Le président de la transition devant les membres du Conseil supérieur de la magistrature. ©Présidence du Mali

Les membres du Conseil supérieur de la magistrature ont rencontré le 14 septembre, dans la salle de Banquet du Palais de Koulouba, le Colonel Assimi Goïta. Sahel Tribune revient sur cette rencontre de prise de contact où plusieurs défis du secteur de la justice ont été évoqués pour le retour de la stabilité et de la sécurité au Mali.

« Moment émouvant », c’est par ces mots que le Président de la Cour suprême, Wafi Ougadeye, a qualifié cette rencontre.Présidée par le Chef de la Transition, aussi Président du Conseil supérieur de la magistrature, cette rencontre fut l’occasion d’évoquer les défis majeurs à relever dans le secteur de la justice pour le retour de la stabilité et de la sécurité dans le pays.

Redonner à la « justice ses lettres de noblesse »

Ce fut une occasion,  pour  M. Wafi Ougadeye, de rappeler le fonctionnement de la Cour Suprême, qui est une « autorité morale ». Il en a également profiter pour évoquer les attaques faites contre cette magistrature via les réseaux sociaux et certains médias de la place. A l’en croire, aucune « des critiques n’a un fondement juridique ». M. Ougadeye invite, à cet effet, les uns et les autres au respect des décisions de sa Cour. Car, a-t-il précisé, « il n’y a pas de démocratie sans la justice ». Raison pour laquelle, cette « justice jouera pleinement son rôle », a-t-il voulu rassurer avant d’encourager à multiplier ces genres de rencontres.

De son côté, M. Mamoudou Kassogué, ministre de la Justice,  des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, souligne que cette « rencontre augure un lendemain meilleur puisqu’elle marque une rupture positive ». À en croire ses propos, le Président de la transition a toujours placé la justice au cœur du changement. D’où ses remerciements et encouragements à l’endroit du chef de l’État pour son engagement sans faille à redonner à la « justice ses lettres de noblesse ».

Des doléances 

S’agissant du Porte-parole du Conseil supérieur de la magistrature, M. Hamet Sam, il a saisi cette occasion pour faire, au nom de ses collègues, des doléances. Lesquelles rentrent dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats, des juges et des procureurs du Mali.

Au regard des menaces permanentes, dont les juges font objet dans l’exercice de leur fonction, M. Sam a exhorté les autorités de la transition à veiller à la sécurité dans les juridictions. Il invite également au respect des décisions de la justice, à l’amélioration des conditions de vie des magistrats, des juges et des procureurs. Outre ces points, M. Hamet Sam a aussi plaidé auprès du président de la Transition l’octroi de passeports diplomatiques à tous les magistrats. Cela afin de faciliter leur mobilité. Il a également demandé le rallongement de l’âge de départ à la retraite, ainsi que le redéploiement des magistrats.

La justice et la sécurité indissociable

Prenant la parole à son tour, le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta leur a réitérés son accompagnement pour une « justice indépendante et de qualité ». Reconnaissant que la justice donne déjà de l’espoir aux Maliens, le Président du Conseil supérieur de la magistrature n’a pas manqué de rappeler le rôle crucial que joue cette justice pour le retour de la sécurité et de la stabilité. « C’est vrai que l’armée doit jouer un rôle dans la stabilité du pays, mais la justice a [aussi] un grand rôle à jouer », a souligné Col. Goïta. « Il ne peut jamais y avoir un État fort sans une justice forte. Et une Justice forte repose sur la qualité des hommes et des femmes qui la compose », a-t-il laissé entendre.

Pour lui, tant qu’il y aura l’injustice et l’impunité, le pays sera toujours dans l’insécurité. Une manière pour lui de montrer le lien indissociable entre la justice et la sécurité. Toujours selon le Président intérimaire, la refondation de l’État passe par une refondation de l’homme malien parce que « tout ce qui est corruption est pensé, planifié et mis en œuvre par l’homme. Il faut donc des hommes et des femmes engagés, capables d’arrêter cet animal féroce qui ravage tout sur son passage ». 

« La lutte contre la corruption se fera sans aucun état d’âme », a voulu rassurer l’actuel chef de l’État, tout en invitant les magistrats à s’engager davantage, avec tous les risques que cela peut impliquer, pour l’intérêt supérieur de la nation. « Nul ne peut prospérer dans le désordre. C’est le moment aussi de mettre de l’ordre », a-t-il indiqué, en exhortant les magistrats à accompagner la transition.

Source:Sahel Tribune

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