Le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique était à Katibougou pour une visite de terrain. Il était accompagné pour la circonstance par une forte délégation composée de son chef de cabinet, M. Dicko, du Directeur Général du CENOU, le colonel Sangaré Nouhoum, du Directeur National de l’Enseignement Secondaire, M. Abdoulaye Salif Cissé, du Directeur des Finances et des Matériels, Monsieur Ibrahim Sanogo et de plusieurs conseillers et chargés de mission dudit département.

A l’entrée de Koulikoro, la délégation a été reçue par Monsieur Youssouf Papa Traoré,  Maire de Koulikoro et Mamadou Famanta, représentant le préfet et le Gouverneur de ladite région. Les salutations d’usage effectives, la délégation a été accompagnée à l’Institut Polytechnique rurale de Katibougou où elle bénéficia d’un accueil plus que chaleureux de la part des responsables administratifs et étudiants. Après les présentations, le ministre et toute sa délégation ont été conduits à la bibliothèque de l’Institut pour une visite. La dame chargée de la gestion de la bibliothèque, Madame Traoré Yelena, a profité de l’occasion pour souligner le problème d’outil informatique auquel elle est confrontée dans l’exercice de sa mission. Le ministre, après avoir pris bonne note, a promis de faire de son mieux. ‘’Une nation qui lis est une nation qui gagne’’, a-t-il ajouté en guise d’assurance. La seconde destination fut la salle informatique. A ce niveau également, des problèmes ont été signalés dont l’accès à la connexion internet. Ensuite la délégation a visité le laboratoire biotechnologique de l’institut. Sur place le responsable du laboratoire, M. Ousmane Niangadou, a affirmé que si les moyens de conservation moderne sont mis à leurs dispositions, ils seront en mesure d’approvisionner notre pays et quelques pays voisins en pomme de terre et d’autres produits du genre. Le ministre, pour sa part, a fait des propositions concrètes en vue d’atteindre cet objectif. Citons à titre d’exemple, le développement d’un partenariat entre l’IPR/IFRA et d’autres partenaires comme l’APCAM de Bakary Togola.Après cette étape, la délégation s’est rendue respectivement au laboratoire phytosanitaire, au musée des eaux et forêts, au laboratoire d’argotologie,  au laboratoire des sols heinz IMHOF et au laboratoire spécialisé dans la lutte contre les insectes nuisibles comme le criquet pèlerin.  Dans ce laboratoire, le Professeur Amadou K Coulibaly a surtout mis l’accent sur QUINOA, une semence dont le ministre et sa délégation ont été impressionné à travers les explications données par le Professeur Coulibaly. Aux dires de ce dernier, ladite semence aurait des vertus thérapeutiques. Après la visite des salles et laboratoires, la délégation s’est dirigée vers les dortoirs de l’Institut. Là-bas, des problèmes d’eau, d’électricité et de toilettes ont été recensés.
La phase des visites guidées bouclée, ce fut le tour des échanges dans l’amphithéâtre de l’IPR.  Le Directeur de l’IPR/IFRA, après avoir présenté de façon détaillée l’institut, a remercié le ministre et sa délégation pour la visite. ‘’Au delà  de son rayonnement national, l’IPR représente une vitrine qui fait notre fierté dans la sous-région  et ailleurs eu égard à la qualité de ses formations et des résultats de ses recherches.
Aujourd’hui encore, malgré la situation particulière de notre pays, de nombreux étudiants étrangers poursuivent leur cursus de formation et de recherche ici à Katibougou’’, a déclaré le ministre avant d’inviter toutes les forces vives de la nation à une prise de conscience autour de la question de l’école. Monsieur Abdoulaye Malé, Professeur à l’IPR//IFRA de Katibougou et non moins secrétaire général du SNESUP, a profité de l’occasion pour poser des revendications et faire un plaidoyer en faveur des étudiants.  ‘’Nous souhaiterons que les professeurs qui devraient déjà être en vacances et qui ont décidé de rester par patriotisme puissent avoir droit au moins à une motivation’’, a-t-il déclaré. Il a également évoqué le problème de formation des formateurs et la question des heures supplémentaires qui serait d’ores et déjà réglée dans les grandes écoles. Pour finir, le Professeur a invité le ministre à prendre des dispositions pour l’amélioration des conditions de vie et d’étude des étudiants.

Le porte parole des étudiants, quant à lui, a fait part de certaines préoccupations et difficultés dont ils souffrent. Il s’agit, entre autres, des problèmes liés aux bourses et trousseaux, aux dortoirs, à la prise en charge des réquisitions, à la délivrance des diplômes dans un délai raisonnable… Il a également sollicité auprès du ministre, l’octroi de bourses d’études au 5 premiers de chaque promotion, la résolution du problème d’infirmerie et la subvention des plats. Le ministre, dans son intervention, a rassuré les jeunes étudiants en ce qui concerne la prise en compte de toutes leurs préoccupations. ‘’Le Directeur Général du CENOU et moi-même avions pris bonne note de vos difficultés et préoccupations. Nous ferons tout notre possible pour y apporter des solutions’’, a notifié le ministre avant d’inviter les étudiants à la patience compte tenu de la situation que traverse le pays. Le Directeur Général du CENOU a abondé dans le même sens.
Notons que L’IPR de Katibougou a été créé en 1897 sous l’appellation de Station de Recherche Agronomique. Il est par la suite devenu l’Ecole des Maîtres laboureurs en 1902, le Centre des stages en 1913, le Collège Technique Agricole (CTA) en 1952, l’Institut Polytechnique Rural en 1965 avec la fusion du CTA, de l’Ecole Normale de Katibougou et de l’Ecole des Assistants d’Elevage de Bamako, avant de devenir en 1996 l’Institut Polytechnique Rural de Formation et de Recherche Appliquée (IPR/IFRA). A partir d’août 2010, l’établissement a été érigé en Etablissement Public à Caractère Scientifique et Technologique (EPST). Situé à Katibougou et ayant une annexe à Bamako, L’IPR/IFRA a pour missions la formation universitaire, postuniversitaire et continue des cadres en matière d’agronomie de foresterie, d’halieutique, d’agroforesterie, des sciences du sol, d’agroéconomie, de génie rural, de médecine vétérinaire, de zootechnie et de vulgarisation agricole ; la formation des communautés rurales ; le perfectionnement d’auditeurs maliens et étrangers ; la recherche scientifique et technologique ; le développement et la diffusion des connaissances et des savoir-faire ; la réalisation d’expertises et d’activités de production… L’IPR/IFRA compte de nos jours 958 étudiants dont 152 femmes  et 210 de nationalité étrangère.
Drissa KANTAO