Libération de Kidal par l’armée malienne : Pris de panique, le MNLA perd son self-control

Le site Médiapart publie pour une fois les élucubrations des rebelles qui tiennent la ville de Kidal dans le Nord du Mali depuis la reconquête de celle-ci par les armées françaises et tchadiennes vers la fin mars 2013.

Le célèbre site d’investigations précise cependant que « depuis, au fil des événements, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) est apparu, tour à tour comme le grand perdant de la guerre malienne – ils se fit tailler des croupières par ses alliés jihadistes et éjecté de Tombouctou et de Gao – puis comme l’allié indispensable des troupes françaises dans la reconquête de Kidal et des combats dans les Adrars de l’Ifoghas enfin comme l’allié encombrant puisque, soutien de l’armée française, il dénonce celle-ci comme soutien d’un régime de Bamako qu’il considère comme illégitime.
D’où l’embarras des autorités françaises qui ont accepté sous injonction impérative du MNLA que l’armée malienne ne soit pas présente à Kidal et dans l’extrême nord et qui d’un autre côté reconnaissent, « qu’il ne peut y avoir d’élections sans que les groupes armés aient déposé les armes d’autant que le MNLA fut partie prenante efficace des premières exactions contre l’intégrité malienne ».
Ce sont ces positions clairement affichées ces dernières semaines par la communauté internationale, notamment la France, la Cédéao et l’Union africaine (UA) qui expliquent la colère des irrédentistes du MNLA dans un communiqué inutilement violent et gratuitement belliqueux.
Voilà ce que dit le texte diffusé sous forme d’une mise au point : « De sources bien informées et concordantes, le MNLA a appris que le Mali projetait d’attaquer les positions militaires tenues par ses unités à Anefis, Kidal et Ménaka et qu’il avait, pour cela, mobilisés 300  véhicules. Le MNLA informe l’opinion publique nationale et  internationale qu’il n’hésitera aucunement à réagir militairement à  toute provocation des putschistes de Bamako ».
« Aussi le MNLA informe les Azawadiens que tous ses combattants sont prêts à mourir, jusqu’au dernier d’entre eux, pour protéger les populations de l’Azawad contre les inévitables exactions de l’armée malienne. Cette armée de putschistes, composée de criminels avérés, déjà  largement dénoncés par Amnesty International et Human Rights Watch, ne  parviendra à mettre la main sur nos populations qu’après avoir exterminé  le dernier des soldats du MNLA, et ce, quels que soient les soutiens dont bénéficient les putschistes de Bamako. Le MNLA précise très clairement qu’il pourrait avoir la terre entière contre lui qu’il n’acceptera jamais de  livrer les populations civiles de l’Azawad aux  horreurs de l’armée malienne sans avoir combattu jusqu’au dernier souffle du dernier de ses combattants ».
Par ailleurs, le MNLA a également appris que les membres du « Groupe  de contact et de soutien du Mali », réunis à Bamako, ont unanimement demandé le désarmement du MNLA comme « préalable » à toute  négociation  politique. « Aussi, nous les informons que le MNLA ne désarmera que le jour ou un véritable accord politique protégera réellement nos  populations et qu’un vrai statut juridique, politique et définitif soit trouvé à l’Azawad qui est notre territoire historique depuis des  millénaires, n’en déplaise aux annexions coloniales et autres  contrefaçons historiques ».
« Le MNLA rappelle, à toute fins utiles, que la France coloniale est  responsable du découpage territorial à la source du tragique conflit que nous vivons depuis plus de 52 ans. D’autre part, nous rappelons également que la France n’a jamais protégé nos populations au cours de toutes ces très longues années de souffrances, de tortures et de  massacres. Encore aujourd’hui, la France reste incapable de protéger les  civils azawadiens des horreurs de l’armée malienne alors même qu’elle a  pris la lourde responsabilité de la réinstaller sur le territoire de  l’Azawad ».
Le MNLA tient également à rappeler l’incohérence du soutien  « inconditionnel » accordé aux putschistes de Bamako, car le gouvernement malien n’a aucune légitimité institutionnelle, c’est un gouvernement de  putschistes disposant, de surcroît, d’une bande armée, accompagnée de  milices ethniques, faisant office d’ »armée régulière ». Les « soldats  maliens » ne se sont jamais distingués autrement que dans l’assassinat, la torture, le viol et la spoliation des civils azawadiens. A ce jour,  aucun autre « fait d’armes » ne leur est connu.
Les terroristes du  Mujao, d’Aqmi et d’Ansar Dine sont combattus par les soldats français,  les soldats tchadiens et les soldats du MNLA, quand bien même le discours officiel français cherche à « dissimuler » l’engagement concret  du MNLA dans la lutte contre le terrorisme. Le MNLA précise que cette dissimulation dans le discours officiel français n’est pas de nature à  instaurer un climat de confiance, surtout après le troublant précédent de l’affaire « Abdoulkarim Ag Matafa ».
