Réforme des retraites : Emmanuel Macron temporise sur la méthode mais garde le cap d’une loi votée cet hiver

Après un dîner avec les dirigeants de sa majorité, le chef de l’Etat privilégie désormais un projet de loi à part entière, qu’il espère faire voter d’ici à janvier 2023, plutôt qu’un amendement au PLFSS dès octobre.

Un dîner pour mettre toutes les options sur la table. Et trancher. A l’Elysée, autour d’un plateau de fruits de mer composé d’huîtres, de bulots et de crevettes, les vingt et un convives se sont comptés, mercredi 28 septembre. A la recherche d’une voie de passage pour réformer les retraites, Emmanuel Macron a réuni les dirigeants de sa majorité – ministres de poids, chefs de groupe à l’Assemblée nationale et au Sénat, présidents de partis, dont la liste n’a pas été communiquée – pour prendre le pouls de son propre camp.

L’allongement de la durée du travail sera-t-il inscrit par un amendement dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) dès octobre ? Ou en janvier 2023 dans un PLFSS rectificatif, pour se laisser le temps d’une concertation mais aussi, comme pour tout texte financier, la possibilité d’actionner le 49.3 ?

C’est finalement la méthode classique, d’apparence moins brutale, qui a été retenue : présenter la réforme des retraites dans un projet de loi spécifique et voté durant l’hiver, fin 2022 ou au tout début de 2023. Laissant un interstice pour la concertation, tout en confirmant l’objectif de reculer l’âge de départ à 65 ans.

Cette voie médiane n’était pas évidente. Soudés derrière le chef de l’Etat, sept convives ont d’abord plaidé pour « aller vite » par un amendement au PLFSS. François Patriat, chef de file du groupe macroniste au Sénat, est de ceux-là. « Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, reculer toujours, c’est perdant-perdant », expliquait peu avant les agapes l’élu de la Côte-d’Or, qui redoute les critiques en immobilisme.

Son homologue à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé, a affirmé la cohésion du groupe Renaissance derrière cette idée. « Il n’y a pas d’agenda caché, le sujet a été largement débattu pendant la campagne électorale », avait-elle fait valoir la veille. Convaincus qu’une réforme difficile à avaler aujourd’hui paraîtra encore plus pénible demain, les ministres Bruno Le Maire (économie), Gabriel Attal (budget), Gérald Darmanin (intérieur), Olivier Véran (porte-parole) ont plaidé pour accélérer. De même que Stéphane Séjourné, le nouveau chef du parti présidentiel.

François Bayrou isolé, Edouard Philippe en retrait

Prudente, la première ministre, Elisabeth Borne, a tenté de freiner face aux défenseurs de la voie rapide. A Matignon, ses services ont fait preuve de créativité légistique ces derniers jours pour imaginer une troisième voie, celle d’une réforme inscrite dans un « PLFSS bis », un budget social rectificatif. Olivier Dussopt (travail), Franck Riester (relations avec le Parlement) et Richard Ferrand (ex-président de l’Assemblée nationale) ont choisi cette porte de sortie, qui a le mérite de ne pas faire perdre la face à François Bayrou, l’allié mécontent du MoDem, placé juste en face du chef de l’Etat et à côté d’Aurore Bergé, fervente partisane de la réforme express.

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