La tendance fait débat sur les réseaux sociaux. Certains y voient une simple hypocrisie des jeunes filles et femmes, d’autres penchent plus pour un réel attachement aux valeurs islamiques

 

Le Ramadan, neuvième mois de l’année musulmane, a été, selon les érudits, décrété deux ans après l’Hégire par Allah, le Clément et Miséricordieux, Maitre des cieux et de la terre, l’Omniscient et l’Omnipotent pour étendre sa clémence et sa grâce sur les fidèles musulmans mais aussi absoudre leurs péchés. Dans le livre d’Abou Bakr Djaber Al- Djazaïri : «La voie du musulman», il est dit au chapitre des noms et attributs du Tout-Puissant que «Dieu se réjouit de la pénitence de l’homme beaucoup plus que quiconque». Ce qui justifie amplement l’intensification des actes cultuels par toutes les couches sociales et des deux sexes pendant le Ramadan.

Un constat empirique pendant ce mois de dévotion: les jeunes filles et les jeunes femmes adoptent une nouvelle mode vestimentaire. Elles portent le hidjab, la burqa, le niqab ou les foulards pour se couvrir entièrement ou une bonne partie du haut du corps. Cette tendance de s’habiller avec ces tissus recouvrant tout le corps de la femme fait débat sur les réseaux sociaux. Certains y voient simplement un phénomène de mode, une hypocrisie, d’autres apprécient à travers une expression de la foi. Les interlocuteurs que nous avons approchés ont exprimé des points de vue qui s’accordent sur le fait que le port de ces vêtements est plus ou moins une prescription religieuse.

Kodou Fifi Samassékou, gestionnaire de son état accorde plus d’importance à ce mois béni que tous les autres. Pour elle, la tendance vestimentaire pendant le Ramadan s’explique par les pesanteurs sociales, notamment les critiques acerbes, dont peuvent faire l’objet les jeunes filles ou jeunes femmes qui ont une attitude désinvolte, en termes d’habillement, mais aussi la peur de s’attirer les foudres des religieux et du Créateur de tous les mondes.

Il est aussi moralement malsain dans une société à majorité musulmane d’exposer son corps de femme au regard des hommes surtout encore lorsqu’ils observent le jeûne, explique la bonne dame. «Nous savons tous que l’islam recommande pour la femme de bien se vêtir. L’hidjab est une obligation pour toutes les femmes musulmanes en dehors même du mois de Ramadan. Il convient à cet effet d’intégrer qu’Allah, l’Apaisant, le Rassurant, le Prédominant, existe et reste Maitre absolu de tout ici-bas et à l’Au-delà», conseille Kodou Fifi Samassékou

Mariam Aldianabangou, chargée de communication et de plaidoyer au Conseil consultatif national des enfants et jeunes du Mali, partage le point de vue de la gestionnaire. Pour elle aussi, il est très clair que le Ramadan est un mois de dévotion, de repentir, de prières et d’invocation de la clémence divine afin qu’Allah guide nos pas sur le droit chemin et nous accorde la récompense suprême (le paradis). Elle renvoie même au Saint Livre qui recommande aux femmes de porter le voile. Malheureusement, explique la communicante, la gent féminine dans la globalité ne respecte pas cette prescription. Et de dire que d’autres jeunes filles s’essaient au port des habits recommandés par la religion par phénomène de mode ou simplement pour faire du «m’as-tu-vu».

Mohamed Gueye pense que durant le mois béni, les jeunes filles adoptent un style vestimentaire décent, en harmonie avec les valeurs islamiques et sociétales. Elles se couvrent, en tout cas pour certaines, de la tête aux pieds, évitent surtout les vêtements transparents ou collants.Elles cachent leurs épaules, poitrines, cheveux et jambes afin de ne pas éventuellement allumer le sexe opposé qui pourrait être croisé dans la rue, sur le lieu de travail ou dans les transports en commun par exemple.

Beaucoup d’autres personnes comme Nanamoye Koina, étudiante, portent aussi une bonne appréciation sur la tendance. «Je pense que cet effort fait par les jeunes filles et femmes mérite d’être salué et de s’inscrire dans la continuité parce qu’il leur permet de se rapprocher de Dieu et de s’abstenir de la nudité comme on le voit très souvent aujourd’hui», a martelé l’étudiante.

Noumouni Keïta, bloggeuse juge les critiques assez sévères à l’encontre des jeunes filles et des jeunes femmes qui se mettent en mode Ramadan. Pour elle, il n’y aucune raison de douter de leur sincérité puisque certaines d’entre elles amorcent ainsi, un véritable changement.

Mamadou Salé Coulibaly, estime que ce changement peut se traduire par beaucoup de choses. Il pousse l’analyse plus loin et évoque le complexe et l’ignorance. Il argumente. Les jeunes filles s’y conforment à la tendance pendant le mois de jeûne simplement du fait de la bonne appréciation portée sur celles qui se couvrent tout le corps. «Tu es une femme pieuse», «Tu mérites de figurer dans le lot des houris».

Ces commentaires sont très souvent faitssur les jeunes filles ou jeunes femmes qui portent le hijab. M Coulibaly pointe un doigt accusateur sur la gent féminine qui croit par ignorance qu’elle doit agir avec pudeur pendant ce mois béni et s’autoriser de la vulgarité pendant le reste de l’année.

Tous nos interlocuteurs s’accordent pour apprécier la tendance qui met, selon eux, en valeur la pudeur de la femme et mérite d’être encouragée.

Noumouni Assitan KONE

Source : L’ESSOR

MaliwebEditorialSociété
La tendance fait débat sur les réseaux sociaux. Certains y voient une simple hypocrisie des jeunes filles et femmes, d’autres penchent plus pour un réel attachement aux valeurs islamiques   Le Ramadan, neuvième mois de l’année musulmane, a été, selon les érudits, décrété deux ans après l’Hégire par Allah, le Clément...