À côté de la crise sécuritaire dans laquelle vit le Mali depuis une décennie, se sont greffées ces dernières années des crises sociopolitiques accentuées par le coup d’État du 18 août 2020 et la crise sanitaire mondiale à coronavirus. En 2020, l’économie mondiale a été dans son ensemble handicapée par des restrictions liées à la crise sanitaire, notamment la fermeture des frontières, impactant les importations, les exportations et la libre circulation des personnes. L’économie malienne est-elle résiliente face à tous ces facteurs ?

 

La crise de la Covid-19, couplée à celle, sociopolitique, qui a conduit aux sanctions de la communauté internationale à la suite du coup d’État du 18 août 2020, ont été des facteurs qui ont fait perdre des points à l’économie malienne. À cela s’est ajoutée la chute drastique de la production de coton, qui est passée de 700 000 tonnes en 2019 à 176 000 tonnes l’année suivante. Ces situations conjuguées ont contribué à la chute de 6,2 points de pourcentage du taux de croissance de l’économie en 2020, pour s’établir à -1,2% contre une prévision initiale de 5%. Mais la bonne tenue de la production aurifère, selon l’Institut national de la statistique, a contribué à un peu réduire les effets de ces crises. Contrairement aux tendances, « l’inflation est restée modérée et fixée à 0,5% en 2020 ». Illustration des efforts des autorités pour atténuer la vie chère, surtout pour les produits de première nécessité.

2020, une économie presqu’en berne Durant l’année 2020, le Mali a vu la confiance des partenaires techniques se manifester face à la crise à coronavirus. Sur le Marché des valeurs mobilières, le Mali a levé des Bons Covid, des emprunts à court termes créés par l’agence UMOA Titre et la BECEAO afin d’aider les États à faire face aux crises de trésorerie durant cette crise. En ce qui concerne le Mali, tous les Bons Covid souscrits ont été remboursés en 2020, assure Boubacar Ouologuem, Chef de la section Suivi du marché financier à la Direction nationale du Trésor et de la comptabilité publique. Il explique la solvabilité du Mali en précisant que « quand on émet des titres sur le marché, on a en moyenne 200% de soumissions. Malgré les crises, les investisseurs, les partenaires, font confiance à l’État du Mali. C’est cette confiance-là qui fait que le Mali demeure résilient ».

La confiance des partenaires

Le risque crédit d’un pays en crise est important pour les partenaires. Pour la gestion de ses finances publiques, le rapport de Moody’s 2020 a félicité le Mali, malgré les risques sécuritaires et le coup d’État, qui avaient fait baisser la note du pays de Moody’s B3, perspective stable, à la note CAA1, perspective négative. En février 2021, la perspective de la note CAA1 est passée de négative à stable. Au niveau de la Banque mondiale, en ce qui concerne l’évaluation des politiques et des institutions en Afrique, le Mali est noté 3,4 avec une moyenne subsaharienne qui est de 3,1. Tout ceci favorise une attraction des investisseurs directs étrangers et des partenaires techniques et financiers. Cette confiance est telle que le Mali a su mobiliser sur le marché financier 907 milliards de francs CFA en 2020. En 2021, l’État malien escompte mobiliser 910 milliards de francs CFA. En septembre 2021, le pays avait déjà mobilisé 735 milliards.

L’apport des finances publiques

En ce qui concerne les finances publiques, « les activités de réformes contribuent à la mobilisation des recettes à travers les structures d’État telles que la Direction générale des Impôts, la Direction générale des Douanes, la Direction nationale des Domaines et la Direction nationale du Trésor et de la comptabilité publique », explique Seydou Djimdé, Chef de la division des Études à la Cellule d’appui à la réforme des finances publiques (CARFIP). À cela s’ajoutent des appuis budgétaires général et sectoriel et un appui projet des partenaires techniques et financiers. Comme élément de résilience, le téléservice prend du volume avec la télédéclaration et le télépaiement au niveau des Impôts. En perspective, des actions pour élargir la base de l’assiette fiscale, avec des domaines encore inexplorés, comme la téléphonie pour les transactions d’argent.

Idelette Bissuu

Source : Journal du Mali

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