En mission les 8 et 9 juin derniers dans notre pays, la médiation de la CEDEAO a exigé des nouvelles autorités d’engager des actions fortes en vue de respecter le chronogramme de la Transition. Bamako peut-elle respecter le délai ?

Afin de faire le point de la situation malienne comme l’avait recommandé le Sommet d’Accra, tenu le 30 mai dernier, après le coup d’Etat, la médiation de la CEDEAO a rencontré les autorités de la Transition au Mali, le Président Assimi Goïta et le tout nouveau Premier ministre Choguel Kokalla Maïga.

A la tête de la délégation de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union Africaine et de l’Organisation des Nations Unies conduite, l’ancien Président du Nigeria Goodluck Jonathan, Médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne, a été reçu par le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, le mercredi 9 juin 2021. Le nouveau locataire a reconnu les efforts de la CEDEAO pour la sortie de crise au Mali, depuis près de 10 ans.

Le Premier ministre a exposé à la délégation sa vision du processus de la Transition. Certes les difficultés sont énormes, a fait constater Dr Choguel Kokalla Maïga, mais il reste « convaincu qu’avec l’inclusivité et une parfaite entente entre les différents acteurs, la Transition peut bien réussir ». Pour le Chef du Gouvernement, il s’agira essentiellement de « hiérarchiser les priorités, de réaliser ce qui est possible, de rendre possible ce qui est nécessaire ». Ceci à travers une feuille de route prévue dans six semaines, qui sera fondée sur les préoccupations des Maliens et validée par le Conseil National de Transition sa feuille de route articulée sur les préoccupations du Peuple malien.

Avant le Premier ministre, le Président de la Transition, Col. Assimi Goïta a reçu la délégation de la médiation, le mardi 8 juin. Les deux parties ont échangé sur la reprise du cours normal de la Transition, les opérations conjointes entre les forces françaises et maliennes, la nomination d’un Premier ministre civil et la mise en place d’un Gouvernement inclusif qui tiendrait compte de la participation de la société civile ainsi de la représentativité des femmes.

Le Président de la Transition a fait savoir à la médiation de la CEDEAO que plutôt que d’être en collusion avec les djihadistes, comme le laisseraient entendre certains milieux diplomatiques, que l’Etat malien s’employait inlassablement à rompre les liens entre les communautés et les groupes terroristes d’obédience islamiste. Concernant la reprise des opérations militaires conjointes France- Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, Colonel GOITA a assuré de sa totale disponibilité à contribuer à la reprise de cette coopération qui, du reste, avait été unilatéralement interrompue.
Quant à la demande de libération de certains responsables militaires détenus dans le cadre des évènements du 24 mai 2021, le Président de la Transition a sollicité la patience du Médiateur, pour des raisons de sécurité, car selon lui, « la réussite de la Transition conditionne la stabilité du pays ».

Après avoir renouvelé l’engagement de la CEDEAO à accompagner le Mali pour la réussite de la Transition, la médiation de la CEDEAO a demandé aux autorités de la Transition d’engager des actions fortes en vue de respecter le chronogramme de la Transition. Le Président Colonel Goïta se doit ainsi de respecter la période de transition de 18 mois décidée à Accra, la date du 27 février 2022 déjà annoncée pour l’élection présidentielle.

L’étreinte de la CEDEAO est forte.  Car le temps imparti à cette deuxième phase de la Transition est très court pour être respecté à la lettre. Après la prestation de serment du nouveau Président et la nomination d’un nouveau Premier ministre, il faudra du temps pour que le nouveau gouvernement entame les vrais chantiers. Or, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a déjà annoncé les couleurs, il faudra attendre six semaines avant que la Déclaration de Politique Générale soit prête et votée par le Conseil National de la Transition. Mathématiquement, le temps est court pour tenir ces engagements.

Sauf par un bâton magique, Bamako pourrait se dégager de l’étreinte de la CEDEAO.

Cyril Adohoun

Source : L’Observatoire

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En mission les 8 et 9 juin derniers dans notre pays, la médiation de la CEDEAO a exigé des nouvelles autorités d’engager des actions fortes en vue de respecter le chronogramme de la Transition. Bamako peut-elle respecter le délai ? Afin de faire le point de la situation malienne comme l’avait...