La rubrique ‘’L’invité de la semaine’’ de Ziré, votre hebdomadaire préféré d’analyses, d’enquêtes et d’informations générales, reçoit cette semaine Djoro Bocoum, directeur national de l’Hydraulique (DNH). Avec lui, nous avons parlé du Système Eau, Hygiène et Assainissement au Mali. C’est un entretien réalisé le 16 juin 2022 en partenariat avec le site d’informations générales, ‘’www.afrikinfos-mali.com’’, à l’occasion du séminaire national sur l’Eau, Hygiène et Assainissement, tenu à Bamako les 15 et 16 juin 2022. Lisez plutôt !

Ziré: Monsieur le directeur, présentez-vous à nos chers lecteurs.

Djoro Bocoum : Je m’appelle Djoro Bocoum, je suis le directeur national de l’Hydraulique. Comme vous le savez, la direction nationale de l’Hydraulique a pour mission principale : l’élaboration des éléments de la politique nationale en matière d’hydraulique ; la coordination et le contrôle technique des services régionaux, subrégionaux et des services rattachés qui concourent à la mise en œuvre de ladite politique.

Monsieur le directeur, le Mali a organisé pendant deux jours de Séminaire national sur Eau, Hygiène et Assainissement, lequel a enregistré beaucoup de recommandations. Quelles sont vos impressions au sortir de cette rencontre ?

Mes impressions sont bonnes. Et c’est une satisfaction totale en ce sens que ce séminaire a rempli toutes ses promesses. Les objectifs qu’on s’était fixés ont été largement atteints. Nous avons passé deux jours d’échanges, de débats constructifs sur les questions liées à l’Eau, Hygiène et Assainissement. Des questions très stratégiques pour notre pays en termes de mobilisation de fonds, un véritable défi aujourd’hui pour notre pays dans le secteur Eau, Hygiène et Assainissement. Également les questions liées à la gouvernance, mais aussi celles liées à la protection et à la gestion des ressources en eau. Donc, toutes ces questions ont été abordées, aussi bien que d’autres aspects très importants, notamment le rôle du secteur privé pour atteindre l’Objectif du développement durable appelé (ODD 6).

Aujourd’hui, nous avons nos documents de politique, nous avons nos programmes très ambitieux pour atteindre de l’ODD 6. Mais cela nécessite une mobilisation forte des ressources financières. Ce qui nous impose de faire appel à d’autres acteurs ou d’autres types de financements tel que le financement privé avec un partenariat gagnant-gagnant. Nous avons vu ici au Mali dans certaines régions où il y a des entreprises privées qui se sont installées et qui ont réussi à démontrer que le service public de l’eau potable peut-être fiable au Mali. Donc, ce sont des actions très encourageantes que nous avons vues. Voilà exactement des modèles d’initiatives à entreprendre.

Nous pouvons aussi parler d’autres questions, comme la nécessité aujourd’hui d’élaborer des projets intégrés, qui prennent en compte l’ensemble des besoins en eau pour les populations, les centres de santé, les écoles, etc. couplés dans la plupart des cas des systèmes d’alimentation d’eau potable avec aussi des ouvrages de production tels que des barrages pour non seulement renforcer les systèmes de production, mais aussi permettre de réaliser des activités génératrices de revenus, le maraîchage, par exemple. Voilà des choses qui sont très importantes pour notre pays et surtout pour le développement durable dans le contexte du changement climatique.

Concrètement, quelles sont vos attentes vis-à-vis des partenaires à l’issue de ces échanges de deux jours ?

Très bonne question. Je dirais d’abord, tout en remerciant IRC Wash qui contribue dans le secteur Eau et Assainissement au Mali, nous nous réjouissons beaucoup de la tenue de ce séminaire. Comme vous le savez, IRC WASH a une très bonne expérience, une longue histoire surtout par rapport aux questions de gouvernance dans le secteur et surtout par rapport à d’autres questions de la recherche orientée vers l’action. Nous attendons particulièrement de l’IRC WASH qu’il nous accompagne davantage sur ces questions de gouvernance.