En effet, le MNLA n’a pas oublié le piège tendu à Abdoulkarim Ag Matafa et à ses compagnons ; et si le MNLA est resté conciliant, cela ne signifie nullement qu’il est dupe. Le MNLA n’est dupe de rien et, en tout état de cause, il tient la France entièrement responsable de la dramatique situation qui prévaut dans l’Azawad, de même qu’il tient la France pour premier responsable du sort des Azawadiens dans les villes réoccupées par le Mali à la suite de l’opération Serval, car depuis le  déclenchement de cette opération, plus de 380 Azawadiens ont été  assassinées par l’armée malienne au vu et au su de l’armée française qui  se déclare « officiellement » aux cotés de l’armée malienne, aux côtés des putschistes de Bamako.
Le MNLA a été scandalisé par les déclarations de la diplomatie  française qui « prépare le terrain » aux exigences maliennes de  désarmement d’un mouvement populaire et révolutionnaire qui n’a d’autres aspirations que de vivre en paix sur son territoire et protéger son  peuple contre des exactions commises  au grand jour, avérées et confirmées par les organisations internationales des droits humains.
Comment la France peut-elle exiger du MNLA qu’il accepte d’être « cantonné et désarmé au même titre que tous les groupes armés » ?  Doit-on comprendre que le MNLA est subitement logé à la même enseigne  que les groupes terroristes qui ont prospérés à l’ombre du palais présidentiel de Koulouba ? Par ailleurs, ce cantonnement et ce désarmement, vaut-il aussi pour les bandes armées du Mali et leurs  milices ethniques qui massacrent nos populations ? Ou bien cela concerne-t-il seulement le MNLA ?
D’autre part, il nous semble utile de préciser que si Kidal et les zones tenues par le MNLA échappent aujourd’hui aux massacres des soldats maliens, cela est dû à la seule présence des soldats du MNLA et non pas à la présence de l’opération Serval. Pour rappel, les régions de Gao et  de Tombouctou sont, en toute impunité, livrées aux massacres sans fin des soldats maliens alors même que l’opération Serval est justement « aux  côtés de l’armée malienne ».
Comment se fait-il que la France fasse table rase des très graves exactions commises par les bandes armées du gouvernement putschiste de  Bamako ? Comment se fait-il que la diplomatie française déclare que  « dans un pays démocratique, il ne peut pas y avoir deux armées ». Depuis  quand les coups d’Etat militaires, agrémentés de massacres de populations civiles, et les « gouvernements putschistes » sont-ils qualifiés de « pays démocratiques » ?
Hier, le Parlement français a voté à l’unanimité la poursuite de  l’opération Serval. Le Premier ministre français a déclaré que l’opération Serval était une victoire militaire et politique.  Au-delà du fait que l’opération Serval soit menée par la seule armée française, car aucun autre Etat européen ne s’est aventuré à s’engager aux côtés des putschistes de Bamako, doit-on considérer les centaines de civils  azawadiens, victimes des exactions du Mali, comme une « victoire  politique et militaire » de l’opération Serval ?
Quoi qu’il en soit, s’il est une victoire que l’opération Serval avait déjà définitivement perdue dès les premières exactions des  putschistes de Bamako sur les populations civiles azawadiennes, c’est  bien la victoire morale.
Aussi, pour répondre à l’exigence du désarmement de notre mouvement avant les élections de façade prévues pour juillet, le MNLA rappelle encore une fois qu’il ne désarmera pas avant qu’une solution définitive soit trouvée pour l’Azawad par un véritable accord politique qui  protégera réellement nos populations. Le MNLA ne désarmera que le jour où un vrai statut juridique, politique et définitif sera trouvé à  l’Azawad, pas avant, et encore moins, pour cautionner des  pseudos-élections au Mali.
Le MNLA tiens à rassurer la population civile de l’Azawad et  l’informe que, sous aucun prétexte, il ne les livrera aux criminels de  l’armée malienne. Le MNLA s’est engagé à défendre le peuple de l’Azawad,  il le défendra jusqu’au dernier souffle du dernier de ses combattants ».
Kidal, le 23 avril 2013
Mossa Ag Attaher,  porte-parole du MNLA
NDLR
La peur a changé de camp
Comme il est aisé de le constater la peur a changé de camp depuis bien longtemps. Esseulé et mis au banc des accusés par le monde entier, le MNLA est aux abois. Il crie et vocifère toute gueule déployée. Mais c’est peine perdue. Car, l’armée malienne reprendra incessamment ses positions et toutes ses positions d’antan pour ne plus jamais y quitter. Ce n’est plus qu’une question d’heures ou de jours tout au plus. N’en déplaise au MNLA et à ses soutiens mafieux !
Bréhima Sidibé

SourceL’Indicateur du Renouveau