Les leaders du FDR lors d’un meeting (Photo archives)

Outrepassant les vraies raisons de sa création, le front se dirige tout droit vers des eaux boueuses sur lesquelles notre pays navigue actuellement. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, il y a fort à parier que le Mali n’est pas encore sortie de l’auberge. Un simple soutien du FDR dans sa forme actuelle à un candidat serait synonyme du lancement du compte à rebours d’un autre 22 mars, à plus forte raison une candidature unique en son sein.

Sans tirer des leçons de la descente aux enfers de notre pays, certains regroupements dont les acteurs y ont largement contribué, continuent de narguer le peuple malien. Comptables des 20 ans de pillage systématique des caisses de l’Etat sous le couvercle de la démocratie à l’occidentale, certains vampires tapis au sein du FDR tentent de se refaire une seconde virginité sur le dos des maliens. S’il est clairement avéré que le rôle des partis politiques est de conquérir et d’exercer le pouvoir, il n’en est pas de même pour la société civile qui doit faire office de sentinelle contre les dérives des uns et des autres. Malheureusement, au Mali, la société civile ne se distingue du pouvoir que lorsqu’il y a des privilèges en jeu. Ou était-elle quand le Mali sombrait ? Certainement à Koulouba, à la primature ou au sein des institutions, entrain de faire la courbette pour leur propre intérêt. Si ailleurs on ne mélange pas les moutons et les bœufs, au Mali on fait pire. Toutes les organisations de la société civile qui ont élu domicile au sein du FDR ont plus moins été complices de la gestion catastrophique et consensuelle de ATT. Que dire de Siaka Diakité et de Fatoumata Siré Diakité, respectivement secrétaire général de l’UNTM et présidente de l’APDF ? Le premier a trahi les travailleurs au profit des conseils d’Administration, la seconde à abandonner les femmes dans le dos desquelles elle s’est forgée une fausse carapace. Sa gestion catastrophique de l’ambassade du Mali en Allemagne en dit long sur sa vraie nature. Aujourd’hui acteurs du FDR, ils sont entrain de se laisser encore embobiner par les politiques autour de la possibilité d’une candidature FDR, même si Siaka tente de se démarquer du bout des lèvres.

Une telle alliance contre nature ne peut se faire que sur le dos des maliens. À défaut d’avoir un bouclier contre les dérives politiques et militaires, les populations ne peuvent que compter sur elles mêmes. Encore un terreau fertile pour un autre 22 mars. C’est pourquoi nous disons qu’il est temps d’extirper d’une manière ou d’une autre les brebis galeuses de la trempe de Siaka Diakité et de Fatoumata Siré de notre espace démocratique, car la société civile n’a pas vocation à exercer le pouvoir. Il est encore grand temps qu’ils annoncent la transformation de l’UNTM, de l’APDF et autres associations qui composent le FDR en partis politiques avant l’officialisation de la candidature unique qui serait en gestation, selon Fatoutama Siré Diakité. Gestation pour gestation, cette association contre nature des entités qui n’ont pas les mêmes vocations annonce la possibilité d’un autre 22 mars, en fait démocratiquement. Etle peuple ne se laissera plus faire.

Ousmane Cissé