ls sont légion à vouloir le changement, ils sont peu à y croire. Pourtant nous sommes face à notre responsabilité historique. Chaque génération a sa partition à jouer dans l’histoire d’une Nation. Ainsi, celle qui tient les rênes du pays en ce moment a lutté pour l’instauration de la démocratie dans notre pays. Toutefois, cette démocratie, on le sait, s’est très vite pervertie ; censée être le pouvoir du peuple, elle s’est muée au Mali en une espèce de règne bourgeois  dans lequel quelques partis politiques et leurs camarades hommes d’affaires ont pris le peuple dit « souverain » en otage ; tous les secteurs de l’Etat sont  infiltrés, infestés et infectés.

 

 

Les partis de gauche d’alors, révolutionnaires et progressistes, ont très vite tronqué leurs idéaux contre les fruits de la courtisanerie des salons ministériels.Aussi a-t-on été choqué de s’apercevoir que certains, par leur déconnexion des réalités des masses populaires, ignorent jusqu’au  prix du pain, du litre d’essence.

 

 

Comment donc gouverner un peuple dont on ignore les besoins fondamentaux ?

Ça y est, la politique n’a plus  vocation à changer les conditions de vie du plus grand nombre, mais à servir un cercle restreint de privilégiés. Et  tous ceux qui ont une vision contraire à celle-là sont, au mieux, des naïfs, des aigris, sinon « des maudits ».  La médiocrité s’érige donc en règle d’or et la corruption en sport national ; voilà  le pathologique devenu le normal. L’Etat se réduit rapidement à un clan restreint très permissif à l’égard de ses membres. C’est la démocratie ! Le système est ainsi élaboré pour bloquer l’émergence des talents et décourager les bonnes volontés ; chacun se dit que le changement est impossible, autant donc aller dans le sens du vent afin d’assurer sa survie. Au même moment, on bassine le peuple qui nage dans un paupérisme féroce avec les grands slogans démocratiques.

 

Mon Dieu, vive la démocratie ! Mais le peuple, le peuple lui se meurt !!!

Les partis politiques dont l’un des devoirs est l’éducation ou, si on le préfère, la formation de leurs militants s’ingénient plutôt, dans la froideur des calculs machiavéliques, à les garder soigneusement dans l’ignorance afin de mieux les tondre. Ils n’ont pas besoin d’électeurs avisés, ils ont juste besoin d’un bétail électoral dont l’ignorance doit assurer la fidélité. Après on parle fièrement de démocratie, d’élections libres et transparentes dans un pays où plus de 60% des électeurs ne connaissent pas réellement le sens de leurs votes, dans un pays où le sel, le sucre, le thé remplacent les programmes des partis politiques. Comment choisir librement quand on ne comprend pas les  raisons et implications de son choix ?

 

 

 

 

Faut-il pour autant se résigner ?

Beaucoup parlent de changement, mais peu y croient ! Pourtant le changement n’est jamais le fait d’un ange descendu de l’univers céleste, il est toujours le fruit de l’action humaine. Disons, pour paraphraser THOMAS SANKARA, que lorsque le peuple se tient debout toutes les forces du mal tremblent. Et ces élections qui se profilent à l’horizon  offriront l’occasion au peuple de sanctionner ceux qui l’ont trahi.

 

 

Saisissons  cette occasion, prenons notre revanche sur l’histoire.

Est-il besoin de le rappeler ? Dans la situation actuelle du Mali, le changement véritable passe nécessairement par un changement de génération. En dehors du changement générationnel, on assistera à un simple changement de personnes et non de système. Or, il est clair que ceux qui sont dans le système depuis l’avènement  de la « démocratie »sont désormais pris aux pièges politiques à force de compromis boiteux. Ils sont donc tous condamnés à aller dans la même direction pour se protéger mutuellement. Les différences qu’on croit percevoir entre eux tiennent plus à la rhétorique, aux discours et  aux circonstances qu’à une quelconque  idéologie.

 

On remarquera au passage avec intérêt qu’il y a  très peu à distinguer  entre les deux régimes de ces vingt dernières années ; parce que les animateurs de ces régimes sont les mêmes. Et si le futur président malien est issu de ce même cercle, alors nous ne sommes en droit d’attendre aucun miracle de lui. Ce n’est pas une question de personne, mais de système ; système dans lequel ils se doivent mutuellement des faveurs.

 

Il faut donc une rupture copernicienne afin que la nouvelle génération qui, pour l’heure est  immaculée, ou en tout cas moins endettée, politiquement s’entend, impose une nouvelle orientation à la gouvernance malienne afin que la politique soit au service du peuple !

 

Déconstruisons  ces mythes qui identifient la jeunesse à l’insouciance et qui en tirent excuse pour faire des acteurs politiques ‘’multidécennaux’’ des êtres irremplaçables, encore que les exploits de ces derniers nous ont déjà plongés dans un gouffre à l’issue imprévisible.

 

La lutte pour un changement profond, tel doit être le combat de notre génération, car telle est la nécessité profonde du peuple malien à ce jour !

 

 

ZANA KONE

MaliwebDivers
ls sont légion à vouloir le changement, ils sont peu à y croire. Pourtant nous sommes face à notre responsabilité historique. Chaque génération a sa partition à jouer dans l’histoire d’une Nation. Ainsi, celle qui tient les rênes du pays en ce moment a lutté pour l’instauration de la...