L’expatrié a accepté d’engager un compatriote pour collaborer avec lui dans son domaine d’activité. Très en colère contre le comportement de son patron l’employé n’a pas hésité à mettre le feu au magasin de celui-ci.

 

Courant 2019, MD était suspecté d’incendie volontaire. Sa victime est SS, son employeur à qui appartenait un magasin auquel il a mis le feu pour une histoire d’argent. Par la suite, le jeune homme a été coincé, interpellé et renvoyé en Cour d’assises pour y être jugé conformément à la loi.

SS est un de nos compatriotes installé en France d’où il s‘est lancé dans le commerce de divers articles de friperie, notamment des vêtements et chaussures qu’il envoie au pays pour y être vendus. Pendant qu’il exerçait cette activité, il a été approché par MD. Ce dernier lui a proposé d’être son collaborateur.

Autrement dit, MD a manifesté son désir ardent de travailler avec l’expatrié. Celui-ci n’a pas fait de cela un problème. Bien au contraire, il a apprécié la démarche du jeune homme qu’il a accepté d’accueillir sous son toit dans le cadre commercial. Leur relation était désormais un rapport « employeur-employé ».

Le temps passant, une confiance s’est installée entre les deux hommes. Dans cette atmosphère de confiance mutuelle, le « France Man » n’a pas hésité à mettre la main de son employé dans la patte, comme on le dit. C’est ainsi qu’un jour, il lui a remis 120 paires de chaussures à écouler sur le marché. Le prix de vente totale des chaussures était estimé à 120.000 Fcfa. L’employé et son patron ont tout clarifié puis les deux se sont accordés sur çà. Voilà qui est tout à fait claire.

Quelques jours plus tard, l’employé de commerce s’est lancé dans la conquête de clients pour écouler les articles. Mais malheureusement, la chance n’était pas de son côté ce jour-là et il n’a pu vendre que quelques paires de chaussures. La totalité de l’argent qu’il a encaissé pour cette vente était de 70.000 Fcfa. Curieusement, sur cette somme, le jeune homme n’a remis à son chef que 30.000 Fcfa, en plus de la marchandise invendue. Ce jour-là, l’expatrié n’était pas du tout content de son petit commerçant. Mécontent, il s’est rendu au domicile de son employé avec la ferme volonté qu’il lui remette le reste de ses sous.

Furieux contre son patron
Lorsqu’il est arrivé chez le jeune homme, pour une première fois, il l’a porté absent à la maison. Il ne voulait pas du tout enchaîner les va-et-vient chez son petit commerçant. Dans le feu de l’action, la solution qui lui a semblé la plus facile et logique, c’était de laisser le message à l’épouse de son jeune collaborateur pour que celle-ci le lui transmette dès son retour à la maison. C’était l’erreur à ne commettre sous quel que prétexte que ce soit.

Il a suffit que le commerçant expatrié agisse de la sorte pour que MD pique une vive colère, lorsqu’il a eu échos du message. Durant des heures, il ne digérera pas le fait que son patron se soit rendu chez lui à son domicile pour expliquer cette situation à son épouse. Furieux, il a tout de suite imaginé un plan pour se venger de son chef. Quelques heures après, il est retourné dans le magasin avec la ferme intention d’en découdre avec lui. Lorsqu’ils se sont vus, les deux ne se sont pas battus certes.

Mais l’employé de commerce a fait des remontrances à son patron pour son comportement qu’il a qualifié de désagréable. Les choses auraient pu s’arrêter là si le jeune homme n ‘avait pas autre chose derrière la tête.

Dans la nuit du 21 novembre 2019, aux environs de 1 heure du matin, des informateurs ont informé par téléphone le commerçant qui dormait tranquillement chez lui. Ils lui ont brièvement brossé la situation dramatique qui sévissait dans son local commercial.

En fait, le magasin était en feu. Un gigantesque incendie s’y était produit. Heureusement, cette nuit-là, il y a eu plus de peur que de mal. Les voisins, témoins de l’incendie se sont portés volontaires pour circonscrire les flammes. Et l’intervention des sapeurs pompiers, ces soldats du feu a permis de maîtriser l’incendie. Dans la foulée, les policiers du 7è arrondissement ont rapidement rallié les lieux pour faire constat.

Ils ont recueilli de nombreux témoignages et déclarations. Ce qui les obligea à orienter les enquêtes vers MD, le jeune collaborateur de la victime. Quelques jours plus tard, ce dernier sera interpellé pour clarifier de lourds soupçons qui pesaient sur lui quant à son implication dans l’incendie du magasin de son patron. C’est ainsi que le jeune homme a été interpellé et conduit dans les locaux de la police pour audition. Il a résisté durant des heures certes. Mais il a finalement craqué pour passer aux aveux. Dès lors une procédure judiciaire était engagée contre lui pour « incendie volontaire ».

Manifestation de profond regret
Durant toute la procédure le suspect a reconnu les faits. Même à la barre, il n’a pas cherché à se disculper. Il est resté constant dans sa logique d’aveu. Mais, très vite, il a tenté d’attendrir le cœur des jurés en manifestant son « profond regret » d’avoir agi ainsi. Il ne lui restait plus qu’à s’expliquer sur les raisons qui l’ont poussé à agir de la sorte. C’est ainsi qu’il a expliqué les faits tels que relatés plus haut à la virgule près.

Il a reconnu qu’il devait effectivement un reliquat de 40.000 Fcfa à son ex-employeur. Mais, il avait désapprouvé la manière dont celui-ci s’était comporté en allant expliquer son comportement à son épouse à la maison. Devant les jurés, le suspect s’est défendu, soutenant mordicus qu’il avait à maintes reprises, mis son employeur en garde contre de tels comportements. Mais sans succès. Dans la même veine, il a mis son acte sur le compte de la colère qui, selon lui, l’avait dépassé une fois qu’il avait appris que son « patron » était passé pour raconter l’histoire d’argent à son épouse jusqu’à son domicile. D’où cette vengeance.

Présente dans la salle en sa qualité de partie civile, la victime est passée à la barre pour donner sa version des faits. Et comme il fallait s ‘y attendre, il n’a fait que charger l’accusé à la barre. Visiblement très en colère contre ce jeune homme qui lui devait de l’argent, l’homme était quasiment hors de lui-même. Il imaginait difficilement qu’en plus des 70.000 Fcfa qu’il lui devait, l’incendie volontaire a occasionné une perte estimée à environ 7 millions de Fcfa.

Indépendamment de cette perte sèche, la victime précise qu’au moment où il l’employait, il donnait quotidiennement en fin de journée, à son ex-employé entre 2.500 et 3.000 Fcfa pour sa ration journalière, comme pour dire que cet homme n’avait aucune raison de s’en prendre à sa boutique et son contenu de marchandises.

Pour le parquet général, les faits sont clairs. Selon le magistrat, à la lumière des débats, tout laisse à penser que l’accusé avait volontairement mis le feu au magasin de son employeur. Ainsi, sans chercher de midi à quatorze heures, il a fait appel à l’article 305 et alinéas et, a déclaré l’accusé coupable des faits.

L’avocat de la défense, quant à lui, s’était retrouvé devant les faits accomplis. Il a sollicité la mansuétude de la Cour avant de plaider pour des circonstances atténuantes au profit de son client. Par la suite le parquet a requis de condamner le suspect à 5 ans de prison. Lorsque la défense est revenue à la charge, c’était pout solliciter une peine plus légère. Après délibération, la Cour a condamné l’inculpé à 5 ans de prison et au paiement de 7,5 millions de Fcfa à titre de dommages et intérêts.


Tamba CAMARA

Source : L’ESSOR

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