Les 16 et 17 juillet derniers, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) tenait une réunion à Kidal. Une rencontre qui a vu la présence des autorités administratives maliennes et de représentants de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali). A l’occasion, les ex-rebelles séparatistes du Nord ont manifesté leur vive « inquiétude » face à ce qu’ils appellent « l’abandon de la mise en œuvre de l’accord d’Alger depuis l’avènement de la transition ».

Une vive interpellation qui sonne comme un coup de semonce, si l’on s’en tient aux déclarations des indépendantistes du Nord qui disent se réserver le droit « d’en tirer toutes les conséquences ». Le mois dernier déjà, à l’occasion du septième anniversaire de la signature de l’accord, la CMA avait tenu une conférence de presse pour déplorer que l’accord n’ait connu aucune avancée significative ces derniers mois. Le comité de suivi de l’accord qui permet de faire un point d’étape ne s’est plus tenu depuis octobre 2021.

Qu’est-ce à dire ? Va-t-on alors vers une remise en cause de l’accord d’Alger au regard du peu d’empressement des protagonistes dans sa mise en œuvre ? Ou alors, est-ce une façon, pour les groupes armés du Nord, de mettre un coup de pression sur les autorités de la transition à l’effet de rappeler ce dossier à leur bon souvenir ?

Quoi qu’il en soit, avec cette sortie au ton plutôt musclé, Bamako n’est pas loin de se trouver dos au mur face à l’épineuse question de l’application des accords d’Alger que les Maliens traînent comme un boulet au pied depuis maintenant sept ans. Car, si pour une raison ou pour une autre, les ex-rebelles de la CMA devaient reprendre les armes, le Mali risquerait de toucher le fond.

Déjà, sur le plan de la lutte contre le terrorisme, les résultats se font encore attendre au moment où des pans entiers du territoire échappent encore au contrôle de l’Etat. Dans ces conditions, est-il besoin d’en rajouter à la complexité de la situation en ouvrant un autre front avec les insurgés du Nord qui ne semblent pas avoir renoncé à leurs velléités indépendantistes ? En attendant d’avoir la réponse à cette question, l’on peut aussi se demander si la pression de la CMA, sera payante.

Autrement dit, l’ouverture de nouveaux fronts avec les pays de la sous-région comme la Cote d’Ivoire ainsi que la MINUSMA risque d’avoir des répercussions sur la bonne marche pour le suivi de l’accord issu du processus d’Alger quand l’on sait que c’est la Minusma qui est garant de cet accord. Tout porte à croire que dans cette affaire, la bonne foi et la sincérité ne semblent pas être les choses les mieux partagées entre les protagonistes. Et tant qu’il en sera ainsi, il sera difficile au Mali de sortir de la crise qui paralyse le pays depuis plusieurs années.

 Le Point
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Les 16 et 17 juillet derniers, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) tenait une réunion à Kidal. Une rencontre qui a vu la présence des autorités administratives maliennes et de représentants de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali). A l’occasion, les...