La grande ville et ses difficultés. Pour y (sur)vivre, il faut savoir se débrouiller, surtout en ces temps de vie chère. En dépit de l’accord temporaire signé entre les autorités et les syndicats des bouchers pour faire baisser le prix du kilo de viande, le quotidien reste difficile pour beaucoup, qui multiplient les astuces pour y faire face.

L’histoire de Bakaridjan Diamoutene ressemble à celle du protagoniste du célèbre poème « Je suis venu chercher du travail » de l’écrivain camerounais Francis Bebey.

Cet homme de 27 ans a laissé femme et enfants au village pour chercher du travail à Bamako. Depuis quelque temps, il exerce trois métiers à la fois (Manœuvre de chantier, jardinier, gardien), pour joindre les deux bouts.

Et pour cause : « tout devient cher » dit Bakaridjan, qui se contente depuis peu de semoule pour son petit déjeuner. Tout comme lui, Mah Touré, 29 ans, vendeuse de repas, subit les conséquences de la flambée des prix des aliments.

« Quand j’achète la viande à 3 000 francs le kilo et l’huile 1 200 francs le litre, je ne génère plus assez de bénéfices. C’est pourquoi j’ai préféré arrêter la vente pour l’instant », se désole-t-elle. Pour ne pas rester inactive, la jeune dame s’est lancée dans la coiffure.

« Là au moins je n’ai pas de pertes », garantit-elle. Son amie Korotoumou Dembélé a eu une autre astuce. « J’ai prêté ma moto à un jeune du quartier qui l’utilise comme moto taxi. Avec l’argent qu’il me rapporte chaque jour, je peux continuer à vendre de la nourriture », se félicite-t-elle. La vielle Kadidia Allimane, 67 ans, a, elle, eu plus de chance.

Son fils Mahalmadane, vendeur de café à Dakar, lui envoie chaque mois de l’argent, ce qui l’aide à tenir, en plus de la vente de « fakouwoye ».

Par contre, chez les Konimba, à Magnanbougou, plus aucun enfant ne va à l’école. Le plus âgé, surnommé Levieux, 17 ans, fait de la mécanique; Sa sœur Fatou, 15 ans, de la couture et leurs deux petits frères, avec leur pousse-pousse, passent la journée à la recherche de morceaux de fer à revendre. « C’est n’est pas seulement à cause des difficultés financières », se justifie leur maman, mais parce que « l’école n’est pas faite pour les pauvres », affirme-t-elle. Chose à laquelle ne croit pas le jeune Drissa, bientôt 13 ans, qui chaque jour après l’école se rend au bord du fleuve avec sa canne pêcher le poisson que sa maman utilisera pour faire la sauce pour le repas.

Aly Asmane Ascofaré

Source: journaldumali

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