La concurrence déloyale, des équipements défectueux, la corruption, ce sont là entre autres les griefs de l’Association des Entreprises professionnelles de forages d’eau du Mali. Le vice-président de cet organisme, Hamedi Ag Ahmed, lance un cri de cœur et interpelle les autorités sur la nécessité et l’urgence de réorganiser le secteur.   Lisez plutôt !

Azalaï Express : Quels sont les défis auxquels le secteur de l’eau est confronté au Mali ?

Hamedi Ag Ahmed : Les défis auxquels le secteur de l’eau est confronté au Mali aujourd’hui, sont très nombreux. Notre association des entreprises professionnelles de forage d’eau du Mali porte seulement son regard sur une très infime partie du grand secteur de l’eau, que sont les forages d’eau. Le problème le plus récurrent et le plus saillant auquel on fait face, est la prolifération des entreprises, qui je pense évoluent dans illégalité en échappant aux fiscalités et peut-être aussi aux autres charges inhérentes au domaine des forages. Cela s’explique par le fait que le prix d’un forage qui était de 5 millions de FCFA en 2008 est passé de 800 000 à 1200 000 FCFA en 2012 à aujourd’hui.

Ces forages sont-ils contrôlés ?

Je vais juste vous dire que ces forages ne sont que des trous nus dans lesquels il n’y a rien, aucun équipement, aucun gravier, aucun quellon pour éviter la descente des saletés. Dans ces forages ne sont captées que des eaux de surface qui s’infiltrent dans le sous-sol en drainant avec elles tout ce que l’homme produit comme insalubrité à la surface. Notre association lance son cri de cœur en direction des populations de Bamako pour éviter qu’elles ne se fassent empoisonnées par l’eau de ces forages de la mort, qui captent tout y compris l’eau des puisards des fosses septiques environnantes. Notre association déplore également le fait que les services techniques de l’Etat, la Direction nationale de l’Hydraulique n’ont aucun regard sur cette pandémie silencieuse qui à long terme tuera des innocents.

Qui finance la construction des forages, l’Etat ou les PTF ?

Le financement des forages au Mali est assuré par l’Etat malien à travers le ministère de l’Energie, des Mines et de l’Eau et les PTF. C’est seulement cette catégorie de forage qui est peut-être exécutée dans les normes requises. Mais malheureusement, cela ne représente que 30% et tous les 70% échappent au contrôle de l’Etat. Ce sont les particuliers et autres qui constituent la grande partie des forages exécutés au Mali. Malgré ça, notre association souhaiterait apporter son expertise à l’amélioration technique, pour un meilleur rendement des forages auprès de nos services techniques, en relisant superficiellement un peu les textes qui régissent les forages.

Est-ce que le pays dispose des spécialistes dans le domaine de la construction de forage ? Et Quelle politique pour la sauvegarde des bassins, l’accès à l’eau potable au Nord ?

Je vais aussi vous dire que les grands bassins qui existent au Nord du Mali tels que Nara, Taoudéni, Tilemsi, Iwoulemendène et Tamasna, représentent les plus grandes réserves d’eau du monde, où malheureusement aucun forage n’a été exécuté jusqu’à aujourd’hui. Les populations de ces zones attendent pitoyablement une réaction de l’Etat dans l’espoir d’irriguer un jour ce grand désert par des forages profond. C’est cela le signe de la paix et de la stabilité.

Pour finir, notre association des entreprises professionnelles de forage d’eau du Mali demande à nos décideurs que les services techniques de l’Etat, en l’occurrence la direction nationale de l’Hydraulique garde un œil vigilant sur les qualités et les modalités d’exécution des forages sur tout le territoire national afin de préserver la santé des consommateurs.

Nous sollicitons également des plus hautes autorités de notre Etat d’accorder plus de place dans leurs obligations au secteur de l’eau. Et demandons avec beaucoup d’insistance, la mise en place d’un conseil national de l’eau qui sera présidé pour sa réussite par le Président de la République, pour que ce problème d’eau trouve une solution définitive. Notre association pense que nous Maliens devons célébrer chaque jour de notre existence cette journée mondiale de l’eau au lieu d’attendre le 22 mars de chaque année pour s’adonner à des festivités d’une matinée. Car, c’est de cela que dépend notre existence.

Réalisée par Jiadata MAIGA

Source: Azalaï Express

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La concurrence déloyale, des équipements défectueux, la corruption, ce sont là entre autres les griefs de l’Association des Entreprises professionnelles de forages d’eau du Mali. Le vice-président de cet organisme, Hamedi Ag Ahmed, lance un cri de cœur et interpelle les autorités sur la nécessité et l’urgence de réorganiser...