Les réseaux sociaux, un monde devenu presque indispensable pour le métier du journalisme. Selon une étude du cision France, 91 % des journalistes utilisent les réseaux sociaux dans le cadre de leur travail. 54 % déclarent ne plus pouvoir s’en passer dans l’exercice de leur métier. Ahmadou Sankaré, un journaliste expérimenté, explique dans cet entretien l’avantage des réseaux sociaux pour le journalisme s’ils sont utilisés avec retenu.

Mali Tribune : Qu’est-ce qu’un bon journalise ?

Ahmadou Sankaré : Un bon journaliste c’est quelqu’un qui est rigoureux. C’est à dire qui traite l’information avec de la rigueur et non avec légèreté. Car chaque mot dans une phrase informative doit être pesé pour éviter toute équivoque. Chaque mot a sa valeur parce que le message que le journaliste veut passer doit être clair et sans ambigüité. Tous les lecteurs qui liront son article doivent comprendre l’information qu’il veut passer de la même façon. Dans le cas contraire, si l’on interroge ces lecteurs et que ne serait-ce que deux avis concernant l’information se contredisent c’est que l’information n’est pas bonne.

Mali Tribune Quels sont les impacts positifs sur les réseaux ?

S.: il faut tout d’abord connaitre la grande différence entre les infos sur les réseaux sociaux et les infos de la presse. Cette différence n’est autre que les informations de la presse sont des informations qui ont des sources, vérifiées et vérifiables tandis que les informations sur les réseaux sociaux ne répondent pas souvent à ces règles. Sur les réseaux sociaux, n’importe qui peut se lever et parler, dans ce cas l’information manquera de crédibilité et de fiabilité car elle n’est pas vérifiable.

Maintenant de ce qui est des impacts, les réseaux sociaux sont des atouts pour les journalistes. Ils leur permettent d’anticiper dans la collecte de l’information. Ils leur donnent l’accès à une piste à la seconde comme dans les cas d’accidents ou autres. Tu as une idée sur où chercher bien avant d’arriver sur le terrain. Ils donnent l’information de façon instantanée voire en direct des fois pendant que le journaliste doit d’abord aller sur le terrain, collecter, traiter avant la diffusion. Ceci peut prendre des heures, voire une journée en fonction du media utilisé. Les réseaux sociaux ont tendance à prendre la place de la radio en matière de rapidité.

Mali Tribune : Le journalisme et les réseaux sociaux font-ils bon ménage ?

S.: De nos jours, nous pouvons affirmer que ces deux notions font bon ménage. D’ailleurs les réseaux sociaux donnent une autre porte aux journalistes. Toutes les émissions radios, les journaux télévisés, les pages de journaux de la presse écrite sont tous en ligne. Tu peux avoir accès à l’information où que tu sois et à n’importe quelle heure, à l’aide de ton smartphone. C’est un atout qui n’est pas à négliger.

Lors d’une conférence que j’ai tenue il y a quelques jours, il était question de savoir si les réseaux sociaux ne sont pas en train de tuer la presse. Et Je me suis permis de dire que les deux évoluent dans un domaine séparé, mais qu’ils se complètent par conséquent, le journalisme et les réseaux sociaux sont liés.

Mali Tribune : Ils ne décrédibilisent-ils pas les journalistes ?

A.S.: ils ne décrédibilisent pas les journalistes, c’est tout le contraire. Pour la simple et bonne raison que le journalisme est un métier qui s’apprend. Le journaliste présente l’information dans une forme qui englobe l’éthique et la déontologie du journalisme.

Exemple : un imam s’est retrouvé nue sur les réseaux sociaux après avoir fait sujet de polémique un moment. Un journaliste n’aurait jamais publié une telle photo ou vidéo ni les joindre à son information parce que le journalisme a un code moral et étique qui ne lui permet pas d’exposer sa nudité.

Ça c’est le respect des règles de la déontologie, contrairement aux réseaux sociaux qui n’ont aucune règle d’écriture, ni aucune loi qui interdirait aux utilisateurs de ces réseaux d’écrire ce qu’il pense.

Mali Tribune Comment est-ce qu’un journaliste doit se servir des réseaux sociaux ?

A.S.: les réseaux sociaux sont des sources d’information. Ils peuvent les orienter sur un sujet bien déterminé. Ils leur permettent de savoir où aller chercher, de connaitre la situation du pays, de les orienter, d’approfondir leurs recherches et leurs cultures générales. Ils leur donnent le pouls (l’état) du pays, du monde. Voilà ce que les journalistes doivent savoir et comprendre avant d’utiliser les réseaux sociaux.

Mali Tribune Comment faire la différence entre une bonne information et les fakes-news sur les réseaux sociaux ?

A.S. : Tout d’abord, pour la différence entre une bonne information et un fake-new, l’information doit être signée, avoir une source crédible et vérifiable, savoir si on peut faire confiance à la source de l’information et être sûr qu’il sait ce qu’il avance d’où la possibilité de vérification.

Assétou Traoré

(Stagiaire)

Source: Mali Tribune

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