Dans un entretien accordé à Rfi, Boubacar Bertrand Baldé, directeur exécutif du cabinet Conseils, stratégies et développement (Cosdev) a réagi à la  » fin de Barkhane  » au Sahel annoncée par Macron.  En  voici quelques morceaux choisis.

C’est un moyen de pression de la France pour demander un retour de la stabilité démocratique au Mali, un moyen pour appeler à une transition démocratique. La France est un partenaire privilégié du Mali et du Sahel depuis longtemps et a déployé d’importants moyens dans sa lutte contre le terrorisme dans cette région  » a-t-il déclaré.  Ajoutant :  » La France ne va pas lâcher d’un coup de tête le Mali, car la survie du pays, mais aussi des autres pays de la région, en dépend largement. La France est consciente des enjeux géostratégiques en jeu. Pour moi, elle n’ira pas jusqu’au retrait, c’est une étape pour mettre la pression, car un embargo sur le Mali serait une catastrophe économique pour ce pays déjà à l’agonie d’un point de vue économique « .

» Malgré la ceinture de feu que représente la présence d’armées étrangères présentes au Mali et dans le Sahel, personne n’est à l’abri du djihadisme et la percée des terroristes. Ce qui touche le Mali peut toucher d’autres États voisins, comme le Burkina qui a sombré rapidement. Le principal problème du Sahel est économique et est relié à une instabilité politique  »  déclare l’universitaire sénégalais.

S’agissant de l’impact de ce changement sur le théâtre d’opérations et le  comportement des populations  vis-à-vis des troupes étrangères

Il relève :  » Un sentiment anti-français, parfois entretenu par des discours politiciens, existe bel et bien. Mais cette présence française, et étrangère de manière générale, est essentielle, car l’État malien n’est pas assez outillé pour répondre à la menace actuelle. Le terrorisme s’amplifie et les efforts pour lutter doivent également l’être sous peine que la menace ne s’étende comme une tache d’huile. Si le colonel Assimi Goïta s’entête, il y aura de graves répercussions pas seulement pour le Mali, mais aussi pour tout le Sahel. Il a tout intérêt à lâcher du lest « .

Dans le même registre, il indique que  » les pays du Sahel  n’ont aucun intérêt à discuter avec les djihadistes, mais à l’inverse ils doivent intensifier le combat. Dialoguer avec eux seraient leur faire une faveur. Et puis pour dialoguer, il faut savoir quelles sont leurs revendications. Est-ce l’instauration d’un État islamique ? L’idée de la négociation me paraît incongrue et incohérente. À la limite, cela peut être envisageable si ces groupes sont affaiblis uniquement. « .

A.D

Source: l’Indépendant

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