Après 9 ans d’intervention sans succès, le dernier détachement de Barkhane a quitté le sol malien ce lundi 15 août 2022. «Ce jour à 13 heures, (heures de Paris) le dernier détachement de la force Barkhane présent sur le sol malien a franchi la frontière entre le Mali et le Niger», a fait savoir l’état-major des armées françaises. Si ce départ a été clamé et obtenu par les autorités et les forces vives du Mali, force est de constater que ce n’est pas une panacée en matière de lutte contre le terrorisme au regard des périls qui menacent la nation entière. Quel serait l’impact de ce départ sur la situation sécuritaire de notre pays ?

 

En tout cas, la dégradation de la situation sécuritaire au Mali semble s’accélérer depuis plusieurs semaines avec une multiplication des attaques des groupes djihadistes contre les FAMa. À Tessit, la semaine dernière, des affrontements ont coûté la vie à 42 soldats maliens.

Sur internet, un flot de rumeurs accusait la France de complicité avec les ennemis de la paix dans notre pays. Et des manifestations réclamant le départ de Barkhane sans délai ont été organisées ce dimanche à Gao.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au Mali, la France n’était plus la bienvenue depuis des mois.

Avec ce départ acté, aucune opération ne sera menée au Mali, laissant les FAMa et leurs alliés russes seuls face au terrorisme.

À présent les regards sont tournés vers les FAMa et alliés pour sauver le Mali qui est sous occupation djihadiste depuis 2012.

Une tâche qui s’annonce difficile au regard de la recrudescence des attaques. Visiblement, sans risque de se tromper, on peut dire que c’est le plus difficile qui commence. Car, selon les chiffres de certaines ONG spécialisées, plus de 2 000 civils ont été tués au Mali, au Niger et au Burkina Faso depuis le début de l’année, soit déjà plus que les 2021 recensés pour toute l’année 2021.

En tout cas, pour le Mali et ses autorités, ce départ est considéré comme étant la fin de la fuite en avant, de la fuite de responsabilités ou de la politique de boucs émissaires.

Depuis un certain temps, les jours passent et se ressemblent à s’y méprendre au cycle vertigineux de l’enchevêtrement des affaires et des épreuves, plus douloureuses et plus mortifères les unes que les autres.

Pour surmonter ces épreuves, le Peuple malien doit se mobiliser comme un seul homme derrière les FAMa. Et c’est à ce niveau que le bât blesse.  Car, visiblement au niveau de la classe politique, on est bien loin de prendre conscience d’une quelconque gravité de la situation.

Visiblement attirés par la guerre de positionnement, les leaders de la classe politique, dans leur majorité, ne semblent pas se rendre compte de leurs propres infirmités morales en critiquant le gouvernement de quelques incompétences depuis la publication du chronogramme des élections.

Le seul espoir, c’est que les efforts des autorités de la transition qui ont abouti à la montée en puissance des forces de défense et de sécurité maliennes qui assurent aujourd’hui, presque seules, la défense et la sécurité des populations et leurs biens.

Pour rappel, l’intervention militaire française au Mali, à l’époque nommée « Serval », avait débuté le 11 janvier 2013, sous la présidence de François Hollande, en réaction à la prise du nord du pays par des groupes armés islamistes. En neuf ans de présence au Sahel, l’armée française qui a perdu 59 militaires au Mali quitte notre pays avec un constat d’échec, selon plusieurs observateurs.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin