Il est 7 h 30 au niveau du rond-point de Daoudabougou sur l’avenue de l’OUA ce lundi 12 avril. La circulation était dense. Il y a avait un énorme bouchon. La file d’attente était longue de plusieurs mètres. Chacun voulait se frayer un passage. Pour se frayer un passage, certains motocyclistes ont quitté la piste cyclable pour emprunter le trottoir. Un élément de la CCR tentait de les dissuader. Il a été très vite dépassé pas par le nombre de motocyclistes indisciplinés, mais pas seulement par la quantité, mais la qualité de ceux-ci. Parmi les nouveaux arrivants, un FAMa se trouvait à la tête. À la vue de ce militaire qui empruntait le trottoir à vive allure, plusieurs motocyclistes l’ont imité jusqu’au niveau du policier. Celui-ci n’a pas bronché.

Comme si cela ne suffisait pas, deux autres FAMa sur une moto Djakarta emprunteront le passage des automobilistes. Ils ont été aussi accompagnés par d’autres motocyclistes. Histoire de dire : “Ils ont violé l’interdit, nous aussi”.

Dépassé par ce comportement, notre policier secoua la tête et fit signe à son collègue d’arrêter la circulation de l’autre sens pour permettre aux usagers de l’autoroute d’avancer. Cette situation a poussé les piétons à déambuler entre les motocyclistes et les automobilistes pour trouver un passage inexistant parce que occupé par des gens qui ont choisi délibérément la voie de l’indiscipline. Nul n’ignore que le trottoir n’est pas fait pour rouler ou stationner. Nul n’ignore que les règles de la circulation sont faites pour être respectées et le policier est là pour veiller.

Le comportement de ces porteurs d’uniformes a enlevé au policier tout pouvoir de sanction. Ne pouvant pas sanction les éléments FAMa, il s’est vu contraint de laisser les autres violer l’interdit. Ce qui exposait les piétons aux dangers. Le responsable de cette situation n’est autre que ces porteurs qui ont décidé, à cause de leur statut de militaire, de violer les codes de la route et d’exposer la vie des gens qu’ils sont censés protégés. Quelle indiscipline !

L’indiscipline qui règne dans la circulation routière n’est rien d’autre que le résumé  de celle de notre  peuple. Pouvons-nous aspirer à l’émergence, sans se départir de ce mal. Disons le haut et fort ! Nous ne sortirons jamais du ravin du sous-développement tant que nous ne cesserons de nous caresser dans le sens du poil.

Notre goût prononcé de la ruse, de la malice, du viol de la règle établie, de la propension à nous croire plus pressés, au point de devoir user, par tous les moyens de raccourcis, constitue le levier de notre marche à reculons. Tâchons de revenir à la raison ! N’imitons pas les mauvaises pratiques dans la circulation !

 Moussa Kobba

Source: Aujourd’hui-Mali

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Il est 7 h 30 au niveau du rond-point de Daoudabougou sur l’avenue de l’OUA ce lundi 12 avril. La circulation était dense. Il y a avait un énorme bouchon. La file d’attente était longue de plusieurs mètres. Chacun voulait se frayer un passage. Pour se frayer un passage,...