Dans un article publié sur son site officiel, le 24 août dernier, le Reporters sans frontières s’est dit consterné du non-respect de l’engagement des Talibans à protéger les journalistes et la liberté de la presse. Un engagement pris publiquement par les nouvelles autorités lors d’une conférence, a annoncé RSF.

« Nous respecterons la liberté de la presse parce que l’information sera utile à la société et, en même temps, pourra permettre de corriger les erreurs des dirigeants. Via cette déclaration à RSF, nous déclarons au monde que nous reconnaissons l’importance de la place des médias », avait déclaré le porte-parole Zabihullah Mujahid, le 15 août dernier, au cours d’une conférence de presse.

Le Reporters sans frontières déplore, en effet, le non-respect de cet engagement pris par les Talibans publiquement. « Publiquement, les talibans se sont engagés à protéger les journalistes et à respecter la liberté de la presse. La réalité est déjà tout autre. Le nouveau pouvoir à Kaboul impose d’ores et déjà des contraintes très dures sur les rédactions, même si elles ne sont pas officielles », peut-on lire sur le site de l’instance de défense des droits des journalistes et de la liberté de la presse (RSF).

Selon le RSF, la liste des obligations pour les journalistes s’allonge un peu plus chaque jour. Et cela, seulement quelques jours après la déclaration du nouveau pouvoir de Kaboul, qui s’engage de respecter de la liberté de la presse dans le pays. le secrétaire général de l’institution, Christophe Deloire a déclaré, « officiellement, les nouvelles autorités afghanes n’ont pas édicté de règle officielle, mais les médias et les reporters sont soumis à l’arbitraire ». Il poursuit en posant une interrogation, « les talibans sont-ils déjà en train de tomber le masque ? Nous leur demandons de garantir les conditions permettant l’exercice d’un journalisme digne de ce nom », a-t-il laissé entendre.

Par ailleurs, l’instance annonce que les chaînes privées afghanes qui diffusent encore dans la capitale, subissent au quotidien des menaces. Le Reporters sans frontières a ainsi rapporté le témoignage de certaines victimes des Talibans qui affirme être inquiétés dans l’exercice de leurs fonctions. « En une semaine, les talibans ont battu cinq journalistes et cadreurs de notre chaîne », explique un producteur d’une chaîne privée de télévision nationale au RSF. Il poursuit en disant, « ils contrôlent tout ce que nous diffusons. Sur le terrain, les commandants talibans prennent systématiquement les numéros de nos reporters. Ils leur disent : quand vous préparerez votre sujet, vous dites ceci et cela. S’ils disent autre chose, ils sont menacés ».

Outre cela, depuis la prise de pouvoir des talibans, la musique est interdite dans le pays et les femmes n’ont plus les droits de travailler, notamment dans le monde de la presse. Toujours dans ce rapport de RSF, un directeur d’une Radio privée au nord de Kaboul a affirmé la mainmise de nouvelles autorités sur l’information qui a fini par fermer son média. « Il y a une semaine, ils nous ont dit “vous pouvez travailler librement à condition de respecter les règles islamiques (pas de musique et pas de femmes)”, mais ils ont commencé à nous ‘’guider’’ sur les informations que nous pouvions ou pas diffuser et sur ce qu’ils considèrent comme une information juste », a-t-il laissé entendre.

À noter que l’Afghanistan se situait à la 122ème place sur 180 pays, lors de de la publication de l’édition 2021 du classement mondial de la liberté de la presse de RSF.

Ibrahim Djitteye

Source: LE PAYS

MaliwebInternational
Dans un article publié sur son site officiel, le 24 août dernier, le Reporters sans frontières s’est dit consterné du non-respect de l’engagement des Talibans à protéger les journalistes et la liberté de la presse. Un engagement pris publiquement par les nouvelles autorités lors d’une conférence, a annoncé RSF. « Nous...