L’Affaire des 49 militaires ivoiriens arrêtés à Bamako et présentés comme des ‘’mercenaires’’ par les autorités maliennes continue de dominer l’actualité au Mali et en Côte d’Ivoire. Cette affaire qui s’est invitée à la 77e session de l’Assemblée générale de l’ONU fait actuellement l’objet d’une médiation menée par des Chefs d’État de la CEDEAO. En plus des différentes démarches diplomatiques pour trouver une issue favorable, une délégation de la société civile ivoirienne est venue solliciter l’implication du Chérif de Nioro du Sahel. Face à ce ballet diplomatique, la médiation ne risque-t-elle pas d’éteindre l’action pénale ?

 

Après plusieurs réactions des autorités malienne et ivoirienne, à travers des communiqués qui défraient la chronique de depuis plus de deux mois maintenant, l’affaire des ‘’mercenaires ivoiriens’’ détenus au Mali peine à connaître un dénouement. La Cour d’Appel de Bamako a instruit l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur cette affaire rocambolesque. Bien que l’affaire soit entre les mains de la Justice, la diplomatie continue son petit bonhomme de chemin. C’est dans ce cadre qu’une délégation de la société civile ivoirienne a séjourné cette semaine à Nioro du Sahel pour plaider l’implication du Chérif Bouyé HAIDARA. Médiation et justice feront-elles bon ménage ?
En tout cas, le Premier ministre par intérim, le Colonel Abdoulaye MAIGA, a clairement indiqué que le gouvernement n’est pas bien placé pour s’impliquer dans les affaires judiciaires. Donc, ce qui veut dire qu’en plus de la Justice, seul le Président de la transition, le Colonel Assimi GOITA, peut débloquer cette situation, en sa qualité de président du conseil supérieur de la magistrature.
Dans une interview accordée à nos confrères de l’ORTM, le Premier ministre par intérim a déploré le fait que le Mali ait été l’objet d’une combine par rapport au dossier des 46 mercenaires ivoiriens.
« Nous avons assisté à la synchronisation, à une mise en scène et à l’harmonisation des éléments de langage pour faire passer notre pays du statut de victime à celui de coupable. Ce que nous avons dit relève de la logique. Vous ne verrez dans aucun pays du monde où des militaires peuvent débarquer sans autorisation avec des armes. Mais forcément, si les autres ne l’acceptent pas, pour quelle raison voudraient-ils que le Mali l’accepte. Ce n’est pas possible. Mais ceci ne veut pas dire que nous sommes fermés au dialogue », a clarifié le chef du gouvernement.
Par ailleurs, il a fait comprendre que c’est un dossier judiciaire, et que le gouvernement n’est pas du tout bien placé pour s’impliquer dans les questions judiciaires.
« Le Président de la Transition, le Colonel Assimi GOITA, en plus d’être chef suprême des armées, chef de l’État, il est également le président du conseil supérieur de la magistrature », a-t-il souligné.
Aux dires du PMI, ‘’dorénavant des approches consistant à nous taire et à subir des assauts et adversités, des injures ne passeront pas’’. Il est catégorique à dire que le Mali ne peut pas accepter au 21e siècle d’être insulté. ‘’Vous ne verrez pas un seul communiqué de la transition dans lequel nous ingérons dans le dossier des autres, nous ne le faisons pas, c’est des principes élémentaires des relations internationales. Donc on ne peut pas accepter que les autres s’ingèrent dans nos affaires intérieures’’, a tranché Abdoulaye MAIGA.
C’est dire que ça soit à travers la voie diplomatique ou judiciaire, les autorités de la transition sont prêtes à trouver une solution à cette affaire dite ‘’ des mercenaires ivoiriens’’. La seule chose sur laquelle les autorités ne montrent catégoriques est relative au respect du Mali et ses valeurs.

PAR MODIBO KONÉ

Source : Info-Matin