Comme précédemment annoncé dans la dernière parution la Cour d’assises a fait comparaitre A.A.M suspecté de blanchiment de capitaux et financement de terrorisme. Ces faits sont prévus et punis par les dispositions l’article 7 de la loi n°2016-008 du 17 mars 2016 portant loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Ce jeune homme frêle est suspecté d’avoir commis cette infraction criminelle courant 2014 et 2018. De sources judiciaires, nous avons appris que toute cette affaire faisait suite à l’existence d’un compte bancaire dont le nommé A.A.M était le propriétaire dans un des établissements bancaires de la place. Son statut d’enseignant du second cycle lui permettait cela.

Curieusement, le compte bancaire de ce maitre d’école recevait régulièrement des rentrées financières relativement plus ou moins importantes. Ainsi en deux ans, le dit compte a enregistré au crédit, une somme estimée à plus de 23,7 millions de FCFA. Après analyses des relevés de compte, il s’est avéré que le compte de l’enseignant faisait l’objet aussi bien d’opérations de versements, que de retraits effectuées par des tierces personnes.

Dès lors, de lourds soupçons commencèrent à peser sur lui. Par la suite, des enquêtes ont été menées pour comprendre davantage la vraie nature de cet enseignant. Elles ont permis de comprendre qu’en plus de sa profession d’enseignant, l’homme était promoteur d’un lycée privé au nom évocateur d’ANOURA (lumière en rabe). En approfondissant les enquêtes, il a été découvert que l’enseignant tissait un lien étroit avec un certain B.O.C qui, à son tour, avait un lien avec des groupes salafistes et narcotrafiquants.

L’incohérence entre les montants virés dans son compte et son activité déclarée, n’est pas passée inaperçu à la Cellule de traitement des informations financières. Celle-ci a finalement décelé des indices de blanchiment de capitaux. D’où la saisine du Procureur de la République, en charge du Pôle judiciaire spécialisés qui décida de l’ouverture d’une information judiciaire. C’est comme cela que l’enseignant a été suspecté d’avoir commis l’infraction criminelle sus citée.

En dépit du mandat d’arrêt émis contre lui, il n’a jamais pu être appréhendé. Mieux, l’information judiciaire n’a jamais pu établir un quelconque lien entre le suspect avec le milieu terroriste. Comme pour ne rien arranger dans cette affaire, la destination de l’argent qu’il recevait dans son compte est demeurée inconnue.

Au delà de tous ces faits, la Cour a constaté l’absence de l’accusé à l’audience. Après délibération des jurés, elle a condamné le suspect fugitif par contumace à 7 ans de prison ferme et au paiement de plus de 71 milliards de FCFA comme amendes. En outre l’accusé devra s’acquitter de la somme de 10 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts à l’État du Mali.

Tamba CAMARA

Source : L’ESSOR

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Comme précédemment annoncé dans la dernière parution la Cour d’assises a fait comparaitre A.A.M suspecté de blanchiment de capitaux et financement de terrorisme. Ces faits sont prévus et punis par les dispositions l'article 7 de la loi n°2016-008 du 17 mars 2016 portant loi uniforme relative à la lutte...