Dans cette guerre asymétrique que le Niger livre contre les groupes terroristes, l’arsenal de communication, autant que le fracas des armes, joue un rôle décisif dans ce que sera l’issue des combats. Malheureusement, certains compatriotes semblent ignorer cela. Nous en voulons pour preuve l’insouciance, voire la mégarde, avec laquelle ces derniers aiment se répandre sur les réseaux sociaux pour parler de certains aspects de la question sécuritaire. En effet, à écouter certains compatriotes, on pourrait croire qu’ils militent plus pour la cause de ceux-là qui nous agressent en tirant à l’aveuglette, et yamo-yamo, sur tout ce qui bouge. Intentionnellement ou malencontreusement, ils apportent, par certains faits et gestes, plus de l’eau au moulin de la propagande des terroristes qu’à celui de la juste cause du Niger et de son peuple qui se battent pour la justice, la paix et la sécurité.

Les récents événements malheureux survenus à Waraou, dans la région de Tillabéri, où un détachement de la gendarmerie nationale en mission de sécurisation de la zone a été pris pour cible par une horde de terroristes, nous replongent dans le vif du débat sur la guerre de communication. Par exemple, sur le bilan de cette attaque, on a vu le gouvernement, qui est la voix la plus autorisée, donner les chiffres de huit (8) gendarmes tombés sur le champ d’honneur et 33 autres blessés. Cela n’a pas empêché à certains insouciants d’avancer des chiffres encore plus alarmants, allant souvent jusqu’à esquisser le film du déroulement des combats. Comme si on pouvait ce triste décompte relevait d’un simple !… On a même vu des images qui attestent de la cruauté des combats circulant sur les réseaux sociaux. Dans certains cas, certains ne se gênent même pas pour publier ou partager les images des atrocités, notamment à travers les corps des victimes.

Ce n’est pas, comme peuvent le penser d’aucuns, un refus délibéré de voir la réalité dans toute son horreur, mais ce sont les règles de la morale et de l’éthique qui nous invitent à la retenue. Aussi, même si nous d’aventure, il nous arrivait de manquer de patriotisme, les valeurs d’humanisme sont encore là pour nous inspirer une bonne dose de soutien et de compassion vis-à-vis des victimes et de leurs familles. Ce qui nous forcerait inéluctablement à nous plier au respect scrupuleux dû à la mémoire des victimes dans cette guerre qui nous est imposée par des individus sans foi ni loi.

S’agissant précisément de nos vaillants soldats engagés sur tous les fronts, ceux-là qui acceptent courageusement d’affronter la mort pour sauver nos vies, il y a lieu de rappeler à tous les Nigériens le devoir impérieux qui leur incombe de respecter et honorer la mémoire de ces dignes fils du pays qui, en vrais martyrs, ont accepté de consentir jusqu’au sacrifice suprême en se battant pour la cause noble : celle de garder le piédestal de la Nation nigérienne toujours débout, et de veiller sur la sécurité de leurs compatriotes !

Assane Soumana(onep)