Aussi, nous attendons beaucoup des autres partenaires à redoubler d’effort. Ils le font déjà assez, mais surtout par rapport à l’engagement qu’ils ont pris pour s’aligner autour des priorités de notre pays. Le Mali n’a d’autres priorités que de réaliser des infrastructures et de développer des services au profit des populations. Déjà, nous nous réjouissons de leur engagement à nos côtés et nous demandons à ce qu’ils nous accompagnent dans toutes les grandes initiatives que nous prenons. Comme je le disais, le défi est énorme par rapport à la mobilisation de financement. Ce que nous attendons surtout des partenaires à ce niveau, c’est d’aider le gouvernement du Mali à trouver le financement nécessaire pour la réalisation des infrastructures d’eau potable pour couvrir le bien-être des populations.

Monsieur le directeur, 2030, c’est pour bientôt et l’un des grands défis est l’atteinte de l’ODD 6. Pensez-vous que c’est toujours un rêve réalisable ?

Oui bien-sûr ! l’ODD 6 est bien possible. Nous sommes actuellement à 70,9 % du taux national d’accès à l’eau potable dont 66% en milieu rural et 80% en milieu urbain. Pour atteindre l’ODD 6, nous avons une vision et nous savons ce qu’il faut faire. C’est-à-dire, nous savons le nombre d’infrastructures qu’il faut réaliser et nous savons le financement nécessaire dont nous avons besoin. Donc, le plus important est l’appui des partenaires techniques et financiers.

Ce qu’il faut savoir, c’est que nous faisons face à un défi énorme. Moi, je suis sûr et convaincu que l’ODD 6 peut être atteint au Mali, si les efforts déployés aujourd’hui sont maintenus. Je n’ai aucun doute par rapport à cela. Nous avons pris l’engagement de réformer de façon institutionnelle. Donc sur le plan institutionnel, nous ferons en sorte que les mandats donnés aux différentes structures soient des mandats très clairs et que chaque structure, chaque acteur puissent apporter leur contribution permettant de respecter l’échéance sur l’accès universel à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement pour tous les Maliens.

  1. Bocoum, l’autre défi reste la protection de l’environnement pour une meilleure qualité de l’eau souterraine et celle de la surface. Quelle mesure, la direction nationale de l’Hydraulique (DNH) compte-t-elle prendre à ce niveau ?

Effectivement, des recommandations ont été formulées en ce sens, notamment sur la protection de la ressource. Parce que tout dépend de cela et nous voyons aujourd’hui que la ressource est agressée partout. Nous avons un potentiel énorme en eau de surface tout comme en eau souterraine mais aujourd’hui, le plus grand défi s’est que cette ressource est irrégulièrement répartie dans le temps et dans l’espace. Donc, faisons en sorte qu’on puisse réaliser des infrastructures, des barrages pour faire des retenues et que ces retenues puissent servir au moment où il n’y a pas d’eau. Vous voyez la retenue du barrage de Sélingué avec les deux (02) milliards mètres cubes ? Cette retenue nous permet aujourd’hui de développer beaucoup d’initiatives, notamment la production agricole au niveau de l’office du Niger

Vous avez parlé d’agression de ressource. Dites-nous, c’est quoi vos inquiétudes ?

D’abord, concernant la protection de l’environnement, c’est l’orpaillage dans les cours d’eau qui nous inquiète. Par exemple, à Kéniéba, notamment au niveau de la Falemé, il y a des fois où on n’a même pas d’écoulement à ce niveau. Cela nous inquiète beaucoup. J’espère qu’avec les actions qui sont entreprises au niveau de notre département, il s’agit des mines, de l’eau et de l’énergie, vont porter fruit. Je suis sûr que les populations locales vont accompagner notre ministre dans cette lutte parce qu’il le faut. Aussi, nous avons des équipes qui travaillent nuit et jour pour arrêter cette agression contre la nature dans la Falemé.

L’autre inquiétude, c’est le changement climatique qui reste un défi mondial. Donc par rapport à l’impact du changement climatique, nous allons entreprendre des actions d’adaptation comme tous les pays du monde. Je pense que, quel que soit ce qu’on vit aujourd’hui, c’est possible d’améliorer ce que nous faisons, c’est possible d’arrêter cette pollution, c’est possible de protéger la ressource et nous allons faire de sorte que personne ne soit laissé de côté dans cette lutte.

Entretien réalisé par Amadou Kodio

Source : Ziré

MaliwebEconomie
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