usage d’explosifs et de véhicules piégés». Et de poursuivre, «les opérations clandestines et non coordonnées de survol enregistrée par les FAMa les 7 et 8 août 2022 confirment la thèse que les terroristes ont bénéficié d’un appui majeur et d’une expertise extérieure». D’où viennent ces drones et cette artillerie lourde pour des mercenaires qui se déplacent à motos dans cette zone ? Qui finance aujourd’hui l’EIGS dans sa ferme volonté d’annexer le nord-est du Mali ? L’Algérie ? le Qatar ? la France ? Des questions qu’on est en droit de se poser.

 

Nous savons tous que c’est la rébellion de janvier 2012 qui a été le facteur déclencheur du coup d’Etat de 22 mars 2012 ouvrant ainsi la porte à l’expansion extrémiste au Sahel, au Mali notamment. A la fin de l’Opération Serval, la France a pris fait et cause pour les rebelles et les terroristes qui ont fait de Kidal leur base arrière pour faire régner la terreur dans le Sahel, notamment au Mali. Comme Ben Laden l’a été par les Etats-Unis, Iyad Ag Ghali est un monstre fabriqué par la France pour justifier sa main mise militaire sur notre pays.

 

D’Ançar Dine au GSIM (JNIM), elle était dernière la lutte sanglante d’Iyad et de ses Katibas comme celle du Macina d’Amadou Koufa. Mais, avec la rupture de son traité et de ses accords de défense avec le Mali, elle s’est retrouvée dans une mauvaise posture au Sahel. Une situation qui l’a contrainte aussi a changé sa stratégie d’alliance.

Les dernières opérations de Barkhane démontrent notamment qu’elle est en train de tourner progressivement le dos au GSIM en faveur de l’EIGS. «Aujourd’hui la France s’attaque à la première ligne du JNIM pour permettre à l’EIGS de s’installer au Telemsi, loin de la frontière du Niger désormais siège de la déstalinisation du Sahel», a dénoncé un leader influent de l’ex rébellion après l’annonce de la Force Barkhane d’une opération menée le 6 août 2022 contre des membres des Groupes Armés terroristes (GAT). Une opération qui a visé un regroupement de plusieurs leaders du Rassemblement pour la victoire de l’islam et des musulmans (RVIM, une branche du GISM) dont un cadre a été tué dans la région du Talataye (Télataï), à 200 km au nord-est de Gao.

Sinon comment comprendre que Barkhane, qui prétend défendre les populations, va s’attaquer aujourd’hui à des positions du JNIM, l’ennemi principal de l’EIGS qui a multiplié le massacre des populations civiles dans la zone de Ménaka et Ansongo ? Ce changement d’alliés doit nous faire comprendre que la France n’est pas au Sahel pour lutter contre le terrorisme, mais pour mieux sauvegarder ses intérêts géostratégiques.

La présence militaire française au Sahel est un bouclier pour mieux sécuriser ses intérêts économiques, politiques… La lutte contre le terrorisme n’est qu’un fallacieux prétexte !

Moussa Bolly

Source : Le Matin