Quitter Bamako pour Kayes relève désormais d’un véritable parcours de combattant. Sur une distance estimée à 618,3 km, les usagers, avec des pincements au cœur, sont contraints de se frayer un chemin dans les ravins, la dégradation très avancée de la voie bitumée étant largement dissuasive de toute tentative de l’emprunter. Il urge donc de réhabiliter ce corridor, vital pour l’économie malienne.

 

C’est avec la peur au ventre que les usagers empruntent désormais la route Bamako-Kayes, assimilable à un couloir de la mort en raison de son état de dégradation avancée. Cet axe de 618,3 km était parcouru en 10 h 28 min. Aujourd’hui, ce timing passe à environ 15 heures d’horloge.

Sortis du tronçon Bamako-Kolokani, qui vient d’être rénové, les conducteurs doivent faire le choix de rouler sur des trous béants ou des ravins boueux. Un exercice ouvrant la porte à l’anarchie et à des risques d’accidents. Les dizaines d’engins, renversés sur leur flanc, tout long du trajet, traduisent bien les difficultés de circuler sur cette route internationale, qui assure le ravitaillement du pays, à partir de Dakar et de Nouakchott.

Obligés de circuler à des allures de tortue sur ce corridor, les véhicules, en l’occurrence,  les cars de transport en commun, sont désormais les cibles des bandits armés et des terroristes. Sur la série d’attaques sur le tronçon, celle  perpétrée au niveau de Diéma contre le convoi du Gouverneur de Kayes (un mort et deux blessés), Chef  de l’exécutif régional,  sort de l’ordinaire et interpelle les plus hautes autorités du pays sur  les risques réels encourus par les usagers.

Si rien n’est fait, il faut craindre la multiplication du nombre d’accidents et d’attaques. Les plus hautes autorités sont interpellées sur l’état défectueux de cette route qui a déjà suscité des commentaires acerbes et des indignations.  Quand on sait que plusieurs structures ont été créées pour la réalisation et l’entretien routier.

Les usagers s’interrogent aussi sur l’utilisation des recettes issues des postes de péage, d’autant que ces derniers mobilisent plusieurs dizaines de millions de FCFA par an !

 Sory Ibrahima COULIBALY, de retour de Kayes

Source: l’Indépendant