Depuis plus de quinze jours, un nouveau projet de découpage territorial et administratif du Mali alimente la polémique. Initié par les autorités de la transition, ledit projet a fini par déclencher une puissante vague de protestations qui en disent long sur l’explosivité d’une bombe d’antipathie. En effet, les populations de plusieurs contrées, notamment Tombouctou, Gao, Léré, Markala, Oulessebougou, Sadiola, Goudam entre autres, sont montées au créneau pour opposer contre la mesure, dénonçant de nombreux déséquilibres dans les affectations et combinaisons de ressorts administratifs ainsi que la mise en cause des recommandations issues des concertations ayant abouties au découpage initié par le régime IBK pour d’aucuns, des maldonnes communautaires et identitaires pour d’autres. Et ce n’est pas tout. Le nouveau projet affronte également une haie de réserves dans la classe politique et de la coordination des mouvements de l’Azawad. Face à la dite mesure, le candidat de l’Adema PASJ, Dramane Dembélé est sorti de sa torpeur depuis sa page Facebook en livrant un diagnostic sans complaisance. Sans langue de bois, l’ex ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme a formulé des propositions pour le renouveau de la gouvernance territoriale.

Sans être contre la mesure, en effet, M. Dembélé a attiré l’attention des autorités sur la problématique de la gestion des territoires, et même de penser à une reformulation des politiques publiques territoriales. Selon lui, il faut analyser, sans taboue, tous les modes de gouvernance y compris le fédéralisme et amorcer un processus devant aboutir à l’élaboration d’un “Schéma National d’aménagement du territoire”, outil stratégique pouvant servir de gouvernail à l’action publique et permettre d’organiser un dispositif de veille sur les questions de gestion des territoires, à ses yeux.

Nous vous proposons de lire l’intégralité…

« Constats

Le levé de bouclier appelle et interpelle. Cette gestion montre des signes identiques à ceux qui ont révélé ou annoncé le déclin des anciens empires et royaumes : (i) les populations n’adhèrent plus à la démarche des gouvernants, (II) les révoltes deviennent courantes; (iii) certains territoires s’excluent des dynamiques nationales.

Si du temps des empires et royaumes les guerres pouvaient permettre de reprendre la main sur les questions de gestion des territoires, qu’en est-il du Mali moderne censé être géré par des institutions décidées théoriquement par le peuple?

Alors n’a-t-on pas le droit de se poser des questions sur l’avenir de l’unité nationale ?

Probablement oui car les gouvernants maliens donnent l’impression d’être à court d’idées et montrent des signes d’essoufflements.

Les multiples découpages complaisants ne parviennent pas à avoir l’adhésion des populations.

Il urge de s’interroger sur la problématique de la gestion des territoires, et peut-être même de penser à une reformulation des politiques publiques territoriales.

La dynamique de la décentralisation doit être irréversible mais est loin d’être parfaite. Les communes peinent à s’auto- développer posant la nécessité d’un nouveau cycle d’imagination et d’intelligence politique pour mieux amorcer un véritable cycle de  développement local.

Propositions

Pour bien percevoir la problématique, il faut se renvoyer à la période précoloniale. Les empires et royaumes ont su bâtir au fil des siècles des systèmes politiques qui ont fait leur preuve en matière d’administration des communautés et des territoires.

Il est bon d’en tenir compte dans nos choix en matière de gouvernance territoriale. Ceci est d’autant plus vrai que les populations sont dans des dynamiques de repli identitaire.

Il s’agit d’analyser les modes de gestion de l’époque pour tirer profit des aspects compatibles avec la démocratie et de voir leur applicabilité.

En somme, pour le renouveau de la gouvernance territoriale, il faut se fixer un objectif de renforcement de la démocratie et de la décentralisation dans une démarche suivante.

Il n’y aura pas de questions taboues, tous les modes de gouvernance doivent être analysés y compris le fédéralisme. À mon humble avis “la régionalisation avancée  c’est du fédéralisme déguisé.”

Nous devrions amorcer un processus  qui doit aboutir à l’élaboration d’un “Schéma National d’aménagement du territoire” , seul outil stratégique pouvant servir de gouvernail à l’action publique, et permettre d’organiser un dispositif de veille sur les questions de gestion des territoires.

Je propose un Renouveau des Territoires (RT) axé sur une gouvernance libératrice des Énergies et des Initiatives (GLEI) à l’aune des Potentialités et Spécialités Locales (PSL).

Le rôle de l’Etat doit être de mieux préparer politiquement et juridiquement émergent de véritables aires de développement local, objectif majeur de la décentralisation.

L’Etat doit accompagner les collectivités avec un programme public d’appui aux territoires (PPAT).

Faire émerger une intelligence et une culture de la responsabilité locale en assurant la formation continue des élus locaux et des leaders jeunes, femmes impliquées. Cela est d’autant important qu’on ne puisse réussir aucun projet de développement véritable sans de nouveaux citoyens mieux informés, éveillés et sensibilisés pour une meilleure appropriation de leur développement.

Faire développer un programme de mutualisation d’efforts et d’initiatives entre les entités (commune, région) autour d’œuvres et de réalisations communes.

Le total objectif ultime est de libérer les énergies et les initiatives pour se développer localement dans une vision intégrée de Développement National.

Dramane Dembélé, Ancien Ministre » 

 

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