Le pouvoir politique aiguise l’appétit d’une catégorie d’hommes d’affaires dont l’arrivée aux affaires pourrait être synonyme d’une offre publique d’achat (OPA) sur le Mali. Deux hommes d’affaires milliardaires en occurrence Aliou Boubacar Diallo et Seydou Mamadou Coulibaly affutent leurs armes pour briguer la magistrature suprême.

 

Le comité de pilotage de la Plateforme Espoir Mali Koura dans une note intitulée « Transition/CNSP=IBK » envoie une décharge électrique aux milliardaires qui s’activent pour conquérir sans les nommer. Selon l’EMK, « les milliardaires nés du pillage des deniers publics sont déjà dans le starting blocks de l’élection présidentielle ». À qui EMK fait donc allusion ? Pas facile de répondre à la place de son comité de pilotage.

Une seule certitude : le pouvoir politique aiguise l’appétit d’une catégorie d’hommes d’affaires dont l’arrivée aux affaires pourrait être synonyme d’une offre publique d’achat (OPA) sur le Mali. Comme si le Mali est devenu un marché public, ils   postulent à la magistrature suprême et ne comptent pas lésiner sur les moyens pour remporter le scrutin.

Parmi ceux milliardaires, prétendants à la fonction suprême en 2022, figurent au moins deux hommes d’affaires. Il s’agit d’Aliou Boubacar Diallo (ABD), Président d’honneur de la formation politique ADP-Maliba et Seydou Mamadou Coulibaly (SMC), Président directeur général de Cira Holding, non moins parrain de la Plateforme Benkan.

Opérateur économique évoluant dans le secteur des mines, Aliou Boubacar Diallo a son nom cité dans plusieurs affaires judiciaires en Europe. En novembre 2020, le Parquet de Genève l’a accablé dans l’affaire Lescaudron Olivier Couriol. « Le Ministère public de Genève a rendu deux ordonnances pénales à l’encontre d’Olivier Couriol et d’un autre financier français. Tous deux sont accusés d’avoir servi de prête-noms à l’ancien banquier de Credit Suisse, Patrice Lescaudron. Un recours est encore possible. Dans ces documents, le procureur Yves Bertossa dénonce par ailleurs les agissements d’Olivier Couriol au Mali pour le compte de l’homme d’affaires Aliou Diallo », écrit « Gotham City », une revue en ligne spécialisée dans la criminalité économique traitant d’affaires de corruption, de fraude et de litiges civils impliquant des acteurs de la place économique suisse. De 2018 à 2019, Aliou Boubacar Diallo a souligné dans sa tribune «Protégeons les richesses minières et gazières du Mali et nos champions ! » qu’il a fait l’objet de trois commissions rogatoire.

Dans un débat politique à la Radio Kledu, un membre influent de ADP-Mali lançait d’ailleurs à la figure des pauvres qu’il faudrait confier la destiné du pays à quelqu’un qui n’est pas dans les besoins, autrement dit un milliardaire. Un propos grossier qui sonne encore comme une insulte aux oreilles des auditeurs de la Radio Kledu et aux millions de Maliens qui se battent  pour joindre les deux bouts.

Seydou Mamadou Coulibaly, Président directeur général de Cira Holding, est un néophyte politique. L’homme s’est découvert subitement une ambition présidentielle. Le 10 avril dernier, le lancement de son mouvement Benkan, une plateforme créée par « des opérateurs économiques » a été annulé in extremis à Mopti à cause des mesures de restrictions édictées par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid 19. La société de Seydou Mamadou Coulibaly dispose d’un quasi monopole de plusieurs marchés publics notamment dans les secteurs de Bâtiments et travaux publics. « Pour plusieurs raisons, celui qui s’est découvert les qualités et les ambitions de Patrice Talon en rêve, risque de quitter l’arène sur le talon des pieds. Il apprendra à ses dépens que ni le messéna encore moins les ambitions politiques ne se décrètent par la seule force des comptes bancaires. Se couvrir ou couvrir les Maliens, Seydou Cira aura à répondre à cette question sans malice », peut-on lire dans un article largement diffusé, la semaine dernière, sur les réseaux sociaux sous le titre « après les marchés publics dans plusieurs secteurs, Seydou Cira Coulibaly veut maintenant le monopole du pays ! », écrit Wilibali24.  

L’appétit des opérateurs économiques pour la magistrature suprême ne peut que susciter des interrogations et inquiétudes. Ceux qui investissent des milliards dans la quête du pouvoir politique comptent sur le retour à l’investissement. Le risque est grand pour le pays avec la concentration des richesses nationales entre les mains d’un groupe de milliardaires privilégiés.

Alamako Sokona Coulibaly

Source: L’Investigateur

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Le pouvoir politique aiguise l’appétit d’une catégorie d’hommes d’affaires dont l’arrivée aux affaires pourrait être synonyme d’une offre publique d’achat (OPA) sur le Mali. Deux hommes d’affaires milliardaires en occurrence Aliou Boubacar Diallo et Seydou Mamadou Coulibaly affutent leurs armes pour briguer la magistrature suprême.   Le comité de pilotage de...