À peine ouverts, les travaux de la 47e session du Comité de suivi ont été suspendus ce mardi 29 novembre 2022, au siège de la MINUSMA pour une raison surprenante. Il s’agit de l’absence du Col Major Ismaël WAGUE, ministre de la Réconciliation, de la paix et de la cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la Réconciliation nationale. À travers cette suspension, les membres du CSA entendent dénoncer ce qu’ils qualifient d’absence répétée du Col Major WAGUE, depuis un certain temps, à cette rencontre statutaire, visiblement, devenue une routine.

 

Sur invitation de la médiation internationale présidée par l’Algérie, cette session est une occasion pour le Comité de suivi de l’Accord de faire le point sur les derniers développements intervenus dans la mise en œuvre de l’accord depuis sa dernière session tenue le 11 octobre 2022.
Cette fois-ci, comme lors de la dernière session, le Secrétaire général du ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de la mise en œuvre de l’Accord, Sidy CAMARA, conduisait la délégation gouvernementale, qui comprenait également les Présidents de la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (CNDDR) et de celle en charge de l’Intégration.
Les responsables des Mouvements signataires, les membres de la Médiation internationale ainsi que le Haut Représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord ont également étaient tous présents sur les lieux de la rencontre.
Ayant constaté l’absence du ministre WAGUE, pour la seconde fois, à cette rencontre, l’Ambassadeur Boudjemaa DELMI, président du CSA, après consultation de toutes les parties présentes, a décidé une suspension des travaux estimant que le gouvernement était sous représenté du point de vue institutionnel.
En attend de savoir davantage clair sur les raisons de cette absence répétée du Chef du département, un membre du cabinet du ministre la Réconciliation, de la paix et de la cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix Réconciliation nationale, que nous avons contacté, défend le l’État de toutes accusations de négligences.
Pour lui, le Secrétaire général d’un département, selon les textes qui régissent le fonctionnement du gouvernement, peut valablement représenter son ministre dans toutes les rencontres sur le territoire national.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette session se tient au moment où le Mali continue de faire face à d’énormes défis sécuritaires caractérisés par une aggravation de l’instabilité et de la souffrance humaine. Comme en témoignent les attaques fréquentes et complexes perpétrées par les groupes armés tels que le Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans (Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn – JNIM), l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) dans le nord, le centre et au sud du pays
Selon l’Article 58 de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger : «Le CSA est composé comme suit : le Gouvernement du Mali, les mouvements signataires du présent Accord et la Médiation (Algérie, en tant que Chef de file, Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Tchad, CEDEAO, Nations Unies, OCI, UA, UE). Les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies sont invités à participer aux travaux du Comité. Le CSA peut, en outre, inviter, en tant que de besoins, d’autres acteurs et institutions financières internationales, à participer à ses travaux ».
Dans son dernier rapport rendu public en juin dernier, le Centre Carter, qui tient le rôle d’Observateur indépendant de l’Accord de Paix de 2015 au Mali, faisait état du blocage sans précédent dans lequel se trouve la mise en œuvre de l’Accord. Ce dernier rapport souligne que depuis octobre 2021, le dialogue est de plus en plus difficile entre les signataires de l’Accord, à savoir le Gouvernement du Mali, la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), et la Plateforme ; et qu’aucun progrès significatif n’a été réalisé dans la mise en œuvre de l’Accord.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin