Le barrage hydroélectrique de Gouina, dans la région de Kayes, d’une capacité de 140 mégawatts et d’une capacité moyenne de 607 gigawatts/heure a été inauguré, ce samedi 3 décembre par le Premier ministre par intérim, le Colonel Abdoulaye MAIGA, représentant le président en exercice de la conférence des chefs d’État et de gouvernement, le colonel Assimi GOÏTA. C’était en présence de ses homologues Bernard GOUMOU de la Guinée ; Mohamed Ould BILAL de la Mauritanie ; Amadou BA, du Sénégal. Le ministre chargé de l’Énergie du Mali, Lamine Seydou TRAORE, a souligné que les 140 mégawatts seront répartis à parts égales entre les sociétés des énergies du Mali, de la Guinée, de la Mauritanie et du Sénégal.

 

Près de 284 milliards de francs CFA, c’est le coût du nouveau barrage de Gouina, l’infrastructure a été inaugurée ce samedi 3 décembre 2022, par le Premier ministre par intérim représentant le président en exercice de la conférence des chefs d’État et de gouvernement, le colonel Assimi GOÏTA. C’était également en présence de ces homologues de la Guinée de la Mauritanie et du Sénégal, le nouvel ouvrage va renforcer la capacité énergétique des pays bénéficiaires
C’est un jour important pour les pays membres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) ; le barrage hydroélectrique de Gouina est situé dans l’arrondissement de Diamou, à 45 kilomètres de Kayes.
D’une capacité de 140 mégawatts (MW), l’ouvrage a été financé grâce à un prêt contracté solidairement par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal auprès de la banque chinoise de promotion des exportations (EXIM-BANK).
La pose de la première pierre de ce projet a été effectuée en décembre 2013, mais les travaux ont officiellement démarré en novembre 2016.
L’infrastructure est située sur le fleuve Sénégal, avec une hauteur de barrage de 19 mètres, une longueur de 1371 mètres et une capacité de stockage de 136 millions de mètres cubes et est reliée à la société de gestion de l’électricité de Manantali (SOGEM) qui produisait déjà 260 mégawatts à partir de Manantali et de Féllou.
La production de 140 mégawatts par le nouvel ouvrage inauguré ce samedi accroît la capacité d’approvisionnement au bénéfice des pays membres.
« Depuis le démarrage du premier groupe de la centrale hydroélectrique de Manantali au d’octobre 2001, l’OMVS a délivré aux sociétés d’électricité des trois États membres une énergie propre et bon marché à hauteur de 53% pour le Mali, 33% pour le Sénégal et 15% pour la Mauritanie, grâce à deux lignes à haute tension interconnectées d’environ 1500 km », indique un communiqué l’OMVS en décembre 2021.
L’organisation précise que « l’énergie de Manantali a servi à alimenter d’abord les capitales Bamako, Dakar et Nouakchott et les autres villes secondaires comme Kayes, Matam, Podor, Dagana, Rosso, Boghé, Kaédi etc.». Créée en 1972 par le Sénégal, le Mali et la Mauritanie, l’OMVS a enregistré l’adhésion de la Guinée en 2006.
Pour sa part le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau du Mali, Lamine Seydou Traoré, a indiqué que « cet ouvrage qui est déjà mis en eau et qui a commencé à injecter les premiers mégawatts sur les réseaux électriques des trois pays qui sont actionnaires de la SOGEM, va permettre de renforcer la production d’énergie dans ces pays, mais au-delà du renforcement de l’énergie, ça devrait permettre de réduire un peu le coût de production pour les sociétés de nos trois pays».
Il affirme que « les 140 mégawatts seront répartis à parts égales entre les sociétés des énergies du Mali, de la Guinée, de la Mauritanie et du Sénégal ».
Après avoir inauguré, le Premier ministre par intérim, le Colonel Abdoulaye MAIGA, a déclaré que ce 3 décembre 2022 est une date historique qui sera marquée d’une pierre blanche dans les annales de notre organisation commune.
En effet, a-t-il expliqué, c’est un moment fort dans la vie de notre organisation et qui vient de fêter son cinquantenaire, le 11 mars 2022.
Il a profité de l’occasion pour rendre un vibrant hommage aux pères fondateurs de l’OMVS qui, dans un élan visionnaire, se sont retrouvés le 24 mars 1968 à l’Abbé, en République de Guinée, pour approuver le statut général de l’Organisation des États riverains du fleuve Sénégal.
«Cet acte de foi des présidents feu Ahmed Sékou TOURE, Modibo KEITA, Moctar Ould DADAH, et Léopold Sédar SENGHOR, a été déterminant dans l’aménagement du bassin du fleuve Sénégal et l’intégration des peuples qui y vivent.Ils ont incontestablement marqués l’histoire du continent, à travers la création de l’OMVS », a-t-il dit.
De son propos, il ressort que l’ouvrage de Gouina est le quatrième barrage de l’OMVS et son troisième barrage hydroélectrique.
Ainsi, avec la présente réalisation, l’OMVS vient d’aménager près de la moitié de ses sites de barrages hydroélectriques, a-t-il ajouté.
«Ce barrage a une puissance nominale installée de 140 MW et un productible moyen de 607 gigawatts. Son coût total d’environ 284 milliards de francs CFA dont 248,9 milliards de francs CFA financés par Exim-bank, de Chine 34,5 milliards de francs CFA par la société de gestion de l’énergie de Manantali (SOGEM). Cette production associée à celle de la centrale de Félou, augmentera la capacité de production de Manantali de 200 à 340 MW », a-t-il précisé.
Pour lui, ce barrage aura pour effet d’entraînement dans le secteur de l’énergie, dans l’espace OMVS, car, dit-il, pour faire transiter l’énergie de Gouina, l’organisation a mis en place un projet dénommé Manantali 2, et ce projet vise les objectifs suivants : augmenter la capacité de transit de l’énergie dans le réseau ; favoriser les échanges d’énergie dans le cadre du marché d’énergie sous régional ; et enfin renforcer les capacités de la SOGEM.
L’OMVS a, aujourd’hui, à son actif 4 ouvrages communs, à savoir le barrage de Diama construit en 1986 dans le Delta du fleuve Sénégal, à environ 26 km en amont de Saint-Louis, Diama est un ouvrage anti-sel qui empêche l’intrusion de l’eau de mer dans le fleuve. Il garantit, à cet effet, la disponibilité de l’eau douce pour l’irrigation, l’eau potable et le remplissage des lacs et dépressions.
Le barrage hydroélectrique de Manantali (200MW) réalisé en 1988 sur le Bafing et la centrale en 2002. Manantali est un barrage à buts multiples. Il permet la mise à la disposition du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal, d’une énergie d’environ 800 Gwh/an. Il joue également un rôle de régularisation des débits des eaux du fleuve contribuant ainsi au développement des cultures irriguées et de la navigabilité du fleuve Sénégal.
La centrale de Félou située à Kayes, au Mali, a été mise en service en 2013. D’une puissance installée de 60 MW, Félou permet le renforcement de la production hydroélectrique des États membres, mais également la valorisation du réseau interconnecté de Manantali.
Et, enfin, le barrage hydroélectrique de Gouïna dans la région de Kayes au sud du Mali inauguré ce samedi.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin