Jusqu’ici considéré comme la coqueluche de la jeunesse malienne, Mossa Ag Attaher, le ministre de la Jeunesse et des Sports, s’attire la colère d’une partie de l’opinion au sujet de la façon dont il entend gérer la crise du Conseil national de la jeunesse (CNJ). En effet, les réactions sont nombreuses à la volonté du ministre de la Jeunesse et des Sports de régler le litige entre les jeunes du CNJ par une implication plus audacieuse de l’Etat. Bien que mettant de l’argent dans le circuit de l’association de la jeunesse malienne, le gouvernement ne doit pas se substituer aux jeunes en leur imposant un rythme.

La lettre du ministère de la Jeunesse et des Sports visant à clarifier les choses au sein du CNJ a fait couler ainsi des salives et de l’encre. Selon plusieurs sources, il s’agit d’une immixtion flagrante de l’autorité dans des affaires d’une association nationale qui n’est pourtant pas rattachée à elle. Le CNJ étant déjà divisé, Attaher donne l’occasion d’amplifier ce clivage qui ne rend service à personne. Ni les responsables de la jeunesse, ni les intérêts qu’ils prétendent défendre ne bénéficient de ce qui se passe.

Le gouvernement qui veut jouer au pompier à travers le ministre de la Jeunesse ne gagne rien dans cette histoire. Ils sont nombreux parmi les citoyens à dire que le gouvernement n’a aucune prérogative de violer les textes du CNJ. Les textes du CNJ précisent que seul le Congrès élit le bureau. Cela signifie que la conférence nationale extraordinaire que le ministre de la Jeunesse veut organiser est une violation des dispositions légales de l’association de la jeunesse malienne.

Le mieux serait de frapper l’association au porte-monnaie en coupant les fonds et autres avantages en attendant que les choses rentrent dans l’ordre. Beaucoup proposent maintenant des de recourir à des mesures économiques contre le CNJ dans le but unique de pousser les protagonistes à l’unité. Pour certains, Mossa Ag Attaher risque gros dans ce jeu. Pourtant, son département était bien parti, étant donné que les faits et gestes du ministre étaient aimés par les jeunes de façon générale.

Le ministre de la Jeunesse est donc mal vu au CNJ, devenu pompier pyromane malgré lui, en voulant mettre de l’ordre dans l’organisation d’une association. En attendant, il doit savoir que les mesures économiques sont plus efficaces. Mais en aucune manière, il ne doit prendre le devant pour organiser un congrès dans le but de placer à la tête du CNJ des hommes et des femmes qui conviennent selon lui.

Et pourtant, ce ministre qui a d’ailleurs été acclamé plusieurs fois pour ses actions d’éclat est attendu sur un autre plan où il a brillé par son silence. Il y a quelques mois, à Ouagadougou, en sa présence, le Mali a perdu son poste de secrétaire général de la CONFEJES (Conférence des ministres de la jeunesse et des sports de la francophonie, au profit de la Camerounaise Louissette Reinee Tohbi Ndedi.  Personne n’a entendu le ministre s’exprimer sur cet échec cuisant du Mali à ce grand rendez-vous. Or, la Confejes, très stratégique contribue à développer et valoriser le potentiel entrepreneurial des jeunes, soutenir l’insertion professionnelle et économique des jeunes en particulier dans les Etats fragiles ou en sortie de crise, renforcer les capacités des associations et des centres de jeunes en matière d’insertion sociale, promouvoir la paix, la démocratie et les droits humains auprès des jeunes entres autres.

Ce n’est pas tout, dans son propre domaine, le ministère des sports est vu d’un mauvais œil par les amoureux du ballon rond. Il y a quelques mois en pleine crise Covid, pendant que l’on s’inquiétait de la propagation du virus avec interdiction des rencontres de football, le ministre Mossa Ag Attaher, à travers ses rencontres pour la promotion de la paix regroupait tout un monde, sans que personne ne pipe mot. N’est-ce pas un paradoxe pour un ministre qui se dit au service de sa nation.

Sans ambages, le ministre doit sortir aujourd’hui de cette considération. Il y a autres moyens d’insuffler du sang nouveau à cette jeunesse.  Il est encore temps que vous quittez dans ça.

Source: La Sirène

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Jusqu’ici considéré comme la coqueluche de la jeunesse malienne, Mossa Ag Attaher, le ministre de la Jeunesse et des Sports, s’attire la colère d’une partie de l’opinion au sujet de la façon dont il entend gérer la crise du Conseil national de la jeunesse (CNJ). En effet, les réactions...