Les Assises nationales de la refondation, annoncées par le premier ministre Choguel Maïga pour début octobre, sont censées  accoucher de réformes consensuelles pour mettre en place les fondements d’un nouveau Mali. Au nombre de ces réformes un système électoral rénové, qui garantisse des élections transparentes, crédibles et apaisées, dont les résultats seront acceptés par tous, compétiteurs et électeurs.

 

Seulement voilà : l’idée même d’organiser ce forum est rejetée par une partie substantielle de la classe politique, réunie au sein d’un Cadre d’Echange pour une Transition Réussie au Mali. Au motif  qu’il sera une perte de temps, une occasion supplémentaire de gaspiller l’argent public, surtout un prétexte pour allonger la durée de la transition. Ce à des fins personnelles peu avouables et au risque de maintenir voire d’aggraver les sanctions internationales, économiques et sécuritaires, contre le Mali. Chose inacceptable pour ce mouvement qui revendique près de 80 partis et regroupements politiques.

Dans ces conditions, sauf retournement de situation  hautement improbable, les Assises sont compromises avant même de se tenir. Leurs conclusions n’engageront que ceux qui y auront participé et ce serait un miracle si une nouvelle contestation de rue ne s’installe dans le pays, qui pourrait remettre en cause le processus électoral de retour à un ordre constitutionnel normal et ouvrir la voie à des lendemains plus douloureux que la situation actuelle.

Face à cette perspective qu’aucun esprit sensé ne saurait souhaiter pour le Mali déjà si durement éprouvé, il serait raisonnable et pertinent d’aller vers des élections référendaire, présidentielle et législatives sur la base du dispositif électoral existant. En y apportant les améliorations nécessaires pour crédibiliser au mieux ces scrutins.

Le médiateur de la CEDEAO, Goodkuck Jonathan, s’inscrit dans cette trajectoire lorsqu’il appelle les autorités de la transition à respecter l’échéance de février 2022, jugeant inopportun d’engager des réformes politiques et institutionnelles dans le temps restant de la transition.

Un message qui est mal passé auprès de Choguel Maïga. Le chef du gouvernement est plus que jamais déterminé à organiser «ses» Assises, n’hésitant pas, pour ce faire, à remobiliser la jeunesse du M5-RFP qui promet d’être à ses côtés pour faire triompher le projet.

Du coup l’ombre de la division se précise sur ces Assises et fait craindre le pire.

Saouti HAIDARA

Source : l’Indépendant

MaliwebEditorial
Les Assises nationales de la refondation, annoncées par le premier ministre Choguel Maïga pour début octobre, sont censées  accoucher de réformes consensuelles pour mettre en place les fondements d’un nouveau Mali. Au nombre de ces réformes un système électoral rénové, qui garantisse des élections transparentes, crédibles et apaisées, dont...