Suite à l’annonce du nouveau gouvernement intérimaire par les talibans exclusivement composé uniquement de membres du mouvement islamiste et sans femmes, des manifestants ont envahi les rues, le mercredi 8 septembre, pour exprimer leur mécontentement face à cette décision. Et notamment des groupes de femmes.

Après la reprise du pouvoir par les talibans en Afghanistan, le 15 aout 2021, les femmes afghanes témoignent leurs craintes et inquiétudes face aux talibans. Leur plus grande préoccupation est de ne pas faire un retour de vingt ans en arrière, quand elles ne pouvaient pas travailler, étudier ou vivre en toute liberté. Par ailleurs, le traitement des femmes serait une ligne rouge pour l’ONU. « Une ligne rouge fondamentale sera la façon dont les talibans traitent les femmes et les filles. Conformément aux normes internationales en matière de droits humains, leurs droits à la liberté de mouvement, à l’éducation, à l’expression personnelle et à l’emploi doivent être respectés », a déclaré Michelle Bachelet, la Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, lors d’une réunion spéciale du conseil des droits de l’homme sur l’Afghanistan.

Depuis le retour au pouvoir des talibans, les Afghanes craignent de ne pas pouvoir retourner à l’école ou à l’université, comme c’était le cas dans les années 1990. Mina une manifestante, qui a participé à plusieurs manifestations qui ont lieu à Kaboul contre les talibans au cours de ces derniers jours raconte, « Je n’ai pas eu peur la première fois et les talibans ne nous ont pas arrêtés ce jour-là, mais ce n’était pas le cas pour la deuxième fois. J’ai eu peur quand les talibans ont commencé à frapper les femmes et à lancer des gaz lacrymogènes. J’ai vu une manifestante grièvement blessée parce qu’un taliban l’avait frappée à la nuque avec un câble électrique. Ils nous maltraitaient, nous traitaient de prostitués et disaient que nous étions soutenues par les États-Unis », rapporte Radio France Internationale.

Manija, poète et militante de la société civile, alors qu’elle filmait la marche féministe à laquelle elle participait à Kaboul, a été fouettée à la nuque par les talibans, le mercredi. « J’ai pu me battre contre ma famille pour mes droits, je peux certainement me battre contre les talibans, depuis leurs arrivés, je sors sans raison, juste pour leurs montrer qu’ils ne peuvent pas m’enfermer à la maison. Je veux leurs dire que j’ai pu faire face à ma famille, alors je peux certainement leur faire face », argue-t-elle sur RFI. Par ailleurs, la poète s’est dit convaincue que les talibans se montreront de plus en plus violents, « je n’ai plus aucun espoir pour l’Afghanistan », a-t-elle laissée entendre.

Les Afghanes ne sont plus celles d’il y a 20 ans, personne ne peut les arrêtés. Cependant Alison Davidson, représentante adjointe de l’ONU femmes en Afghanistan, estime que « les talibans ont manqué une opportunité très importante de montrer au monde entier qu’ils sont engagés dans la construction d’une société inclusive et prospère. Tous les jours nous recevons des rapports faisant état de reculs concernant les droits de femmes. Il est interdit aux femmes de quitter leurs domiciles sans être accompagné par un homme de la famille », a-t-elle indiqué sur les antennes de nos confrères de RFI.

Selon ses dires les femmes ont cessé d’aller travailler dans certaines provinces par crainte d’être intimidée voire brutalisée par les nouvelles autorités Afghanes. Mme Davidson poursuit en disant, « des centres dédiés à la protection et d’aide aux femmes qui ont fui des violences, ont été attaqués. Les organismes qui accueillent des journalistes sont saturés. Toutes les attentions sont tournées vers l’Afghanistan aujourd’hui, mais ce ne sera pas toujours le cas. Il est donc primordial que la communauté internationale continue de défendre et d’exposer la situation des femmes dans ce pays », a exhorté la représentante adjointe de l’ONU femmes.

Mariam Guindo, Stagiaire

Source: LE PAYS

MaliwebInternational
Suite à l’annonce du nouveau gouvernement intérimaire par les talibans exclusivement composé uniquement de membres du mouvement islamiste et sans femmes, des manifestants ont envahi les rues, le mercredi 8 septembre, pour exprimer leur mécontentement face à cette décision. Et notamment des groupes de femmes. Après la reprise du pouvoir...