Installées dans leurs fonctions respectives, et maintenant que, les nouvelles autorités de la transition s’apprêtent à constituer un gouvernement, je voudrais les mettre en garde contre le populisme débridé. Réduire le train de vie de l’Etat ? Oui, là où cela pourrait s’imposer comme d’ailleurs vient de le faire à propos des fonds de souveraineté de la Présidence. Mais attention à ne pas clochardiser les hommes qui animent les Institutions et les Services publics. Car, il est bien connu que de tous les pays de l’Afrique nos chefs d’Institution, nos autorités de décision sont les moins bien défrayés. A titre d’exemple, les ministres maliens sont depuis juin 2002 jusqu’à maintenant, seulement payés à 900.000f/cfa. En 19 ans, combien de fois le coût de la vie a explosé ?

Arrêtons de faire dans le misérabilisme, car il s’agit aussi de la dignité des personnes mises en mission qui ont aussi des familles à nourrir et des enfants à scolariser. Regardons et agissons avec gravité et responsabilité. C’est également la faiblesse de traitement qui pourrait être à la base de nombreux cas de détournement et de corruption. Visons un peu le drame qui frappe les diplomates servant à la centrale, au ministère. Le modeste traitement qui leur est servi à leur retour de mission à l’extérieur est à la base de graves traumatismes dans de nombreux foyers, qui fort malheureusement, n’y résistent pas et volent ainsi en éclats. Quid des ministres issus du privé qui font encore l’objet d’un abandon coupable de la part de l’Etat qu’ils ont pourtant servi en même temps que leurs frères issus de la fonction publique ou conventionnaires qui gardent au-delà de leur vie, l’avantage de l’indice de la fonction ?

Ainsi notre État est injuste et se rend coupable de discrimination entre ses serviteurs qui sont pourtant les enfants d’un même pays en flagrante violation de la Constitution. Cela mérite urgemment réparation. Il appartient donc à l’Etat de trouver comment y procéder. Pour ma part, je sais que les recommandations d’une réflexion déjà menée courant 2013 pendant la transition sous Dioncounda et améliorée sous IBK, en même temps que le décret appliqué à l’avantage des anciens premiers ministres, est toujours dans le tiroir. Pourquoi ? Motus et bouche cousue.
Combien sont-ils pour que l’on puisse évoquer une hémorragie budgétaire ? Une infime minorité. Notre pays de toute l’Afrique de l’Ouest, reste dans ce domaine le seul à encore être dans cette situation d’injustice vis à vis de ses anciens serviteurs de haut niveau. Les députés eux n’ont pas traîné à se doter de pension même dans le cas d’un seul mandat. Par ailleurs, je propose que l’octroi du passeport diplomatique à un ayant droit jouissant de tous ses droits civiques ne soit plus laissé à l’appréciation du Président en exercice qui en profite pour régler des comptes personnels. Ces documents de voyage ne sont pas sa propriété mais bien un patrimoine de l’Etat.
Donc oui à la moralisation de la dépense publique mais attention à la clochardisation des fonctions et de ceux qui les occupent tout en corrigeant les injustices ci-dessus évoquées qui ne sont pas exhaustives.
Bon vent aux nouvelles autorités pour un Mali meilleur et réconcilié avec lui-même.

Boubacar Karamoko Coulibaly

Source: Info-Matin

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Installées dans leurs fonctions respectives, et maintenant que, les nouvelles autorités de la transition s’apprêtent à constituer un gouvernement, je voudrais les mettre en garde contre le populisme débridé. Réduire le train de vie de l’Etat ? Oui, là où cela pourrait s’imposer comme d’ailleurs vient de le faire...