Dans un communiqué rendu lundi dernier, la ministre de la Santé et du Développement social, Diéminatou CISSE, dit déplorer les publications des cas des maladies de personnes en situation défavorable sur les réseaux sociaux en vue de demander de l’aide pour que ces malades aient accès à des soins adéquats. Cette sortie ratée du ministre de la Santé et du développent nous pousse à nous poser la question si elle au parfum des réalités du système de santé au Mali, et si Mme le ministre en charge du développent social est consciente de la capacité de l’État malien à prendre en charge les soins de tous ces millions de Maliens en situation défavorable ? 

 

Dans ledit communiqué, le ministre de la Santé rappelle à l’opinion nationale et internationale l’existence du Régime d’Assistance médicale (RAMED) pour assurer la prise en charge gratuite des frais de soins qui sont dispensés dans les hôpitaux et centres publics de santé, les centres de santé de référence, les centres de santé  communautaire, les établissements publics  d’analyses médicales, le service de santé relevant de l’État au profit des indigents et d’autres cas de personnes en situation de précarité. Au regard de cette réaction, on est en droit de se demander, si Mme la Ministre, professionnelle de santé de surcroît connaît réellement les réalités du terrain. Nous osons répondre qu’elle a dû vite oublier.

Comme pour enfoncer le clou, Mme la Ministre de la Santé et du Développement social recommande à toute personne témoin de ces cas, de prendre contact avec l’ANAM qui est l’organisme chargé de la gestion du RAMED, procéder à leur immatriculation et prise en charge médicale.

Pourtant, rares sont les structures de santé citées par Mme la Ministre dans son communiqué où les agents de l’ANAM sont présents au Mali.

Il n’est pas rare de voir les Maliens mourir par faute de soin adéquat dans les centres de santé publics, en raison du  manque de moyens financiers.

Pire, dans un passé très récent, tous usagers des réseaux sociaux au Mali ont vu un Malien couché à même le sol au portail de l‘hôpital du point G. Il a fallu déclencher une chaîne de solidarité dans une promptitude inégalée pour que le cinquantenaire puisse être pris en charge dans les conditions humaines, malgré la présence de l’ANAM dans ce centre universitaire et hospitalier. Pourtant, à l’époque, l’équipe du Mali Kura bel et bien aux affaires, y compris Mme la Ministre de la Santé.

La preuve, les opérateurs économiques, et d’autres ONG participent à cet élan de solidarité en longueur de journée, suite à une publication sur des plateformes de réseaux sociaux. Le cas de Barouni GAMBI, qui avait de beaucoup de millions pour se sauver sa vie.

Nous nous demandons en quoi ces appels à la solidarité agacent les plus hautes autorités de notre pays au point de les condamner officiellement.

Surtout quand on sait que plus de 75% des malines vivent au seuil de la pauvreté.

Pourtant, même dans les pays développés, il n’est pas rare de voir de tierces personnes et des ONG venir en aide au plus démunie pour soulager le poids de l’État dans la prise en charge de certains cas dont le traitement exigence beaucoup de moyens.

Encore, pour rafraîchir la mémoire de nos plus hautes autorités, nous rappelons que l’élan de solidarité pour les soins médicaux de personnes démunies existe partout dans le monde. Et il n’est pas rare de voir ces gens de sujet inonder les des réseaux sociaux.

D’ailleurs, forte est de constater que c’est à la suite de ces genres de messages que les solutions sont concrètes et immédiates sont obtenues.

Comme exemple, nous pouvons citer le cas du bateau ‘Mercy Ship ‘’communément appelé le bateau de l’espoir.

En effet, l’ancien ferry danois transformé en hôpital flottant dispose de six salles d’opération ultra modernes, de scanners, d’une structure de soins intensifs et d’un laboratoire.

À son bord, des chirurgiens, mais également des médecins spécialisés ; tous volontaires. Ils y travaillent sans aucune prétention pécuniaire. 78 malades peuvent y être hospitalisés et 7000 interventions chirurgicales y sont réalisées chaque année  notamment le traitement de fentes labiales et/ou palatines, des cataractes, des strabismes, orthopédie, reconstruction faciale, lutte contre le sida, etc.

C’est grâce également aux  SOS que l’hôpital le ‘’Luxembourg’’ et ladite ONG identifient les cas urgents des enfants démunis, malades de cœur.

En tout état de cause, les observateurs pensent que Mme la Ministre doit faire preuve de réalisme en la matière en laissant les choses dans leur contexte. Puisque l’euphorie de Mali Kura n’est pas synonyme d’orgueil.

PAR CHRISTELLE KONE

Source : Info-Matin

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Dans un communiqué rendu lundi dernier, la ministre de la Santé et du Développement social, Diéminatou CISSE, dit déplorer les publications des cas des maladies de personnes en situation défavorable sur les réseaux sociaux en vue de demander de l’aide pour que ces malades aient accès à des soins...