Depuis des mois, le Front Populaire Contre la Vie Chère (FPCVC) a sonné l’alerte aux plus hautes autorités du pays pour peser de leurs efforts, afin que les prix des denrées de première nécessité ne flambent pas. Les tapages médiatiques, mesures prises, et promesses faites par le gouvernement, n’ont rien changé dans l’augementation des prix. Incapable de contrôler le prix des produits alimentaires, de trouver des solutions concrètes à la crise, le gouvernement semble lasser du lest pour laisser les commerçants détaillants et opérateurs économiques faire ce qu’ils veulent de leurs produits, laissant ainsi les populations à leur sort. Pour les 65 000 tonnes de céréales promises par le commissariat à la séucrité alimentaire au président de la transition à Nioro, selon le FPCVC, il n’y a qu’environ 13 000 tonnes disponibles. Refusant d’abandonner la lutte jusqu’à ce que les prix des produits soient à la portée du malien lambda, le FPCVC est monté au creneau, hier, mardi 2 août 2022, lors d’une conférence de presse à la Bourse du Travail, pour faire des propositions concrètes au gouvernement pour circonscrire cette montée en puissance des prix des produits de première nécessité. La présidente du FPCVC, Koné Mariam, et son équipe ont animé ladite conférence.

Dans sa déclaration liminaire, le FPCVC a tenu à préciser qu’il est une organisation à but non  lucratif et apolitique qui vise à combattre l’augmentation  des prix des produits  de première  nécessité, afin de soulager les Maliens. C’est pour cette raison, dit le communiqué, depuis sa création, que le Front continue de mener  ce combat  noble jusqu’à  la satisfaction du citoyen lambda, à travers des meetings  de protestation, des conférences de presse, des Assemblées  générales d’informations, des sit-in. Et d’ajouter que l’objectif de cette conférence de presse  est non seulement  de présenter le schéma institutionnel des stratégies novatrices  de la lutte contre la vie chère,  mais aussi d’appeler  les autorités de la Transition à prendre urgemment des mesures idoines pour alléger la souffrance des Maliens. Dans la note, le front a regretté fortement l’embargo de la CEDEAO et de l’UEMOA.  Des sanctions, dit-il, qui avaient contribué à la hausse  des prix des denrées de première nécessité, à cause de la fermeture des frontières.  Cependant, regrette encore le front populaire contre la vie chère, plus d’un mois après la levée de l’embargo, les Maliens constatent et assistent impuissamment à la flambée des prix des produits alimentaires dans les marchés. Il s’agit entre autres du sucre, du  lait en poudre, de l’huile  alimentaire, du riz importé.  Et comme conséquence de cette situation, ajoute la déclaration avec inquiétude,  les produits alimentaires ne sont plus à la portée du citoyen lambda qui vit au seuil de la pauvreté, selon les normes internationales.  « Le Front populaire  contre  la vie chère déplore que  le panier de la ménagère soit atteint de plein fouet. La fluidité commerciale oblige la présence  des produits alimentaires au Mali. Et, si le prix n’est pas à la portée des Maliens, des stocks vont perdre leur sens. D’où l’inquiétude du Front populaire contre la vie chère par rapport à la hausse des prix des produits alimentaires au Mali », a déclaré le front avec souci. Le front  s’inquiète que la vie des Maliens devienne de plus en plus chère, malgré  la subvention des 13 produits alimentaires par l’État. En effet, déplore  le front, on constate avec beaucoup de regret, la négligence des autorités nationales par rapport à l’augmentation des prix des denrées dans les marchés de Bamako et à l’intérieur du pays. Aucune disposition ne serait prise pour soulager les Maliens par les autorités nationales. Face donc à l’incapacité du gouvernement, au manque d’imagination des autorités, dit le front, nous proposons comme d’habitude, des pistes de solutions pour sortir de cette situation.  « Après  avoir  dénoncé  la vie chère au gouvernement, ce  par des manifestations, des déclarations et autres activités, le Front constate avec amertume que le gouvernement manque de solutions au problème. La preuve, aucun plan de riposte pris par le gouvernement  n’a été opérationnel  depuis l’annonce  et la levée des embargos. Les populations sont restées entre l’espoir et l’amertume. C’est pourquoi le Front Populaire contre la vie a, après des mois de réflexion, élaboré un ‘’document cadre’’ contre la vie chère au Mali. Le document en question comporte quatre grands axes, dont la mise en œuvre va éradiquer de manière progressive, la cherté de la vie au Mali », a dit le front dans sa décalration. Le premier axe résout des problèmes d’exonération au Mali ; le deuxième axe pallie les problèmes d’entreposage au Mali ; le troisième axe se base sur la tierce détention des produits de première nécessité ; le quatrième axe est le warrantage, qui prend en compte la problématique de la rupture du marché en stock de céréales ; (mil, sorgho, riz, fonio etc.) Le  document  comporte  un plan d’action, conclut la note, qui facilitera sa mise en œuvre. «Nous interpellons  le gouvernement à prendre en main, sans délai, la souffrance du citoyen lambda. Parce que, nous vivons  non seulement dans une période de soudure, mais la flambée des prix des produits alimentaires persiste dans les marchés. Cela ne sert à rien de nous faire croire que cette augmentation est mondiale», prévient le FPCVC.

Hadama B. FOFANA

Source: Le Républicain