Dans une interview, le coordinateur général de la communauté peule de la région de Gao, Ibrahim Diallo, fait savoir qu’ils vivent en parfaite collaboration avec les autres communautés de la région. Il souhaite aussi une identification de l’ethnie peule par l’Etat du Mali. Avant de signaler la présence d’une forte communauté peule à Gao. Interview !

 

L’ALERTE : Qui êtes-vous ?

Ibrahim Diallo : Je suis le coordinateur général de la communauté peule de la région Gao.

 Depuis quand votre coordination existe ?

Notre coordination existe depuis le 11 octobre 2020.

 Pourquoi une coordination peule à Gao ?

Vous le savez plus que moi. On a créé la coordination peule pour juste faire comprendre à nos communautés, à l’opinion nationale et internationale qu’il existe bel et bien une communauté peule dans la région de Gao. Nous sommes les peuls de la région de Gao. Pour beaucoup de gens, il n’y a pas de peul dans la région de Gao parce qu’on voit rarement les gens qui parlent la langue peule dans la région bien que ce n’est pas la langue qui fait de quelqu’un un peuhl. Il y a les peuls qui ne comprennent pas leur langue, il y en a qui comprennent. Vous le savez aussi bien que moi, présentement la crise que le Mali traverse a poussé les différentes communautés vivantes dans le nord du Mali en général qu’il faut identifier à l’égard de l’Etat et la communauté internationale. Qu’on sache qu’une communauté peule existe dans la région de Gao et qui est concernée par les différentes crises qui traversent le Mali aujourd’hui. Voilà, pourquoi nous avons décidé de faire une organisation formelle de communauté peule à Gao parce qu’on était là avant l’indépendance mais en rang dispersé. Ce qui donne l’impression à beaucoup de gens que nous n’existions pas. Nous sommes sur un sol Songhoï où se trouvent les Touaregs et les Arabes. Donc il faut faire comprendre au monde entier qu’il y a une forte communauté peule à Gao.

 Quels sont les objectifs de votre coordination ?

Les objectifs de notre coordination, c’est dans le cadre de la cohésion sociale, le vivre ensemble, l’identification de peul dans la région de Gao sinon jusqu’à Ménaka et Kidal. Nous avons des différentes cellules dans les deux régions. L’objectif est d’organiser notre communauté, identifier ce qui peut amener des problèmes et empêcher l’amalgame. Voilà pourquoi cette coordination.

 Quels sont les problèmes de cette communauté dans la région de Gao ?

 Le Mali en général a de problèmes à plus forte raison une communauté. Le premier problème est l’identification. L’absence d’organisation permet aux autres de savoir qu’il y a des peuls dans la région Gao. Les problèmes que nous rencontrons généralement dans la région de Gao et en brousse est le conflit. Le peul était dans la région de Gao, une communauté très pacifique. Il ne se mêle de rien si ce n’est son pâturage. Bon, le problème arrive car le monde change. Il est arrivé un moment où le peul était traqué dans la brousse par d’autres communautés. Mais, qui a amené jusqu’aujourd’hui une révolte ? Je veux dire le réveil dans le désordre parce que la communauté peule est la seule qui n’a pas un nom particulier dans la région de Gao. C’est-à-dire qu’on va dire voilà un mouvement armé qui appartient aux peuls. Vous avez compris, Gandakoï, le sédentaire. Gandaïso est un nom sonrhaï. Mais tout cela montre qu’on était dénombré dans la communauté sédentaire. On a presque disparu parce que quand tu rencontres certaines personnes de la dernière génération, ils te disent seulement le peuhl. Mais le peul d’où ?  Tout cela, c’est le problème. On est aussi en rang dispersé. Quand une communauté est dispersée, il serait très difficile de l’identifier et aujourd’hui le Mali a besoin de connaître cette communauté pour pouvoir l’identifier, situer le problème. Donc nous avons décidé d’avoir un interlocuteur qui permet à l’Etat malien de nous identifier rapidement en cas de problème.

Quels sont les rapports de cette communauté et les autres en général à Gao et l’Etat en particulier ?

Les relations sont à fond parce que je parle Sonrhaï. C’est ma langue de communication. Mais il y a la communauté peule qui vit avec les communautés touarègue, arabe et  harman. Nous vivons en parfaite harmonie. On est ensemble, il n’y a aucun problème mais juste, nous avons toujours voulu l’identification que j’ai dite. Il faut que les gens sachent qu’il ya une forte communauté de peuls dans la région de Gao et que nous sommes avec les Sonrhaï, les Songhaïs et les Arabes. A un moment, on dit nous communautés arabes, harman, sonrhaï dans la région de Gao. Mais quand nous avons décidé de créer l’organisation qui est la coordination, les médias ont compris qu’il y a réellement une communauté peule dans la région de Gao. La preuve, lors de l’arrivée du ministre de la Jeunesse et des Sport pour les festivités, nous avons fait une exceptionnelle exposition culturelle de peul. Nous avons montré la culture peule dans la région de Gao. On a montré que les peuls existent à Gao et ils sont en parfaite collaboration avec les autres communautés dans la région. C’est la région dans laquelle vous ne voyez jamais un problème ethnique. Quand tu rencontres le sonrhaï, il a ses bœufs dans la brousse. Chacun parle sa langue.

Est-ce que vous avez des relations avec l’association Tabital Pulaku ?

 Tabital Pulaku, c’est moi parce que quand on est peul en république du Mali, on ne peut pas ignorer Tabital Pulaku. C’est une association culturelle peule qui a d’ailleurs même une notoriété internationale. Mais notre organisation, ce n’est pas une association. C’est une coordination qui a d’autres visions, qui essaye d’organiser sa communauté. Tabital Pulaku est là. Ils ont un représentant ici à Gao. Mais nous vivons dans le nord du Mali où il y a beaucoup de problèmes, où beaucoup de gens pensent qu’il n’y a pas de peuls. À Kidal et Ménaka, il y a les peuhls ainsi qu’à Gao. Il y avait le maire Sadou Diallo qui était là dans la commune de Babero. Donc, je veux dire qu’il faut une organisation des peuls. Le premier vice-président de Tabi tal Pulaku, Abdoulaye Yoro Dicko est peul. Il est de Gao. Quand on ne gagne pas une élection, il y a quelque chose qui ne va pas quelque part. Donc aujourd’hui, nous sommes organisés.

Réalisée par Siriki KONE

Source : L’ALERTE

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