Après avoir débarrassé le Mali de la tutelle des barbus à Gao et à Tombouctou, où l’adversité était pourtant de taille, les forces françaises, les soldats de Idriss Deby et les forces africaines de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la satabilisation au Mali) ont choisi de maintenir Kidal sous le joug du MNLA, (Mouvement national de libération de l’Azawad) pour des raisons que l’on ignore. Ce traitement bienveillant vis-à-vis du MNLA, a certainement justifié l’outrecuidance du mouvement rebelle qui, depuis lors, ne cesse de s’illustrer dans des actes de défiance vis-à-vis de l’Etat malien.

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Pour le MNLA, les autorités maliennes ne sont pas les bienvenues à Kidal

Le samedi 17 mai dernier encore, le statut ambigu de Kidal s’est posé à l’occasion de la visite du Premier ministre dans cette bourgade. Le malheureux Moussa Mara a pu se rendre compte, de visu et en live, que Kidal constitue un véritable os dans la gorge de la République du Mali. En effet, le MNLA qui n’a jamais supporté de voir le drapeau malien flotter sur Kidal, vient de franchir un pas supplémentaire dans ses velléités de soustraire cette ville de l’autorité de Bamako, en s’opposant par les armes à la visite du Premier ministre dans cette localité. Le message du MNLA est clair.

Les autorités maliennes ne sont pas les bienvenues à Kidal car à ses yeux, elles sont des envahisseurs et elles doivent être traitées comme tels. Le MNLA a donc mis les petits plats dans les grands pour transformer la visite du chef du gouvernement malien en une véritable géhenne. Il a réussi son coup puisqu’il a pu saboter le séjour de Moussa Mara, dont le cortège a essuyé des tirs nourris au nez et à la barbe des forces de l’ONU basées dans cette ville. Le Mali, pourrait-on dire, a été visiblement humilié par l’attitude du MNLA, et c’est l’humiliation de trop.

C’est pourquoi, l’on peut comprendre la réaction de certains habitants de Bamako qui n’ont pas manqué de manifester contre une trahison des forces françaises de l’opération Serval et des forces africaines de la MINUSMA, qui n’ont pas daigné lever le petit doigt pour contrarier le MNLA alors qu’elles en ont les moyens. La France a beau s’en défendre, l’on peut avoir du mal à comprendre sa bonhomie vis-à-vis des dérapages du MNLA.

Le Premier ministre malien n’a pas tort de considérer que les derniers évènements de Kidal constituent une déclaration de guerre

Elle a, en effet, les moyens politiques et militaires pour le faire rentrer dans les rangs. En ne le faisant pas, les Maliens peuvent légitimement avoir le sentiment qu’elle a passé un deal avec le MNLA dans la perspective de mettre la main sur les richesses dont regorge cette partie du territoire malien.

La France, pour rassurer les Maliens, qu’elle n’est pas de connivence avec les rebelles touaregs qui font la pluie et le beau temps à Kidal, doit impérativement aider le pays de Modibo Kéïta à résoudre l’équation de l’Azawad dans le strict respect de l’intégrité du territoire malien. Pour peu qu’elle ait la volonté de le faire, le MNLA n’aura pas d’autre choix que de s’y plier. De la même manière, tous les autres pays présumés parrains de ce mouvement qui tirent plaisir à narguer au quotidien Bamako, doivent s’investir pour amener le MNLA à mettre de l’eau dans son vin, en cessant notamment ses nombreux actes de défiance vis-à-vis de l’Etat malien, de son armée et de toutes les forces étrangères présentes aujourd’hui sur le sol malien.

Cette attitude de provocation du MNLA est d’autant plus inacceptable que le gouvernement malien lui a fait, à plusieurs reprises, des offres de paix face auxquelles il est resté de marbre. La même fermeté dont la France a fait preuve pour bouter les djihadistes hors du Mali, doit être appliquée au MNLA pour le contraindre à libérer Kidal au plus vite. La politique actuelle de la France qui consiste à caresser toujours le MNLA dans le sens du poil, pourrait contribuer à braquer davantage bien des Maliens contre elle. Les Maliens, dans leur majorité écrasante, vivent certainement mal les libertés que s’arroge le MNLA à Kidal.

Ils seront à coup sûr soulagés le jour où le chantre du « Mali d’abord », Ibrahim Boubacar Keita, foulera le sol de Kidal après avoir salué le drapeau de la République du Mali et chanté avec fierté l’hymne national. La France qui a déjà connu l’humiliation liée à l’occupation de son territoire par les Nazis, doit comprendre la frustration des Maliens, liée à l’occupation de Kidal aujourd’hui par le MNLA. En tout état de cause le Premier ministre malien, Moussa Mara, n’a pas tort de considérer que les derniers évènements de Kidal constituent une déclaration de guerre.

Source: lepays.bf

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Après avoir débarrassé le Mali de la tutelle des barbus à Gao et à Tombouctou, où l’adversité était pourtant de taille, les forces françaises, les soldats de Idriss Deby et les forces africaines de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la satabilisation au Mali) ont choisi...