La Maison des Aînés de Bamako a accueilli, le 10 avril 2021, la rencontre élective de la Fédération Nationale des Producteurs de Lait (FENALAIT). Au cours de cette rencontre, les coopératives et Producteurs de Lait au Mali, ont mis en place un nouveau bureau de 46 membres avec à la tête, M. Idrissa Sidibé comme Président. Ce dernier nous a dévoilé les priorités de son mandat.
le Président bonjour !

Présentez-vous.

Je suis Idrissa Sidibé, Président de la Coopérative….

A partir d’aujourd’hui, je suis à la tête d’un bureau de 46 membres, dont 11 vice-présidents issus des différentes régions du Mali.

Quelles sont les priorités de votre mandat

Nous sommes élus pour un mandat de trois ans. Renouvelable une fois.

Notre première priorité, c’est d’avoir du lait en quantité et en qualité pour les Maliens. Et à travers cela, nous même, nous puissions améliorer notre condition d’existence à travers notre lait.

Mais ces priorités ne peuvent être atteintes que si nos animaux sont bien nourris et bien soignés. Donc, il y’a l’alimentation et la santé animale.

Qu’est ce qui fait que les Maliens se plaignent souvent de la qualité et de la quantité du lait produit au Mali ?

J’entends ça souvent. Mais ce que les Maliens ne savent pas, c’est que le lait en poudre qu’il consomme c’est loin d’être du lait de qualité. C’est un mélange de lait et de beaucoup plus de végétaux. Tout le monde le sait.

En disant cela, ils ne s’adressent pas aux véritables producteurs de lait que nous sommes. S’ils vont chez les commerçants qui prennent du lait en poudre et qu’ils transforment en lait frais, ça je les comprends. Mais je leur demande de s’adresser aux vrais producteurs de lait. Je défie qui conque, qui est consommateur de lait, qu’ils aillent goûter le lait de mon Centre et qu’ils me disent que ce lait n’est pas bon.

Est-ce qu’il vous arrivé d’avoir des stocks invendus.

Oui ! Nous avons deux périodes de mévente : de juin à juillet et en mois de décembre, quand il fait froid. Parce que nous ne faisons que la transformation primaire de notre lait. Si on transformait le lait que nous produisons en produits dérivés. C’est-à-dire en yaourt, en beurre …, vous allez voir qu’on n’allait pas avoir d’invendus. Heureusement que nous venons de commencer la construction d’une usine de transformation de lait dans le district de Bamako.

Quels conseils avez-vous à donner aux Maliens ?

Ce que je conseille aux Maliens, c’est de dire que, « ce que moi je produis, je sais ce que c’est. Mais ce qui vient de l’extérieur, est ce que je sais ce que c’est » ?

Un exemple terre-à-terre. Les boissons sucrées aujourd’hui. Quand vous prenez un jus de Dabléni. Vous savez ce que c’est. Mais quand vous prenez une autre boisson qui est constituée uniquement de la poudre chimique de l’eau gazeuse et du sucre, vous ne savez pas quels produits chimiques vous buvez.

Je souhaite que les Maliens aient ce raisonnement : « Moi, je prends que ce que je connais en priorité. Le reste, je peux chercher ailleurs… »

Un message pour l’État du Mali ?

Nous attendons de l’État, qu’il nous implique dans ce qui concerne sa politique d’élevage. Qu’il nous implique et qu’il nous écoute.

Je vous donne un exemple. On nous dit que vous ne pouvez avoir l’aliment subventionné que si vous faites partie d’une coopérative. C’est une bonne chose. Cela permet aux coopératives d’élargir leurs bases. Mais quand il s’agit de délivrer les bons pour enlever l’aliment subventionné, on nous dit non, c’est individuel.

Alors qu’est ce qui m’empêche moi en tant qu’individu, d’adhérer à une coopérative, prendre un bon et le vendre ailleurs ?

Si on responsabilisait les coopératives en disant : si vous tenez telle quantité d’aliments bétails, vous êtes responsables. S’il y’a des problèmes, vous payez.

C’est comme cela que moi, je vois l’attitude de l’État envers les acteurs.

Propos recueillis par Pépin Narcisse LOTI

Source :  Mali Demain

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