Dans un entretien qu’il nous a accordé, Clément DEMBÉLÉ, président de la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage, donne son analyse de la gestion du Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA. S’il accorde son soutien total au chef du gouvernement dans sa bataille contre la corruption, par contre, sur le plan politique, sécuritaire et des actions concrètes, Clément DEMBÉLÉ trouve que Choguel Kokalla MAIGA ne fait pas l’affaire du Mali. A la limite, il soutient que le Premier ministre de la Transition mène notre pays à l’impasse.

 

D’entrée de jeu, le président de la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage regrette que notre pays traverse une période de grande turbulence politico-sociale et économique. Une situation qui vient se greffer à la crise sécuritaire qui s’aggrave de plus en plus.
« Depuis une dizaine d’années, le Mali est confronté à un problème sécuritaire qui gangrène de plus en plus avec 80% du territoire qui échappent au contrôle de l’État », déplore Clément DEMBÉLÉ.
Dans son analyse, M. DEMBÉLÉ évoque la crise économique qui frappe de plein fouet le pouvoir d’achat des Maliens.
«Le dernier rapport du PAM-Mali indique que deux Maliens sur trois ne mangent pas trois fois par jour », se lamentable Clément DEMBÉLÉ.
Il a indiqué que notre pays traversait un moment très difficile qui demandait de l’unité nationale basée sur la transparence et la sincérité.
«Une union sacrée mensongère est une union sacrée éphémère », met-il en garde.
Aux dires de Clément DEMBÉLÉ, la ligne de conduite du gouvernement dirigé par Dr Choguel Kokalla MAIGA peut laisser beaucoup de doutes en ce sens que le Plan d’action du Gouvernement qui a été annoncé n’est pas encore applicable. Selon lui, il est incompréhensible de parler de Plan d’action du Gouvernement et deux mois après d’évoquer l’organisation des assises.
« Donc ça veut dire quelque part que le Plan d’action du Gouvernement est abandonné et on attend les assises. Cela veut dire que quelqu’un gagne du temps et fait perdre du temps au Mali. Tout cela est orchestré par des comportements populistes, d’effets d’annonce. Cela prouve que Choguel Kokalla MAIGA n’a pas la solution. La solution aujourd’hui, c’est de poser des questions de fond comme de dire à la France de quitter le Mali. Si l’on accuse la France, si l’on sait que la France ne fait pas notre affaire, j’attends tout simplement qu’on me dise la date butoir du départ de la France. Cela n’a jamais été dans les propos tenus par Choguel Kokalla MAIGA. Ce qui me met mal à l’aise, c’est que Choguel ne s’assume pas. Il dit que la France est à l’origine de nos problèmes, d’accord, mais quel jour la France quitte le Mali, il ne dit rien. C’est comme si tu prends conscience qu’il y a un danger dans ton pays, mais tu ne fais pas partir le danger et tu veux juste adapter le danger au contexte », dénonce Clément DEMBÉLÉ.
Aussi, il se révolte de voir que la question sécuritaire ne soit pas posée au centre des préoccupations de l’État.
«Il s’agit de dire qu’est-ce qu’on fait réellement pour régler le problème sécuritaire. J’avais annoncé longtemps qu’on engageait la médiation culturelle de communication », a-t-il déclaré.
Pour lui, la prorogation de la Transition ne doit pas être faite avec Choguel Kokalla MAIGA comme Premier ministre, mais plutôt avec quelqu’un qui est apolitique, qui a de l’expérience, un vrai technicien qui peut amener le Mali du point de vue diplomatique, économique et sécuritaire à bon port.
« Assimi a intérêt à faire ça pour éviter le blocage. Face à la communauté internationale, Choguel Kokalla MAIGA n’est plus l’interlocuteur et ne peut plus discuter avec la communauté internationale de façon sereine, de façon sérieuse et confiante. Si c’est Choguel qui doit aller négocier au nom du Mali sur le plan international, ça ne marchera pas », prévient Clément DEMBÉLÉ.
A le croire, aujourd’hui, à l’intérieur du pays Choguel est contesté par beaucoup de partis politiques.
« Je ne connais pas de parti politique qui dise vive Choguel, mais je connais plutôt des partis politiques qui ne veulent pas continuer avec lui », soutient notre interlocuteur.
Il croit savoir qu’il y a beaucoup de partis politiques qui veulent participer aux assises pour aller dire Non, qu’ils ne sont pas d’accord avec la façon de faire de Choguel.
« Choguel Kokalla MAIGA n’est pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », tranche-t-il.
Dans le chapitre de la lutte contre la corruption, Clément DEMBÉLÉ est parfaitement d’accord avec le Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA. Il lui apporte son soutien indéfectible et appelle tous les Maliens à en faire autant.
Pour lui, sur le chantier de la lutte contre la corruption Choguel fait un très bon combat et ouvre la voie. C’est pourquoi il estime qu’il faut l’encourager, le soutenir en ce sens qu’il a fait quelque chose qui sort de l’ordinaire.
« Il a arrêté quelques barrons qui se croyaient intouchables. Le mythe de l’intouchabilité de certains barrons a été levé par Choguel Kokalla MAIGA et Assimi GOITA. Je lui accorde mon soutien et tout bon Malien doit le soutenir dans ce domaine. Quand j’entends des gens dire que Choguel est trempé dans la corruption, c’est un faux débat. Aujourd’hui, le vrai débat est qu’est-ce que Choguel fait dans la lutte contre la corruption et qu’est-ce qu’il apporte au Mali ? S’il est trempé dans la corruption, il réglera cela avec la justice. La justice est une machine qui continue, un long fleuve qui coule. On ne va pas décourager Choguel, le perturber sur des faux problèmes. Le vrai problème est qu’il est en train d’arrêter des gens. Certains disent qu’on arrête certains, on n’arrête pas d’autres, mais ceux qui ont des dossiers qu’ils sortent pour le dire. Ce n’est pas Choguel qui arrête, il est là juste pour accompagner la justice en tant que volonté politique. La justice procédera à l’arrestation des gens qui sont impliqués dans des actes de corruption. J’attends que la justice arrête bientôt IBK. Si Soumeylou Boubèye MAIGA est arrêté, IBK doit être arrêté… », a déclaré Clément DEMBÉLÉ.

PAR MODIBO KONÉ

Source : Info-Matin

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