Suite aux sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA contre notre pays, les autorités de la transition ont pris une série de mesures pour minimiser les effets négatifs sur la population. Des délégations ministérielles se sont rendues successivement en Guinée Conakry, en Mauritanie et en Algérie en vue trouver des accords auprès des dirigeants de ces pays pour l’approvisionnement de notre pays en denrées de premières nécessités. Aussi, des mesures ont été prises à l’interne pour éviter les spéculations sur les prix.

 

Mais malgré les sensibilisations et les opérations de contrôle sur le marché, force est de reconnaissance que les prix de plusieurs produits ont pris l’ascenseur. C’est pourquoi les brigades de contrôle de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence multiplient les descentes sur le terrain. L’objectif est de s’assurer du respect des prix fixés et de sanctionner les contrevenants. Mais faute de pouvoir contrôler partout les prix ont grimpé au grand dam des autorités.
Comme on le dit très souvent, les mauvaises habitudes ont la vie dure. Cette période difficile de l’histoire de notre pays, marquée par la crise sécuritaire et politique couplée aux sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA, devrait être mise à profit pour mettre le pays au-dessus de tout.
Mais hélas, deux semaines après la mise en vigueur des sanctions, les populations innocentes ressentent les effets. Les prix des produits de premières nécessités flambent. Cela malgré les actions de sensibilisation et de contrôle qu’entreprennent les agents de la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence.
Dans un post sur la page Facebook de la DRCC on peut lire : « avec courage et abnégation les agents assermentés de la DRCC de Bamako à l’instar de leurs collègues de toutes les régions administratives du pays poursuivent la mission sacerdotale de maintien de l’ordre économique et commerciale ».
L’on apprend qu’à travers ces sorties sur le terrain, un peu plus de 2 000 points de vente ont été visités et des centaines de PV ont été dressés à l’encontre des contrevenants.
L’objectif étant de stabiliser les prix et lutter contre les pratiques commerciales frauduleuses en cette période de sacrifice commun.
« Les agents de la DGCC utilisent des identités d’emprunt ou par le truchement de personnes neutres effectuent des achats comme n’importe quel consommateur et ainsi ’’tester’’, le comportement du marché. Cela est notamment utile pour vérifier l’information qui est donnée par le vendeur au consommateur », précise la Direction.
Des messages de sensibilisation sont également véhiculés, comme : ‘’N’achetez pas cher’’ ; ‘’Ne modifier pas vos habitudes d’achat’’ ; ‘’Signaler les manquements par la transmission de preuves tangibles’’ ; ‘’Nous nous occupons avec professionnalisme des cas de flagrant délit’’…
Mais force est de reconnaître que malgré ces efforts de stabilisation, les prix des produits de consommation connaissent des flambées.
L’initiative est saluée par les consommateurs qui demandent d’augmenter l’effectif des agents de contrôle.
« Ces contrôles sont vraiment salutaires. Vous devez faire un ratissage complet (chez les grossisses et les détaillants). Ceux qui ont rempli leurs magasins, fait des stocks à moindre prix à l’idée de les faire sortir en cette période pour les revendre plus cher parce que tout le monde savait que ces sanctions étaient inévitables. On n’avait pas besoin d’être un expert économiste pour le savoir. Le gouvernement ne peut pas fournir tous ces efforts en perdant des milliards pour les subventions pour que la population continue de payer cher à cause des augmentations des prix des denrées alimentaires de première nécessité. Ce n’est aucunement une période pour les commençants de se faire de l’argent comme nous avons coutume d’entendre. Nous nous réclamons religieux et c’est nous qui commettons les plus grands péchés par nos avides de devenir riche sur le dos des pauvres », s’est indigné un consommateur.
D’autres ont attiré l’attention sur le cas du gaz butane dont le prix n’est plus contrôlé depuis des semaines.
Aussi, le prix du sucre a beaucoup augmenté, et ce produit est invisible dans plusieurs localités. C’est dire que les autorités doivent redoubler d’effort pour approvisionner le pays en denrées de premières nécessités tout en accentuant les opérations de contrôle sur le marché.
Aussi, les commerçants grossistes et détaillants doivent faire l’effort de respecter les prix fixés pour ne pas en rajouter à la souffrance des populations.
Également préoccupée par la situation, le Bureau Exécutif de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) se fondant sur des sources nationales et internationales concordantes, dénonce avec véhémence l’insuffisance de conscience patriotique manifeste, comme par le passé par certains commerçants et industriels qui affichent des hausses de prix des denrées alimentaires et non alimentaires ; malgré les efforts d’approvisionnement du marché public par les autorités de la Transition.
« L’UNTM demande aux autorités de la Transition, aux pouvoirs publics compétents de mettre fin à la spéculation, à la fraude et au trafic de tous ordres, pour éviter la spirale de hausse de prix, pour une meilleure stabilité des pouvoirs d’achat du peuple et des travailleurs. Ces mesures doivent permettre de mettre fin à la hargne de certains compatriotes de s’enrichir sur les malheurs des populations », exhorte la centrale syndicale dans un communiqué de presse rendu public hier mardi.

PAR MODIBO KONÉ

Source : Info-Matin

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Suite aux sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA contre notre pays, les autorités de la transition ont pris une série de mesures pour minimiser les effets négatifs sur la population. Des délégations ministérielles se sont rendues successivement en Guinée Conakry, en Mauritanie et en Algérie en vue trouver...