MOUVEMENT ARABE AZAWAD MALI MAA REBELLE

D’après des indiscrétions diplomatiques, après la libération d’une première vague de 32 personnes, le Mali s’apprête à libérer une autre vingtaine de prisonniers dans le cadre du respect de l’Accord préliminaire d’Ouagadougou. Cela va sans nul doute provoquer une nouvelle vague de colère et d’indignation au sein de la magistrature pour la seule raison que certains bandits devant être relâchés sont poursuivis pour des crimes de guerre.

A l’issue de la rencontre entre le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita et son homologue français, François Hollande, il aurait été décidé que conformément à son engagement à poursuivre des efforts dans le cadre de la réconciliation nationale, que notre pays procède à la libération d’autres prisonniers. On parle d’une vingtaine de prisonniers devant être relâchés dans les jours à venir. Une information qui suscite déjà colère et d’indignation au sein de la  magistrature dont l’un des représentants en l’occurrence le procureur général près la Cour d’Appel de Bamako, Daniel A. Tessougué ne porte plus de gants avec les pouvoirs publics qu’il accuse  d’être en train de marcher sur les prébendes de la justice.

 

Lui qui a émis des mandats d’arrêts nationaux et internationaux contre des chefs rebelles, accusés de crise de guerre et crime contre l’humanité, n’a pas apprécié que ces mêmes individus viennent pavaner à Koulouba jusqu’à faire une rupture de jeûne avec Dioncounda en son temps.

IBK élu pour sa fermeté, a, à peine arrivé, procédé à la libération de 32 personnes, sans même  suivre la procédure en la matière au grand dam de son  ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Mohamed Aly Bathily, totalement ignoré dans la procédure.

 

Le Procureur général Daniel A. Tessougué n’en a pas fait un problème majeur. Il a estimé que la situation de ces 32 personnes récemment libérées par les autorités maliennes « n’a rien à voir avec celui de combattants arrêtés sur un champ de bataille ou faisant l’objet d’un mandat d’arrêt de la justice malienne ». Et quand bien même ce geste de bonne volonté du gouvernement, les groupes armés du nord ont après annoncé leur retrait de processus de paix dans le cadre de l’Accord de Ouagadougou.

 

Mais l’affaire qui préoccupe  aujourd’hui M. Tessougué et qui fera sans doute du grabuge, c’est celle des 20 prisonniers combattants rebelles détenus par la justice malienne que l’Etat malien s’apprête à élargir dans les jours à venir. Selon nos informations, ces gens-là sont pourtant catalogués des combattants rebelles détenus par la justice malienne. 

 

Ils sont sous le coup d’inculpations et de mandats de dépôts délivrés par deux juges d’instruction particulièrement coriaces de la Commune III de Bamako (pôle économique): Cheick Haoussa et Fousseyni Togola.

 

Concernant cette nouvelle vague de libération, Daniel Tessougué se montre intraitable : « Tant que je resterai procureur général, ces combattants-là ne seront pas  libérés! ».

 

Le procureur général s’explique « Lorsqu’un pays veut s’offrir des lendemains de pleurs et de sang, il emprunte la voie de l’injustice. Après la crise que notre pays a connue, les Maliens ont engagé la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie. Cela passe par la justice. Au nom d’un prétendu Accord de Ouagadougou qui n’est qu’un chiffon de papier sans valeur juridique, on voudrait faire sortir de prison des gens qui ont volé, violé et massacré des Maliens ! Je ne peux pas accepter que des voleurs de moutons soient jetés en prison et que ceux qui ont commis des massacres, des viols, soient libérés parce qu’ils ont la peau blanche ! Personne d’entre eux ne sera libéré ! Nul n’a le droit de les libérer ! Nul ne les libèrera ! ».

 

C’est dire que les relations entre l’exécutif, (sous pression de la communauté internationale), et le pouvoir judiciaire, (qui tient à la séparation des pouvoirs) deviennent compliquées voire explosive. Les prochains jours risquent de faire beaucoup de vagues.