Aussi parfait soit-il, un projet politique n’a jamais fait l’unanimité. La nouvelle loi électorale ne fait pas exception à cette règle. Dès son adoption par le CNT, elle a suscité des réactions au sein de la classe politique. Cet acte qui, à priori, devait mettre un terme à plusieurs mois de polémique,  ouvre-t-il  un nouveau front ou constituera-t-il les premiers jalons d’un consensus autour des réformes politiques ?

 Contrairement au gouvernement qui ne se reconnaît plus dans la nouvelle loi électorale adoptée par le CNT, le parti de l’abeille solitaire, à travers une déclaration, se dit satisfait et félicite l’organe législatif pour son travail remarquable. Le contraste entre ces deux réactions traduit, si besoin en était, toute la complexité de la mise en œuvre d’un projet politique, si ambitieux soit-il. Si, pour le gouvernement, la nouvelle loi électorale soumise au Président de la transition n’est plus conforme à sa vision du changement attendu par les Maliens, l’Adema, pour sa part, note dans sa déclaration que l’adoption de la nouvelle loi électorale est « …. un acte historique  qui permet de rassurer  les acteurs du processus électoral ainsi que tous les partenaires de notre pays engagés pour la réussite de la transition ».

Sans vouloir alimenter la polémique en roue libre, les amendements portés par les honorables du CNT révèle un équilibrisme qui a permis de couper la poire en deux, à savoir : épargner l’organe unique et remettre en selle l’Administration territoriale dont les prérogatives avaient fortement dépéri dans le projet porté par le gouvernement. Cependant, dans la nouvelle loi, malgré les efforts fournis par les membres du CNT pour l’épurer des pièges et autres contradictions, la version promulguée conserve toujours des dispositions qui consacrent la mainmise de l’exécutif sur le futur organe unique de gestion des élections. Notamment en son article 7 portant sur la nomination des membres du collège délibérant. Composé de 15 membres, ce collège verra la moitié de ses membres nommée directement ou indirectement par le Président de la république, quand on sait que le choix du PM, du président de l’Assemblée et de celui du Conseil Economique, Social et Culturel, (pourvoyeurs respectivement de : 01- 02- 01 représentants) relève de la discrétion du Président de la République. La conservation de ce mode de désignation qui n’est pas étranger à la crise de confiance, détonateur de la contestation post-électorale de 2019, est loin d’être gage d’une stabilité.

Comme on le voit, la nouvelle loi comporte des insuffisances mais aussi des avancées notables dont l’appréciation permettra d’aplanir les dissensions éventuelles. Quoi qu’il en soit, l’adoption de cette loi demeure une des rares avancées depuis le début de la rectification de la Transition et qui marque un grand pas vers le retour à une vie constitutionnelle. Cette approche qui, entre autres, sous-tend l’adhésion de l’Adema  à la nouvelle loi, mérite de retenir l’attention des autres formations dont le curseur  reste toujours bloqué sur la tenue des élections.

Bakary Sangaré

Source: Journal Les Échos- Mali

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