Dans cette interview qu’il nous a accordée, samedi dernier, en début de matinée, le président de la Transition revient sur les douloureux évènements, qui se sont déroulés le 03 août dernier, à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako. Entretien.

Mr le président, pourquoi le gouvernement a attendu le lendemain, avant de condamner du bout des lèvres la libération aux forceps du commandant de la FORSAT ?

Mon Premier ministre et moi avons pris le temps de bien réfléchir avant de mettre au point ce communiqué que vous tenez entre vos mains.

Un communiqué, d’ailleurs, qui condamne l’acte des éléments de la FORSAT du bout des lèvres. Ce qui a déçu nombre de nos concitoyens.

Nous avons condamné cet acte et pas que du bout des lèvres. Car, il me fallait rassurer cette unité de la police pour ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Pourquoi n’avez-vous pas envoyé sur place vos propres éléments pour mater ceux que les syndicats de magistrats ont qualifié de « rebelles » ?

Je ne veux pas provoquer un bain de sang entre des forces ayant la même mission : assurer la sécurité des Maliens ainsi que celle de leurs biens.

Comment voyez-vous la suite de cette affaire ?

C’est à la justice d’en décider.

Allez-vous aider la justice à remettre en cellule le patron de la FORSAT ?

Si tel est le désir de la justice, pourquoi pas ?

Et les auteurs de son évasion forcée ?

Le dossier est entre les mains de la justice, qui doit poursuivre son instruction. Sans faiblir, ni fléchir.

Et si les éléments de la FORSAT tentent, une fois de plus, d’empêcher l’incarcération de leur chef ?

Ils ne le feront pas.

Quelle garantie vous ont-ils donné à ce sujet ?

Parce qu’ils viennent de mesurer la gravité de leur acte. Et je ne pense pas qu’ils auront encore d’y mettre une autre couche. Surtout, après la condamnation quasi-unanime de leur acte.

Quel enseignement tirez-vous des évènements de vendredi dernier à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako ?

Je comprends maintenant pourquoi nos prédécesseurs ont échoué dans leur tentative de lutter contre la corruption et l’impunité. Cependant, ces difficultés ne me découragent pas. Bien au contraire. Elles me galvanisent. Car, rien ne nous fera reculer. Ni les sabotages, ni les manifestations. Rien !

Dans leur communiqué, les syndicats des magistrats réclament des sanctions vigoureuses contre les auteurs de la libération forcée du patron de la FORSAT et dans les meilleurs délais. Faute de quoi, disent-ils, ils réagiront. Qu’en dites-vous ?

Les magistrats peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Toutes les mesures seront prises pour qu’on en n’arrive pas là.

Qu’allez-vous faire alors ?

Ce n’est pas ton affaire. Je ne te dirai rien à ce sujet.

Le commissaire-divisionnaire et ses « libérateurs » se retrouveront ils au gnouf ?

Je ne répondrai pas à cette question ?

Pourquoi ?

Pour ne jeter de l’huile sur le feu.

Le M5-RFP, auquel appartient votre Premier ministre, menace à son tour d’organiser un meeting, les jours à venir, pour soutenir la justice. Cela ne vous inquiète-t-il pas ?

Oui et non !

Vous répondez comme un Normand. C’est oui ou c’est non ?

C’est oui et non à la fois.

La classe politique, dans son ensemble, vous demande d’agir avec la fermeté requise.

Au nom de l’instauration d’une gouvernance de rupture, nous le ferons, inchallah. Car, le gouvernement ne saurait ni faiblir, ni fléchir, dans cette lutte contre la corruption et l’impunité.

Propos recueillis par Le Mollah Omar

Source: Canard déchainé

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Dans cette interview qu’il nous a accordée, samedi dernier, en début de matinée, le président de la Transition revient sur les douloureux évènements, qui se sont déroulés le 03 août dernier, à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako. Entretien. Mr le président, pourquoi le gouvernement a attendu le lendemain, avant...